Suite de St Nectaire D'Egine...
LA TRADITION
La Tradition sacrée est l'Église même ; sans Tradition sacrée l'Église n'existe pas. Ceux qui nient la Tradition sacrée nient l'Église et la prédication des apôtres.
Avant la rédaction des Saintes Écritures, c'est-à-dire, des textes sacrés de l'Évangile, des Actes et des Épîtres des apôtres, et avant qu'ils aient été dispersés aux Églises du monde, l'Église a été basée sur la Tradition sacrée.
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Les Pères de l'Église considèrent la Tradition sacrée comme le guide sûr dans l'interprétation des Saintes Écritures et absolument nécessaire pour comprendre les vérités qu'elles contiennent.
L'Église a reçu beaucoup de traditions des apôtres... La constitution des offices, particulièrement de la Divine Liturgie, les saints mystères eux-mêmes et la façon de les exécuter, certaines prières et d'autres institutions de l'Église remontent à la Tradition sacrée des apôtres.
Dans leurs canons, les saints Conciles tirent non seulement des Saintes Écritures, mais également de la Tradition sacrée comme d'une source pure. Ainsi, le septième Concile œcuménique dit dans le huitième décret : " Si quelqu'un viole n'importe quelle partie de la Tradition de l'Église, écrite ou non écrite, qu'il soit anathème. "
DÉCOUVRIR DIEU
Le cœur pur perçoit Dieu et le découvre, alors que le cœur fourbe ne le voit pas, même lorsqu’on l’indique.
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Il est évident que l'incroyance est un fruit mauvais d'un cœur mauvais ; le cœur pur et sans ruse découvre Dieu partout, le discerne partout, et croit toujours sans hésitation en son existence. Quand l'homme pur de cœur regarde le monde de la nature, c'est-à-dire, le ciel, la terre, et la mer et toutes choses en eux, et qu’il observe les systèmes les constituant, la multitude infinie d'étoiles dans le ciel, l'innombrable quantité d'oiseaux, de quadrupèdes et de toute espèce d'animal sur la terre, la variété des plantes, l'abondance des poissons de la mer, il est immédiatement stupéfié et clame avec le prophète David : Que tes œuvres sont grandes, Seigneur, toutes avec la sagesse tu les fis (Ps 103, 24). Un tel homme, poussé par son cœur pur, découvre Dieu également dans la grâce de l'Église, dont l'homme de mauvais cœur est éloigné. L'homme de cœur pur croit en l'Église, admire sa vie spirituelle, découvre Dieu dans les mystères, dans les hauteurs de la théologie, dans la lumière des révélations divines, dans les vérités des enseignements, dans les commandements de la loi, dans les accomplissements des saints, dans l'acte bon, dans chaque don parfait, et en général dans la totalité de la création. Juste donc la parole du Seigneur dans ses Béatitudes au sujet de ceux qui ont le cœur pur : Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu (Mt 5, 8).
LA CONNAISSANCE DE SOI
La connaissance de soi est le premier devoir de l’homme. L’homme, en tant qu’être raisonnable, jouissant de la liberté et étant religieux, est un être supérieur et il fut destiné à devenir comme Dieu, dans l’image duquel il a été créé, et un participant de la bonté et la sainteté divines. Mais afin de devenir semblable à Dieu, bon et saint et de communier avec Dieu, l'homme doit d'abord se connaître. Sans la connaissance de soi, l’homme s’égare dans ses pensées, il est dominé par diverses passions, il est tyrannisé par des violents désirs, il se préoccupe au sujet de beaucoup de choses vaines, et il mène une vie désordonnée et distraite, errant en toutes choses, chancelant à chaque pas, et il trébuche et chute et il est écrasé. Chaque jour il boit le breuvage de la douleur et de l'amertume, remplit son cœur de peine et d’amertume, et il vit une vie misérable.
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Celui qui ne se connaît pas lui-même ne connaît pas Dieu non plus. Et celui qui ne connaît pas Dieu ne connaît pas la vérité et la nature des choses en général... Celui qui ne se connaît pas lui-même pèche continuellement contre Dieu et s'éloigne continuellement plus loin de lui. Celui qui ne connaît pas la nature des choses et ce qu'elles sont vraiment en elles-mêmes est incapable de les évaluer selon leur vraie valeur et de distinguer entre ce qui est vil et ce qui est précieux, entre ce qui est sans valeur et l'objet de valeur. C'est pourquoi une telle personne s'épuise elle-même à la poursuite des choses vaines et insignifiantes, et est insouciante et indifférente aux choses éternelles et précieuses. L'homme doit désirer se connaître lui-même, connaître Dieu, et comprendre la nature des choses telles qu'elles sont en elles-mêmes, et devenir ainsi image et ressemblance à Dieu.
Celui qui se connaît connaît ses devoirs envers lui-même, envers Dieu, envers son prochain, et il sait que la piété, la justice, la vérité et la connaissance doivent être pour lui la mesure de tous ses actes, ceux qui concernent Dieu, son prochain et lui-même… Celui qui se connaît ne se vante point, ne s’enorgueillit point, mais avant toute chose il connaît ses propres faiblesses et ses fautes, il se compare constamment au prototype idéal, vers lequel il doit se diriger, étant conscient de la distance qu’il lui reste encore à parcourir.
L’HOMME
L'homme est un être composé, fait d'un corps terrestre et d'une âme céleste... L'âme est étroitement unie au corps, pourtant complètement indépendante de lui.
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L'existence et la rationalité de l'âme sont témoignées par la conscience, la conscience de soi-même, la perspicacité, l’observation de soi, les idées, les aspirations spirituelles, l’amour du beau, du bon, du vrai, du salutaire, l'aversion du mal, la distinction du bon et du mal et chaque autre activité spirituelle.
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L'homme est non seulement raison mais également cœur. Les puissances de ces deux centres, s'aidant mutuellement l'un l'autre, rendent l'homme parfait et lui enseignent ce qu'il ne pourrait jamais apprendre par la raison seule. Si la raison enseigne au sujet du monde naturel, le cœur nous enseigne au sujet du monde surnaturel... L'homme est parfait quand il a développé à la fois son cœur et son intellect ; le cœur est développé grâce à la religion révélée.
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L’homme fut créé un être religieux et social ; ces deux ( … ) sont les caractéristiques essentielles de l'homme et des vertus innées en lui. Sa sociabilité s'avère absolument nécessaire pour sa conservation, son développement et son avancement, alors que sa religiosité est une conséquence de sa rationalité, de son libre arbitre et de sa maîtrise de soi.
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Sans la religion, l’homme est un mystère incompréhensible. Son existence sur terre en tant qu’être raisonnable ayant un libre arbitre et un être autonome, est, sans religion, vide, parce que la raison sans principes moraux devient un moyen de corrompre l’image divine, un moyen de détruire le beau, le bon et le vrai. Sans religion, l'homme devient une puissance antagoniste, s'opposant à la volonté de Dieu et combattant les lois selon lesquelles l'univers est mené à un but préordonné.