Pourquoi les enfants perdent la foi en Dieu

Publié le par Père Jean-Pierre

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Pourquoi les enfants perdent la foi en Dieu/Archiprêtre Serge Tchetverikov


Pourquoi certaines personnes sont-elles capables de connaître Dieu et de croire en Lui jusqu'à la fin de leurs jours, tandis que d'autres perdent leur foi, alors qu'elles étaient encore jeunes? Comment cette perte de la foi seproduit-elle et par quels moyens la foi peut-elle être conservée ou renouvelée?

Avant de répondre à ces questions, je voudrais dire quelques mots à ceux qui disent que les croyances religieuses ne doivent pas être imposées aux enfants.

La foi religieuse ne peut être imposée à une personne, ce n'est pas quelque chose qui est étranger à l'homme, mais, au contraire, c'est un besoin essentiel de la nature humaine, elle constitue le contenu principal de la vie intérieure de l'homme.

Quand nous prenons soin de faire qu'un enfant grandisse sincère, bon, quand nous développons en lui une compréhension correcte et un goût pour la beauté, nous ne lui imposons pas quelque chose d'étranger ou de contraire à sa nature, nous l'aidons seulement à extraire cette chose de l'intérieur lui-même, nous l'aidons à reconnaître en lui ces traits et ces mouvements qui sont communs à toutes les âmes humaines.

La même chose devrait être dite concernant la connaissance de Dieu.

Selon le principe de ne rien imposer à un l'âme d'un enfant, nous en viendrions généralement à renoncer à toute aide à l'enfant pour se développer et renforcer les talents et les capacités de son âme. Nous devrions le laisser livré à lui-même jusqu'au moment où il a grandi et il décide des principes à adopter et à rejeter.

Mais dans un tel cas, nous n'aurions pas surveillé l'enfant contre les influences extérieures, mais on aurait seulement rendues ces influences chaotiques et arbitraires.

Revenons à la question de savoir pourquoi certaines personnes conservent dans leur cœur une foi constante et inébranlable jusques à la fin de leurs jours, tandis que d'autres la perdent, parfois complètement et retournent parfois à elle avec beaucoup de difficultés et de souffrance?

Quelle est la raison d'un tel phénomène? Il me semble que cela dépend de la direction que prend vie intérieure d'une personne dans sa petite enfance. Si une personne, consciemment ou instinctivement, est en mesure de préserver une relation correcte entre elle et Dieu, elle ne perdra pas la foi, mais si son ego occupe une place prééminente inconvenante et dominante dans son âme, sa foi sera supprimée. Dans la petite enfance la nature d'une personne, n'occupe pas encore la première place, ne devient pas encore un objet d'adoration. Pour cette raison, il est dit: Si vous ne devenez pas comme des enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des Cieux. Avec les années qui s'écoulent, notre égoïsme inné grandit de plus en plus en nous, devient le centre de notre attention et l'objet de notre contentement.

Et cette vie égoïste centrée sur soi, va généralement sur deux direction: la direction de la sensualité, de la gratification du corps, et la direction de l'orgueil, de la confiance stricte en la raison, et de l'adulation de la raison en général et de sa propre raison en particulier.

Ces deux canaux ne coexistent généralement pas au sein d'une seule et même personne. Certains sont dominés par les tentations de la sensualité, tandis que d'autres le sont par les tentations de la raison. Avec l'âge, la sensualité se change parfois en sexualité malsaine, phénomène qui épargne souvent ceux qui sont dominés par la raison et l'orgueil.

La sensualité et l'orgueil - deux façons de servir sa nature - sont précisément ces traits qui, comme nous le savons, se sont manifestés dans le péché originel d'Adam et Eve, et ont créé une barrière entre eux et Dieu.

Ce qui est arrivé à nos ancêtres, nous arrive maintenant.

La direction malsaine de notre vie intérieure depuis l'enfance, qui conduit au développement en nous de l'une sensualité ou de l'orgueil, pollue la pureté de notre vision spirituelle intérieure, nous prive de voir Dieu. Nous nous éloignons de Dieu, nous demeurons seuls dans notre vie égoïste, avec toutes les conséquences d'une telle condition.

Tel est le processus de notre abandon de Dieu.

Chez ceux cependant qui réussissent à maintenir une relation correcte avec Dieu, le développement d'attitudes égoïstes, sensuelles et orgueilleuses est entravé par le souvenir de Dieu, ces gens préservent leur pureté de cœur et leur humilité d'esprit, leur corps et leur esprit sont placés tous deux dans un cadre de conscience religieuse et de devoir. Ils regardent tout ce qui surgit au sein de leur âme du haut de leur conscience religieuse, ils évaluent leurs sentiments et passions correctement, et ils ne leur permettent pas de prendre le contrôle de leur être. Malgré toutes les tentations qui viennent sur leur chemin, ils ne perdent pas l'orientation fondamentale de leur vie.

Ainsi, le but et la difficulté de l'orientation religieuse consiste à aider l'enfant, et plus tard l'adolescent, à préserver la bonne relation entre lui et Dieu et de ne pas permettre le développement en lui-même des tentations de la sensualité et de l'orgueil, qui polluent la clarté de la vision spirituelle intérieure.

Me souvenant de ma jeunesse, je dois admettre que c'est précisément à travers un tel processus interne que j'ai perdu ma foi religieuse, quand j'avais 13 ou 14 ans. Les séductions de la sensualité, la confiance excessive dans la raison et l'orgueil de la rationalité qui se développaient en moi, ont tué mon âme. Et je n'étais pas seul, la majorité de mes amis ont subi le même sort.

Si un instructeur spirituel expérimenté s'était trouvé à nos côtés et avait regardé dans nos âmes, peut-être aurait-il trouvé quelque chose de bon en elles, mais surtout il aurait trouvé l'oisiveté, la gourmandise, la tromperie, l'hypocrisie, l'assurance de soi, la croyance démesurée en nos compétences et nos aptitudes, une attitude critique et sceptique envers les opinions des autres, une tendance prendre des décisions à la hâte, l'entêtement et une attitude de confiance envers toutes sortes de théories négatives, etc...

La seule chose qu'il n'aurait pas trouvé dans notre âme aurait été le souvenir de Dieu, et le calme intérieur et l'humilité qu'il engendre.

Nous n'avons pas eu un tel instructeur. Notre professeur de religion, un vénérable archiprêtre, avait à peine eu le temps de vérifier nos leçons de loi de Dieu [catéchisme] et d'en expliquer davantage. Et nous considérions ces leçons avec le même ennui et la même indifférence que toutes les autres. En dehors de ces leçons nous n'avions aucun contact avec notre professeur. La confession, où nous allions une fois l'an, nous y allions sans comprendre que ce soit.

Et rien ne nous empêchait de devenir spirituellement morts.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Prochain article (suite):
Comment préserver ou renouveler la foi d'un enfant
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