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Histoire Lausiaque,Par ptit moine

Publié le par Père Jean-Pierre

www.moinillon.net

sentences


Histoire Lausiaque : extrait XXVI

монахMacaire d'Égypte
Macaire l’Egyptien vécut quatre-vingt-dix ans. Il passa soixante ans dans le désert, y étant monté dans sa jeunesse, à trente ans, et il fut jugé digne d’un tel discernement qu’on l’appelait paidariogèrôn (un sage ancien sous les apparences d’un enfant). Aussi fit-il des progrès plus vite que les autres. Parvenu, en effet, à l’âge de quarante ans, il reçut contre des esprits une grâce de guérisons et de prédictions, et il fut jugé digne aussi du sacerdoce.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XXV

монахNathanaël
Le démon ayant manqué cette affaire, usa de feinte neuf mois avant la mort de Nathanaël et se transforma en petit garçon d’environ dix ans, poussant un âne qui portait des pains dans une corbeille. Il vint, à la tombée de la nuit, près de la cellule d’abba Nathanaël, simula la chute de l’âne et se mit à crier : « Abba Nathanaël, aie pitié de moi et donne-moi la main. » Or le saint homme, ayant entendu la voix du prétendu petit garçon et ayant entrouvert sa porte, lui parla de l’intérieur : « Qui es-tu et que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il lui dit : « Je suis le petit serviteur d’untel et j’emporte des pains, puisque c’est l’agape de ce frère et, demain, samedi, il faut des pains d’oblations. Je t’en prie, ne me dédaigne pas, de peur que je ne sois aussi dévoré par des hyènes, car il y en a beaucoup dans ces parages. » Le bienheureux Nathanaël resta muet, fort perplexe, troublé intérieurement, et il réfléchit en se disant : « J’ai à m'écarter ou du commandement ou de mon projet. » Ensuite, pourtant, ayant conclu qu’il est meilleur pour la confusion du diable de ne pas ébranler le projet de tant d'années, après avoir fait une prière, il dit au prétendu garçon qui l’interpellait : « Écoute, mon garçon. J’ai foi au Dieu que j’adore que, si cela est nécessaire, Dieu t’enverra du secours et, ni les hyènes, ni un autre animal ne te feront du tort. Mais si tu es une tentation, Dieu va révéler la chose dès à présent. » Et, ayant fermé la porte, il rentra. Or, le démon, confus de cette défaite, se déchaîna en ouragan et en onagres bondissants, fuyants dans une pétarade. Tel fut la lutte du bienheureux Nathanaël, telle fut sa tactique, telle fut sa fin.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XXIV

монахNathanaël
Le démon qui tentait Nathanaël guetta la visite de sept saints évêques, qui eut lieu soit par la providence de Dieu, soit par une tentation diabolique, et il s’en fallut de peu qu’il parvienne à le détourner de son projet. En effet, au moment où les évêques sortirent après la prière, Nathanaël ne les reconduisit pas. Les diacres lui dirent : « Tu fais un acte d’orgueil, abba, en ne reconduisant pas les évêques. » Mais il leur dit : « Moi, je suis mort à messeigneurs les évêques et au monde entier, car j’ai un dessein caché, et Dieu connait mon cœur. Et donc, je ne les reconduis pas. »
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XXIII

монахNathanaël
Il y en eut un autre parmi les anciens, du nom de Nathanaël. Il eut une telle patience dans sa cellule qu’il ne fut pas ébranlé dans sa résolution. Entre autres, ayant été illusionné au début par le démon qui dupe tout le monde, il crut avoir du dégoût pour sa première cellule et il partit. Il en bâtit une autre plus près du village. Or, après avoir achevé la nouvelle cellule et l’avoir habitée, au bout de trois ou quatre mois, le démon se présenta pendant la nuit, tenant un fouet de cuir comme les bourreaux, sous l’apparence d’un soldat vêtu de haillons, et il faisait claquer ce fouet. Le bienheureux Nathanaël lui dit : « Qui es-tu, toi qui fais ces choses dans mon logement ? » Le démon répondit : « Je suis celui qui t’a chassé de la cellule là-bas. Je suis venu pour te faire déguerpir également de celle-ci. » Ayant alors reconnu qu’il avait été illusionné, Nathanaël retourna à sa première cellule. Et il passa trente-sept années complètes sans franchir la porte, se querellant avec le démon, lequel, pour le forcer à sortir, lui fit voir tant de choses qu’il n’est pas possible de les raconter en détail.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XXII

монахMacaire le Jeune
Ayant beaucoup séjourné avec Macaire le Jeune, je lui demandai quel était son sentiment au sujet de son péché du meurtre. Il disait qu’il était loin de s’en désoler, au point même d’en rendre grâce, car le meurtre involontaire était devenu pour lui un principe de salut. Et il disait, en se rapportant au témoignage des Écritures, que Moïse n’aurait pas été jugé digne de la vision de Dieu et de ce don si grand et de la rédaction des saintes paroles, si par crainte du Pharaon, à cause du meurtre qu’il avait commis en Egypte, il n’avait pas gagné la montagne du Sinaï. Je ne dis pas cela pour favoriser le meurtre, mais pour montrer qu’il y a aussi des vertus dues aux circonstances, si l’on ne se porte pas volontairement au bien. En effet, parmi les vertus, les unes sont volontaires, les autres sont dues aux circonstances.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XXI

монахMacaire le Jeune
Un nommé Macaire le Jeune, à dix-huit ans environ, en jouant avec ses compagnons d’âge le long du lac appelé Maria, tout en faisant paître son troupeau, commit un meurtre involontaire. Et sans rien dire à personne, il gagna le désert et il se plongea dans une telle crainte de Dieu et des hommes qu’il ne tenait plus compte de ce qu’il éprouvait et, pendant trois ans, demeura sans toit dans le désert. Or la terre y est sans pluie. Plus tard, il se bâtit une cellule et, y ayant vécu vingt-cinq autres années, il fut jugé digne du don de conspuer les démons, tout en faisant ses délices de la solitude.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XX

монахPaïssios et Isaïe
Alors les moines lui dirent : « Comment est-il possible que Païssios et Isaïe soient égaux ? Il en est qui préfèrent l’ascète et disent qu’il a fait une action évangélique, ayant vendu et donné tout aux pauvres, portant la croix jour et nuit et se mettant à la suite du Sauveur dans la prière. Mais ceux qui sont de l’autre parti disent ceci : Celui-ci en a montré tout autant à ceux qui sont dans le besoin, au point qu’il s’est posté sur les grands chemins pour rassembler les affligés. Et non seulement il a réconforté sa propre âme, mais celles de beaucoup d’autres, en traitant les malades et en donnant des secours. » Le bienheureux Pambo leur dit : « Encore une fois je vous dirai : tous deux sont égaux. Et je certifie à chacun de vous que celui-ci, s’il n’avait pas fait tant d’ascétisme, ne serait pas devenu digne d’être comparé pour la bonté à celui-là. D’un autre côté celui-là, en réconfortant les étrangers, y trouvait aussi du réconfort et, quand même il paraissait porter la charge de la fatigue, du moins avait-il encore le réconfort qui s’y rattache. Mais attendez, afin que j’en reçoive de Dieu la révélation, et après cela vous viendrez l’apprendre. » Quand donc ils vinrent plusieurs jours après, ils lui firent de nouveau leur demande, et il leur dit en quelque sorte devant Dieu : « Je les ai vus tous deux à la fois établis dans le paradis. »
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XIX

монахPaïssios et Isaïe
Lorsque Païssios et Isaïe moururent, différents éloges funèbres se faisaient d'eux, comme de deux personnages accomplis. Celui-ci plaisait aux uns, celui-là aux autres. Une discussion se produisit dans la communauté des frères à partir de ces éloges, aussi allèrent-ils visiter le bienheureux Pambo pour lui soumettre le différend en lui demandant de désigner le genre de vie qui était supérieur. Pambo leur dit : « Tous deux sont parfaits, car l’un a montré une œuvre d’Abraham, l’autre, d’Elie. »
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XVIII

монахPaïssios et Isaïe
Païssios et Isaïe, des frères, avaient pour père un marchand. Le père étant mort, ils se partagèrent ce que leurs immeubles contenaient : cinq mille pièces d’or, des vêtements et des domestiques. Puis ils se consultèrent : « Vers quelle règle de vie nous faut-il aller, frère ? Si nous allons au commerce que notre père a suivi, nous aussi nous avons à laisser le fruit de nos labeurs à d’autres. Et peut-être même succomberons-nous aux risques des voleurs ou de la mer. Eh bien, voici, allons à la vie monastique, afin que nous mettions à profit les biens de notre père et que nous ne perdions pas nos âmes. » Le but de la vie monastique leur plut donc. Mais ils se trouvèrent en désaccord sur un point. Lorsqu’ils se furent partagé les biens, ils s’appliquèrent chacun à plaire à Dieu, mais par des voies opposées.  L’un, ayant distribué tous ses biens aux centres d’ascétisme, aux églises et aux prisons, apprit un métier grâce auquel il gagnait son pain et il s’appliqua à l’ascèse et à la prière. Quant à l’autre, n’ayant rien distribué, il se bâtit un monastère et reçut quelques frères. Il recueillait tout étranger, tout infirme, tout vieillard, tout pauvre, dressant trois ou quatre tables le dimanche et le samedi : c'est ainsi qu’il dépensa ses richesses.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

Histoire Lausiaque : extrait XVII

монахApollonios
Un certain Apollonios, ex-négociant, ayant renoncé au monde et habité la montagne de Nitrie, ne pouvant apprendre ni un art, ni le métier de l’écriture car il était avancé en âge, vécut sur la montagne vingt ans et eut l’occupation suivante : achetant à Alexandrie avec ses biens propres toutes sortes d’objets médicaux ou de cellule, il les fournissait à toute la communauté des frères qui étaient malades. Il était possible de le voir depuis le matin jusqu’à l’heure de none, circulant à travers les monastères, entrant à chaque porte, de peur que quelqu’un ne soit alité. Il portait des raisins secs, des grenades, des œufs, des pains de fleur de farine, ce dont les malades ont besoin. Il avait ainsi trouvé pour sa vieillesse le genre de vie qui lui était avantageux. En mourant, il laissa son fonds à un homme semblable à lui, après l’avoir exhorté à remplir le même office. C’est que cinq mille moines habitaient la montagne, et que cette surveillance-là était nécessaire parce que l’endroit est désert.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert

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Publié dans Enseignement

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