Calendrier liturgique
Dimanche 24 juin 2007 : Nativité de St Jean Baptiste
Ton 3 ; Matines : 4ème Evangile
du Précurseur : Epître : Ro 13, 12-14,4 ; Evangile : Lc 1, 1-25, 57-68, 76, 80
du jour : Epître : Ro 3, 19-26 ; Evangile :Mt 7, 1-8
| Tropaire, ton 4 Prophète et Précurseur de la venue du Christ, * nous ne pouvons te louer dignement, nous qui t'honorons avec amour : * par ta glorieuse et vénérable nativité * la stérilité d'une mère et le mutisme d'un père ont cessé, * tandis qu'est annoncée au monde l'incarnation du Fils de Dieu. | |
| Nativité de saint Jean-Baptiste le Précurseur Homélie prononcée le 24 juin 2001 par le P. André Borrely recteur de la paroisse St Irénée de Marseille (France) Le 24 juin nous célébrons la fête de la Nativité du Précurseur du Seigneur Jean-Baptiste, qu'à une certaine époque, dans l'Eglise latine, on a appelé la Noël d'été. Je vous dirai tout à l'heure pourquoi on a forgé cette expression pour désigner la fête de la naissance du Précurseur. Dans ma jeunesse, cette fête était très populaire. Son caractère festif était souligné par les feux de la Saint Jean illuminant, dans la nuit, le sommet des collines. Dans le quartier de Toulon où je suis né, le curé du Sacré-Cœur venait bénir le feu. Maintenant il n'y a plus que la fête de la musique. Si encore c'était du Mozart ! " Advint un homme envoyé d'auprès de Dieu. Il avait nom jean " (Jn 1,6), nous dit le prologue du quatrième Evangile. Saint Jean-Baptiste est le Précurseur immédiat du Messie, de l'Un de la Trinité devenu l'un des hommes, il est celui dont il est écrit : " voici : j'envoie mon messager devant ta face, il aplanira ton chemin " (Mc1, 2 ; c'est une citation de Mal 3, 1). Et, en même temps, il résume tout ce qui est derrière lui, toute l'odyssée religieuse d'Israël. Jean-Baptiste vient pour rendre témoignage : " Celui-ci vint pour témoigner de la Lumière, pour que tous crussent par son entremise. Lui n'était pas la Lumière, mais c'était pour témoigner de la Lumière " (Jn1, 7-8), nous dit encore le prologue du quatrième Evangile. Ainsi donc, Jean-Baptiste est marqué dans ses limites. Il a une vocation tout à fait hors du commun, que signifie bien le nom qui, à sa naissance, lui fut donné, nonobstant la désapprobation de toute la parenté de son père Zacharie. En effet, le nom de Jean signifie : " Yah " c'est-à-dire le Seigneur " a fait grâce ". Le message du Précurseur est essentiellement l'annonce à Israël de cet amour infini du Père céleste pour tous les hommes par l'entremise de son Fils unique-engendré devenu lui-même l'un des hommes. Jean n'est pas le Messie. Il n'est pas l'Epoux. Il n'est que " l'Ami de l'Epoux " (cf. Jn 3, 29), celui qui marche en tête du cortège nuptial. Unique est son rôle dans l'économie de notre salut. Il est celui dont le Seigneur a pu dire qu'" il ne s'est pas éveillé parmi ceux qui sont nés de femmes de plus grand que Jean le Baptiseur " (Mt 11, 11). Il est plus grand qu'Elïe, qu'Isaïe, que Jérémie, que David, que Moïse. Il est le Prophète par excellence, au point de n'être plus qu'une Voix de Dieu, car, étymologiquement, en grec, bien avant de signifier celui qui prédit l'avenir, le " pro-phète " est essentiellement celui qui s'adresse aux hommes au nom de Dieu. Jean n'a rien prédit, il est comme le doigt de Dieu, il désigne le Messie d'Israël : " Voici l'Agneau de Dieu " (Jn 1, 36). C'est par l'entremise de Jean que les hommes ont eu accès à la Lumière divine et incréée, sereine et joyeuse du Père réverbérée sur la face de son Fils devenu l'un des hommes. Jean-Baptiste est le Témoin par excellence. A vrai dire, Jésus n'avait pas besoin du témoignage de Jean, parce que, de toute éternité, il possédait le témoignage de son Père. Mais le témoignage du Père céleste, pour être entendu des hommes, a eu besoin d'un témoignage humain. Jean-Baptiste représente cette médiation humaine dont Dieu, en son infinie miséricorde, use envers nous pour nous mettre sur le chemin du témoignage qu'il rend à son Fils. Ce témoignage, il l'a rendu notamment au baptême dans le Jourdain, et Jean fut alors le témoin. Jean entendit la parole du Père : " Celui-ci est mon Fils, l'Aimé ", c'est-à-dire : l'unique Fils que j'ai engendré, " en qui je me plais " (Mt 3,17) ! Lui seul a entendu cette parole. C'est pourquoi il est un homme de premier plan, comme la Mère de Dieu est, elle aussi, unique, par le fait qu'elle seule a su comment naquit son Fils, sans le concours d'un homme, qu'elle seule a pu rendre témoignage de la conception virginale de son Fils. C'est la raison pour laquelle, sur nos iconostases, les icônes de la Mère de Dieu et du Précurseur se trouvent obligatoirement à droite et à gauche de celle du Seigneur, chacune inclinée vers le Christ. Par cette disposition, l'Eglise entend signifier que Marie et Jean sont les deux Témoins par excellence sur lesquels repose notre foi, avant tout autre témoignage humain, avant même tout témoignage apostolique. Jean-Baptiste est le témoin de la Lumière. Il n'est pas lui-même la Lumière, mais c'est par son entremise que tous les chrétiens croient que Jésus de Nazareth est la Lumière du Père venu illuminer les hommes. Mais, si privilégié qu'il soit, Jean est aussi le dernier de toute une longue suite de témoins qui vécurent sous l'Ancienne Alliance. Il est l'ultime témoin de l'Ancien Testament. En sa personne il ramasse la totalité du témoignage d'Israël. Il se situe en même temps au sommet de la première Alliance et à l'ouverture de la nouvelle. Et j'en viens ainsi à vous expliquer le sens de l'expression " Noël d'été ". Par l'Evangile selon saint Luc, nous savons que Elisabeth, la mère de Jean, avait six mois d'avance dans la grossesse sur sa cousine Marie. La fête de la nativité du Seigneur ayant été fixée au 25 décembre, c'est-à-dire aux alentours du solstice d'hiver, la fête de la nativité du Précurseur le fut six mois plus tôt, le 24 juin, aux alentours du solstice d'été. Aux alentours, car les connaissances astronomiques des hommes de cette époque manquaient de précision, ce qui ne nuit en rien au symbolisme. Et le symbolisme est le suivant. Jean est censé naître au moment où les jours sont les plus longs, c'est-à-dire, en réalité, au moment où ils commencent à décroître. Et Jésus est censé naître au moment où les jours sont les plus courts, c'est-à-dire lorsqu'ils recommencent à croître. En disposant ainsi les deux fêtes dans l'année liturgique, l'Eglise a voulu commenter l'admirable phrase de Jean parlant de Jésus son cousin : Lui doit croître et moi diminuer. Jean n'est le plus grand que parce qu'il a consenti à être le plus petit: il meurt avant la fondation de ce que nous appelons désormais le christianisme, avant la Transfiguration, avant les miracles opérés par Jésus, avant l'institution de l'eucharistie, le soir du Jeudi saint, avant le grand Vendredi, avant Pâques, avant la Pentecôte. C'est pourquoi je dois citer en entier la parole du Seigneur à son sujet dont je n'ai cité jusqu'ici que la première partie : " Amen, je vous dis : il ne s est pas éveillé parmi ceux qui sont nés de femmes de plus grand que Jean le Baptiseur. Mais le plus petit, dans le Royaume des deux, est plus grand que lui° (Mt 11, 11). |
Vendredi 29 juin 2007 : Saints, glorieux et illustres apôtres Pierre et Paul
Epître : 2Co 11, 21-12,9 ; Evangile : Mt 16, 13-19
| Tropaire ton 4 Princes des Apôtres divins * et docteurs de l'univers, * intercédez auprès du Maître universel * pour qu'au monde il fasse don de la paix * et qu'à nos âmes il accorde la grâce du salut. Vêpres des saints Pierre et Paul Pierre, coryphée des apôtres glorieux * toi la pierre de la foi * et Paul, orateur et luminaire des saintes Églises de Dieu * devant le trône divin * intercédez auprès du Christ en faveur de nous tous. Saints disciples de Dieu * initiés et docteurs * princes des apôtres, Pierre et Paul * intercédez auprès du Créateur de l'univers * le Seigneur de gloire, en notre faveur. | |
| Quand nous lisons les épîtres que saint Pierre et saint Paul nous ont laissées, ainsi que les textes que nous ont conservés les diverses traditions concernant leurs vies, leurs missions et leur martyr à Rome, alors nous comprenons les sentiments de profonde gratitude avec lesquels l'Eglise tout entière, en Orient et en Occident, honore leur mémoire chaque année en ce jour. Elle honore le premier comme prince des apôtres et le second comme celui qui travailla, peina et oeuvra le plus afin que les peuples issus de la gentilité viennent au Christ et à la vraie foi. A travers toute l'histoire de l'Eglise, attestés aussi dans l'iconographie et l'architecture des églises anciennes, ces deux coryphées des apôtres ont toujours été considérés comme les deux piliers principaux qui soutiennent l'Eglise. Elle remercie le Seigneur Jésus-Christ pour cela : " Tu as donné, Seigneur, à Ton Église, comme pilier… la fermeté de Pierre ainsi que la sagesse de Paul. Par leur commune doctrine., Tu chasses l'erreur de ceux qui nient Dieu. Conduits par les deux ensemble, nous te chantons, ô Christ tout-puissant, sauveur de nos âmes. " Mais en évoquant l'exemple de leurs vies personnelles, l'Eglise remercie le Christ encore une fois, car en Pierre et en Paul, nous avons des exemples classiques de ce que peut faire dans la vie d'un homme la " métanoia ", la repentance. " Tu nous as donné comme exemple du retour des pécheurs, Tes deux Apôtres, ô Seigneur. L'un t'avait renié au moment de Ta Passion, mais il s'est amèrement repenti. L'autre s'était opposé à Ta prédication, et fut un persécuteur. Mais Tu as rendu, malgré tout cela, possible qu'ils fussent les deux premiers de la communauté de Tes amis, ô Jésus, Sauveur de nos âmes. " En vérité, ils sont des exemples vivants et toujours actuels de la " métanoïa ", du sincère et profond retour au Christ. Combien de nous, baptisés, ne nous reconnaissons-nous pas dans l'attitude de saint Pierre ? Nous renions Jésus-Christ presque à chaque instant de notre journée. Dans notre attitude vis-à-vis de notre prochain, dans nos paroles, dans nos regards, c'est comme si nous disions : je ne le connais pas, Jésus-Christ ? Connais pas ! Et d'un autre côté, combien ne se comportent-ils pas comme le persécuteur Paul ? Celui qui fut Saül, en ce temps-là. " J'avais vraiment cru devoir combattre par tous les moyens le nom de Jésus le Nazaréen, persécutant les chrétiens et les faisant blasphémer ! " Mais l'amour de Jésus-Christ est plus grand que tout et dépasse tout. Je suis certain que si Judas s'était repenti comme Pierre et Paul, il serait lui aussi maintenant au nombre des apôtres. Jésus attend de chacun de nous cette confession de saint Pierre : " Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime ". Et nous prions pour que ceux qui résistent à la Parole de Dieu soient visités par la grâce du Ressuscité et qu'ils fassent connaissance avec lui. Que le Seigneur, dans son immense amour pour les hommes, nous conduise en ce jour sur le chemin du repentir, à sa rencontre, comme Il l'a fait pour ses deux glorieux apôtres, Pierre et Paul. Amen. P. Andreas Fyrillas in " Une saison en Orthodoxie " Ed Cerf. Paris, 1992 ; p :180-181 | |