Le révérend Paisley dit "non" à la visite du pape au Royaume-Uni

Publié le par Père Jean-Pierre

02/07/2010 01:12 LA CROIX
LONDRES, 1 juil 2010 (AFP) - Le révérend Paisley dit "non" à la visite du pape au Royaume-Uni

Le révérend Ian Paisley, figure historique du protestantisme radical en Irlande du Nord, a qualifié jeudi "d'erreur" le fait d'avoir invité le Pape Benoît XVI au Royaume-Uni, en qualifiant d'antéchrists les prêtres responsables d'abus sexuels sur des enfants.

"J'estime qu'il ne devrait pas être invité dans ce pays", a déclaré dans une interview à la BBC le responsable anglican qui fut Premier ministre d'Ulster en 2007-2008 et est aujourd'hui âgé de 84 ans, avec la vigueur qui lui valut jadis le sobriquet de "Dr No".

"Personne ne sait qui est à l'origine de ça. Quand vous posez la question à un ministre, il dit qu'il n'a rien à voir avec ça. La reine le reçoit en terre d'Ecosse, pas sur le sol anglais", a-t-il précisé à propos de la visite pontificale prévue du 16 au 19 septembre.

La dernière visite d'un pape, effectuée par Jean Paul II, remonte à 1982. Première du genre en 450 ans, elle avait connu un retentissement considérable.

Le Pape Benoît XVI sera accueilli à Edimbourg par la reine, chef de l'église anglicane, avant de se rendre à Glasgow et Londres.

Le révérend Paisley a critiqué à la fois les actes des prêtres pédophiles et la lenteur de la réaction du Vatican à dénoncer leurs agissements dans de nombreux pays, dont l'Irlande.

"Ce qui s'est produit en Irlande est terrible, avec des prêtres, des moines et des nonnes ayant des comportements abjects à l'égard de jeunes gens, sans provoquer de réaction résolue de la part de l'église catholique" pour les condamner, a-t-il dit.

"Une personne qui, à l'instar des quelques prêtres qui ont détruit la vie de jeunes gens et qui ont ensuite prôné le pardon des pêchés, mérite qu'on l'appelle par son nom. C'est se comporter en antéchrist par l'exemple et par la doctrine", a affirmé le révérend qui avait fait scandale en brandissant une pancarte gratifiant le pape du même vocable, lors d'une manifestation solitaire en 1988 au Parlement européen.

Benoît XVI a explicitement "demandé pardon" pour les abus sexuels commis par des prêtres "à l'égard des petits", le mois dernier.

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