Homelie pour ce jour

Publié le par Père Jean-Pierre

17 avril 2007

Une homélie pour ce mardi de la deuxième semaine de Pâque

« Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui ». (Jn 3, 17)

En voilà une attitude divine qui nous fait tant défaut, à nous hommes, qui nous complaisons à juger le monde. Ce monde que Dieu a tellement aimé, jusqu’à donner pour lui son propre Fils. Quelle espérance dégagent ces paroles du Seigneur, transmises par l’Évangile de Jean ! Il faudrait les relire tous les jours, voire plusieurs fois par jour pour n’oublier à aucun instant que « celui qui croit dans le Fils n’est pas jugé » (Jn 3, 18). En effet, comment pourrait être jugé celui qui, par la foi en Jésus-Christ, demeure dans la lumière ?

O, lumineuse foi dans le Verbe mort et ressuscité ! C’est toi qui nous délivres du jugement. Le jugement qui vient d’ailleurs non pas de Dieu, mais de notre propre refus de suivre la lumière du Christ ressuscité : « Qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jn 3, 19).

Ce sont bien nos œuvres qui nous empêchent de croire, puisque la lumière de la foi fait ressortir les ténèbres de nos péchés. Ainsi, « quiconque commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables » (Jn 3, 20). La foi est donc plus facile à celui qui n’a pas peur que la lumière du Christ contraste avec l’obscurité de ses œuvres. Le grincement infernal des dents ne serait-il pas alors la prise de conscience de ce contraste entre la lumière du Fils mort pour le monde et les ténèbres de l’homme qui n’a pas voulu renoncer à son âme pour la sauver. C’est notre conscience qui serait dans ce cas notre bourreau et non pas ce Dieu qui « a tout fait pour nous ramener au ciel et nous faire don de son royaume futur » (liturgie de Saint Jean Chrysostome).

Ne soyons pas indignes du sacrifice admirable du Fils, mais mettons-nous à la hauteur de l’amour du Père pour le monde, entrons dans la lumière de la Trinité qui resplendit sur chaque homme venu dans le monde. Amen.

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