Evagre le pontique

Publié le par Père Jean-Pierre


EVARGRE LE PONTIQUE :

INTRODUCTION

PRESENTATION

Il naquit en 345 dans une ville d'Asie Mineure : à Ibora, dans le Pont, l'actuel village d'Ivernöli, près du lieu où reposait sainte Macrine, c'est une région montagneuse du nord de la Turquie, qui se trouve à une centaine de kilomètres de la Mer Noire. C'était le siège d'un évêché et son père était un prêtre auxiliaire de l'évêque (un chorévêque) qui était chargé d'administrer en son nom les églises de campagne. Dans cette province, il avait rencontré, alors qu'il était encore très jeune, saint Basile et saint Grégoire de Nazianze, car c'était près d'Ibora, à Annisa, près du confluent de l'Iris (actuel Yesil Irmak) avec le Lycus (Kelkid Irmak), que les deux amis s'étaient retirés, vers 358, pour y mener la vie monastique. S.Basile lui conféra le lectorat et surtout S. Grégoire fut son maître et l'instruisit dans les sciences tant profanes que religieuses. Il l'ordonna diacre, et il l'accompagna à Constantinople (379), quand Grégoire devint, en 380, évêque de cette ville. On remarqua rapidement son intelligence et son habileté dans les controverses théologiques qui agitaient la Ville. Discussions contre les ariens et l'appolinarisme, il est réputé pour son talent oratoire et son élégance.

Nectaire succéda à Grégoire comme évêque, et Évagre aurait sans doute mené une brillante carrière, si un événement fortuit n'était pas venu changer le cours des choses. Il s'éprit de la femme d'un haut fonctionnaire de la Cour, qui répondit à sa passion. Et, tant pour sa sécurité que pour le salut de son âme, il quitta brusquement la Ville et s'embarqua pour la Palestine. Sans doute avait-il pris la décision de devenir moine. À Jérusalem, il rencontra Rufin et Mélanie, grands lecteurs d'Origène et des Cappadociens. Mélanie avait fondé vers 375 un monastère sur le Mont des Oliviers, disposant d'une grande fortune, elle hébergeait les pèlerins de passage. Rufin d'Aquilée était quant à lui à la tête d'un monastère d'hommes. Évagre retomba dans ses travers, sur le point de succomber à nouveau à ses démons, Mélanie l'aidera ; et poussé par elle, il rentrera dans la vie monastique et recevra l'habit des mains de Rufin. Il s'embarquera alors pour l'Égypte en afin d'y mener la vie monastique (383). D'Alexandrie, où il rencontra sans doute Didyme l'Aveugle, il gagna le site monastique de Nitrie, à une cinquantaine de kilomètres d'Alexandrie, Mélanie et Rufin avaient visité les moines de Nitrie. S. Athanase est mort et à Alexandrie se trouve un évêque arien, Lucius, et les orthodoxes sont persécutés par l'empereur Valens. Évagre va rester deux ans à Nitrie (El Barnougi à 15 kms au sud de Damanhour), c'est un site qui fut fondé par Amoun peu avant 350, vers l'époque où S.Macaire l'Égyptien fondait Scété, puis se rendra aux Kellia vers 385 où il passera les quatorze dernières années de sa vie, années pendant lesquelles il composera la quasi totalité de l'œuvre qui nous est parvenue de lui.

Lorsqu'il arriva en Égypte, certains des moines les plus prestigieux vivaient encore. Ainsi, il rendit visite au grand Macaire qui avait connu S.Antoine, Macaire ne mourra qu'en 390, il avait fondé la vie monastique à Scété (Ouadi Natroun), à une quarantaine de kilomètres des Kellia. Macaire le Grand ou l'Égyptien avait été le disciple de S.Antoine et, profondément ancré dans la tradition égyptienne, il aura une très grande influence sur Évagre, qui le qualifiera de " maître ". Aux Kellia, il connut Macaire l'Alexandrin, qui était prêtre et qu'il qualifiera de " Père ". C'est auprès des deux Macaire qu'il apprit d'eux : " la philosophie pratique ". Il eut des difficultés d'insertion en raison de ses origines. Il fréquenta l'abba Arsène, celui-ci se retira à Scété en 394. Ancien précepteur des fils de l'empereur Théodose, il avait mené une vie délicate comme Evagre, et ils étaient peu à l'aise au milieu des moines égyptiens ainsi qu'en témoigne cet apophtegme : " Abba Évagre dit au bienheureux Arsène : Comment se fait-il que nous, avec toute notre culture et notre sagesse, nous n'obtenions rien, alors que ces rustres d'égyptiens ont acquis de telles vertus ? Abba Arsène lui dit : Nous, avec la culture du monde, nous n'obtenons rien, mais ces rustres d'Égyptiens ont acquis leurs vertus grâce à leurs travaux "1.

De fait on tenait en peu d'estime la culture profane et les livres étaient considérés comme un luxe inutile ainsi, un jour l'abba Sérapion vint visiter un frère, et entrant dans la cellule, il vit une niche pleine de livres. " Dis-moi une parole ", lui dit le frère, à quoi Sérapion répondit : " Que te dirai-je, Car tu as pris le bien des veuves et des orphelins et tu l'as mis dans cette niche. "

Il y avait aux Kellia des moines lettrés et savants, les plus connus étaient Ammonios et ses frères, on les appelait " les longs frères ", l'aîné, Dioscore, fut consacré évêque de la ville dont dépendait le désert de Nitrie (Hermopolis Parva) et le patriarche Théophile choisit pour les avoir près de lui les deux plus jeunes frères. Évagre devint l'ami d'Ammonios, tous deux étaient des lecteurs assidus de la Bible et d'Origène, et c'est à cette communauté que s'agrégea Pallade quand il arriva aux Kellia (390), il y restera neuf ans. Tous ces moines ont eu des liens avec Mélanie et Rufin, avec lesquels Évagre va avoir une correspondance poussée de plus de soixante lettres. Progressivement, Évagre aura une influence déterminante sur cette communauté. Il y devint un maître spirituel et développa un enseignement fondé sur l'exégèse de l'Écriture à la suite d'Origène. Les moines des Kellia vont alors se heurter à la grande masse des moines qui prenaient le verset de la Genèse : " Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance ", au pied de la lettre, deux clans vont se former les " anthropomorphites " qui se représentent Dieu comme un homme et les " origénistes ", partisans d'une exégèse spirituelle.

A. LE CONTEXTE :

Nous sommes à une époque qui est encore marquée par le martyre. La progression spirituelle, le combat intérieur va remplacer celle du martyre. Aux conceptions de la gnose qui considère que l'homme est prédéterminé, et qu'il est par nature soit " spirituel " (pneumatique), avec une âme d'origine divine issue de monde divin du Plérôme, qu'il doit en quelque sorte faire remonter vers le monde spirituel par une ascèse et une prise de conscience expérimentale (la gnose), soit " matériel " (hylique), et donc dépourvu d'élément divin et voué à la perdition. Le Christ, dans cette conception, n'est qu'un élément du plérôme (un éon) non déchu, mais qui s'est donné l'apparence d'un corps, pour venir enseigner aux hommes le salut, par une " fuite " hors de la matière et du monde qui n'a pas été créé librement par Dieu et si les réalités spirituelles sont d'origine divine selon une gradation descendante, le monde et la matière 2. sont l'œuvre d'un autre démiurge qui est mauvais. Les hommes sont prédéterminés par leur nature. On trouve aussi dans ces doctrines une forte influence de la pensée grecque. À cela le christianisme opposera l'idée d'un démiurge libre ainsi que celle d'un progrès spirituel.

N'oublions pas qu'Origène a marqué profondément la pensée de son temps, pour autant que l'on puisse en juger avec dans les Lettres de S.Antoine et d'Ammonas, ou encore les Homélies de Saint Macaire. Ces textes insistent sur l'idée d'un progrès spirituel, et sur la connaturalité de l'âme avec les vérités de Dieu, bref que l'âme est apte à être transformée par Dieu, mais qu'au début de la vie spirituelle, il faut se faire violence pour que le Seigneur puisse agir en nous et que l'emprise du S.Esprit en nous, nous mène à la contemplation qui est d'abord celle de la nature ; c'est-à-dire une expérience intuitive de Dieu à travers les créatures, les événements et la lecture spirituelle de l'Écriture.

Dès lors, on accède à la connaissance des réalités spirituelles et à la théologie qui est l'expérience savoureuse de Dieu à travers le miroir de l'âme pénétrée par les énergies divines. La prière occupe une place centrale dans cette ascèse, et on a trouvé des traces de la prière monologique, sous la forme d'une phrase répétée, aux Kellia dans l'entourage d'Évagre. Cette tradition sera répercutée aussi dans les Conférences de S.Jean Cassien proche du groupe d'Evagre.

Déjà Origène distinguait trois phases dans la vie spirituelle, phases concrétisées par trois livres bibliques : les Proverbes (philosophie morale), l'Ecclésiaste (la science physique) et le Cantique des cantiques ( la science contemplative).

B. L'ORIGENISME :

On a vu que l'interprétation spirituelle de l'Écriture va l'opposer aux " anthropomorphites ". En 399 le patriarche Théophile va condamner l'erreur anthropomorphite, ce qui fit scandale, car c'était la conception quasi hégémonique à Scété. Puis, la même année, Théophile va faire volte-face pour des raisons non dogmatiques : un personnage avec lequel il était en conflit à propos d'une somme d'argent vint se réfugier à Nitrie. Or dès 393 la controverse origéniste avait éclaté en Palestine sous l'instigation d'Épiphane de Chypre, qui dans son Panarion, écrit entre 374 et 377, avait condamné les erreurs origénistes, et qui voulait en réprimer la propagation en Palestine. Jérôme, lié à Épiphane, se laissa gagner, bien qu'admirateur d'Origène. Mais Rufin résista ainsi que Mélanie et Jean évêque de Jérusalem qui supportait mal l'intrusion d'Épiphane. Théophile passa alors dans le camp des anti-origénistes et il réunit en 400 à Alexandrie un synode anti-origéniste, cependant Évagre mourut en 399 à 54 ans.

Si l'on retrouve l'influence des conceptions condamnées comme origénistes dans certaines œuvres d'Evagre, elles sont assez peu présentes dans ses œuvres ascétiques qui ont été retenues par la tradition et se retrouvent dans la Philocalie.

Les grandes thèses proprement " origénistes " : Tous les esprits ont été créés ensemble, mais, à la suite d'une chute, ils se sont retrouvés dans des corps subtils comme les anges ou plus ou moins épais comme ceux des hommes ou des démons.

Mais cette dégradation est provisoire, et il y aura un rétablissement progressif de tous les êtres des anges aux démons qui seront rétablis dans leur unité provisoire : c'est l'apocatastase.

L'âme du Christ reste totalement unie à Dieu, qui crée le monde matériel comme un moyen de rétablissement, et l'incarnation fait partie de ce projet. En conséquence, il y aune préexistence des âmes, idée que l'on rencontre dans les lettres de S.Antoine, théorie qui sera combattue par Épiphane de Chypre.

Les œuvres d'Évagre où ces conceptions étaient présentes ont disparu dans la tradition grecque, mais sont présentes dans la tradition syriaque. Et l'on se demandait si ces conceptions étaient bien celles d'Évagre. On ne trouvait pas trace des thèses d'Evagre condamnées par le Concile de Constantinople en 553, lorsque A.Guillaumont retrouva les versions syriaques d'une œuvre disparue par ailleurs : les " Képhalaïa Gnostica " qui concernent la " physique ", c'est-à-dire l'origine et la fin des natures créées, la cosmologie et l'eschatologie. C'est un ouvrage très concis qui se situait à la suite du Traité Pratique et du Gnostique, c'est-à-dire qu'il constituait la fine pointe de l'enseignement d'Évagre réservé à une élite, ces thèses vont être diffusées au 6ème siècle par certains monastères palestiniens et c'est ce qui suscitera leur condamnation. Ce parti pris " ésotérique " explique aussi que l'on trouve peu de traces des conceptions origénistes dans les autres œuvres considérées comme plus " exotériques ". La trouvaille d'A. Guillaumont prouvait donc que les condamnations du Concile de Constantinople étaient tout à fait justifiées. Plus récemment, on a montré, qu'au moins en ce qui concerne la christologie, laquelle était au centre des condamnations du Concile, si les thèses condamnées étaient bien celles du courant origéniste et d'Evagre, elles étaient assez peu celles d'Origène lui-même 3.

On peut signaler aussi que l'influence de l'origénisme sur Isaac le Syrien, si elle est réelle, est aussi plus mitigé. Ainsi Isaac le Syrien ne met pas le rétablissement des pécheurs et des démons sur le compte d'une théorie abstraite, mais sur celui d'une pédagogie de la charité divine : il ne nie pas l'enfer, mais la géhenne est pour lui une ruse de l'amour de Dieu qui vise à redresser l'homme pour le conduire à la béatitude éternelle à la fin des temps, car Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais son repentir :

" Il est indispensable que, vue de l'extérieur seulement, l'histoire de l'humanité puisse apparaître comme un châtiment et une peine, alors qu'en fait son but est de réaliser notre bien. Connaissant notre inclination pour toutes les formes du mal, Dieu nous a préparé une ruse, de sorte que ce qui apparaît comme notre perte se révèle en fait le moyen de notre redressement. C'est seulement en traversant ce qui se présente comme un châtiment venant de Dieu, que nous prenons conscience que celui-ci est au service de notre bien. Il n'y a pas de châtiment de la part de Dieu, car celui-ci se préoccupe uniquement du bien qui pourra sortir de son activité pour les hommes. Or les tourments de la géhenne, établis par Dieu, font partie de cette activité . " 4. (II 39, 5). Les peines de l'enfer sont : " les piqûres de l'amour de Dieu " (Isaac III, 6) Les démons comme les pécheurs ne resteront pas dans leur état, mais Dieu les conduira vers la perfection au même titre que les anges 5. , et même ajoute-t-il " peut être plus grande " 6.

L'influence de ces conceptions sur les moines d'Égypte est difficile à déterminer, ainsi pour Dom Regnault éditeur des Apophtegmes, celles-ci donnent la vraie doctrine des moines alors que pour Gabriel Bunge, grand évagrien, beaucoup partageaient les doctrines d'Évagre, et les Apophtegmes ont été filtrées. Saint Jean Cassien, lui aussi, est évagrien mais sans les grandes thèses origénistes.

Après la mort d'Évagre, S. Jean Cassien, qui a bien décrit le trouble causé par la condamnation de l' " antrhropomorphisme ", se rendit auprès de S. Jean Chrysostome, qui le recueillit ainsi que d'autres moines. Cela sera le prétexte que saisira Théophyle pour faire un procès à S. Jean Chrysostome qui mourra exilé, d'où aussi une hostilité de l'Église d'Alexandrie contre S. Jean Chrysostome aussi sous S. Cyrille.

S. Jérôme prend parti contre Origène et contre Rufin et Ste Mélanie, et il s'en prend à l' " apatheia ", qu'il comprend mal. S. Cassien est chargé d'aller à Rome plaider la cause de S. Jean Chrysostome, puis il fondera un monastère à Marseille et transmettra l'enseignement d'Evagre tout en évitant l'emploi du mot " apatheia ", mais parle de " pureté du cœur " ou de " tranquillité de l'âme " à cause de S. Jérôme.

L'enseignement d'Évagre va être la base de la vie spirituelle en Occident et se fera sentir au travers de S.Jean Cassien ou de la Règle de S. Benoît.

Dans l'église syriaque, S.Isaac le Syrien va intégrer la notion d'apocatastase, comme en témoigne la deuxième partie de ses textes spirituelles publiée par Dom André Louf, et de fait l'Église syriaque ne reconnaît pas l'autorité du cinquième Concile Œcuménique.

Pour Gabriel Bunge, comme on l'a dit, les textes ont été expurgés après la condamnation, y compris l'Histoire Lausiaque de Pallade.

S. Jean Climaque est imprégné d'Évagre, qu'il a connu à travers Cassien, et nous disposons désormais d'œuvres de S.Cassien plus complètes que celles auxquelles S. Jean Climaque a eu accès. S. Cassien est reçu en Occident, sauf pour sa 13ème Conférence qui l'oppose à Augustin sur la grâce, il défend la doctrine des Pères Grecs, considérée comme semi pelagienne, alors que c'est une doctrine courante.

Au XVIIème siècle, Arnaud d'Andilly (augustinien) renonce à traduire S. Cassien, mais traduit l'Échelle Sainte de S. Jean Climaque.

Il n'en reste pas moins que l'origénisme met l'accent sur la liberté, à la différence des gnostiques qui insistaient sur la nature différente des êtres.

S. Macaire répondra à Évagre dans ses Homélies : les justes seront sauvés, mais garderont leur identité et ne seront pas fondus dans l'unité de Dieu comme une " goutte d'eau dans la mer " (Cf. Évagre, Lettre à Mélanie).

Une des questions que pose l'œuvre d'Évagre, c'est de savoir dans quelle mesure elle reflète les conceptions des moines égyptiens et dans quelle mesure elle est le fruit de ses propres spéculations.

On peut répondre qu'en gros toute l'œuvre ascétique, " la philosophie pratique " reflète les conceptions des moines, en particulier celles des deux Macaire et de S.Antoine, mais que la partie spéculative, destinée à une élite dans l'esprit d'Évagre était quant à elle, le fruit de ses spéculations. Il faut donc faire preuve de discernement et c'est précisément ce que fit la tradition de l'Église qui conserva jusqu'à nous l'œuvre de ce grand ascète, en écartant ce qui était trop aventureux.


1. Série Alphabétique : Arsène 5.
2. On trouve couramment dans la pensée cette conception négative de la matière et la nécessité d'une " fuite de l'un vers l'Un " (Plotin).
3. Cf. Michel Fédou, La sagesse et le monde : le Christ d'Origène, collection : " Jésus et Jésus-Christ " n°64, Desclée, 1995.
4. Isaac le Syrien, Œuvres spirituelles II, Spiritualité Orientale n° 81, p. 74 et p. 442 = II 39, 5.
5. Isaac le Syrien, Œuvres spirituelles II, Spiritualité Orientale n° 81, 4O, 4.
6. Isaac le Syrien, Œuvres spirituelles II, Spiritualité Orientale n° 81, 40, 5.
7. Cf. A. Guillaumont, Aux origines du monachisme chrétien, Spiritualité Orientale n°30, 1979, p. 185 - 212.

Texte rédigé en prenant pour base une conférence du P.Placide et l'œuvre d'A.Guillaumon
en particulier le texte d'une conférence prononcée à la société Ernest Renan en 1971
7.
et son ouvrage posthume : " Un philosophe au désert : Evagre le Pontique " (Vrin 2004).


Yvan Koenig
octobre 2004



Publicité

Publié dans Pères de l'Eglise

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article