Le 07 Septembre,mémoire de St Cloud,St Sozon et Ste Grimonie

Publié le par Père Jean-Pierre

Clodoald était l'un des trois fils de Clodomir Ier, roi d'Orléans, et de Gondioque.

Mort de son père [modifier]

En 523-524, à l'instigation de Clotilde, Clodomir et ses trois frères - qui s'étaient partagés le royaume de leur père Clovis à la mort de celui-ci en 511 - se joignent dans une expédition contre les Burgondes du roi Sigismond. Après l'arrestation de celui-ci et de sa famille, Clodomir rentre à Orléans. Mais le frère de Sigismond, Godomar III revient triomphant en Burgondie à la tête des troupes envoyées par son allié et parent, le roi ostrogoth Théodoric le Grand. Là, il fait massacrer la garnison que les Francs avaient laissée. En représailles, Clodomir fait alors assassiner Sigismond et les fils de ce dernier : Gisald et Gondebaud, le 1er mai 524, puis, il se lance dans une seconde expédition contre les Burgondes. Il est tué lors de la bataille de Vézeronce le 25 juin de la même année.

Assassinat de ses frères [modifier]
L'assassinat de Thibault et Gonthaire (Manuscrit du XVe siècle)
L'assassinat de Thibault et Gonthaire (Manuscrit du XVe siècle)

Après la mort de Clodomir Ier, ses trois fils Thibault, Gonthaire et Clodoald furent recueillis par sainte Clotilde, leur grand-mère, qui les éleva chrétiennement, en attendant qu'ils puissent se partager les États de leur père, gouvernés pendant ce temps par des lieutenants. Mais Childebert Ier, roi de Paris, et son frère Clotaire Ier, roi de Soissons, qui convoitaient le royaume d'Orléans, leur héritage, cherchèrent le moyen de parvenir à leurs fins. Clotaire épousa Gondioque, la veuve de Clodomir. Mais cela ne suffit pas pour ce dernier obtienne le territoire de son défunt frère : la loi salique impose le partage du royaume entre les fils de Clodomir.

Pour contourner le problème, Clotaire s'allie à son frère Childebert, qui partageait le même infâme dessein que lui, pour organiser l'assassinat des jeunes héritiers (525). Childebert et Clotaire, firent demander à leur mère Clotilde, de leur envoyer les enfants de Clodomir pour les proclamer successeurs de leur père. La sainte femme revêtit Cloud, qui n’avait que deux ans, et ses deux frères de leurs plus beaux habits et les envoya avec confiance, ne se doutant pas de ce qui attendait ses petits-enfants. Les deux oncles font alors massacrer les enfants de Clodomir. Certains disent même que ces oncles barbares auraient égorgé de leurs propres mains les deux aînés, Thibault et Gonthaire, âgés de dix et sept ans, au grand désespoir de sainte Clotilde, qui voyait ses petits enfants tués par ses propres fils assassins. Seul le plus jeune, Clodoald ou Cloud, qui était âgé de deux ans, fut miraculeusement sauvé du massacre, par le dévouement de quelques fidèles et une protection spéciale de la Providence. On le cacha dans un monastère, et il put ainsi échapper à toutes les recherches de ses oncles.

Renonciation à la royauté [modifier]

Quelques années plus tard, il se coupa lui-même les cheveux au cours d'une cérémonie par laquelle il déclarait qu'il renonçait à la royauté, ayant préféré sacrifier sa chevelure, symbole de la royauté franque, plutôt que sa vie. Et même s'il eut plusieurs occasions de recouvrer les États de son père, il ne voulut point en profiter. La grâce lui avait ouvert les yeux sur la vanité des grandeurs terrestres. Il préféra une vie humble et tranquille dans les rigueurs de la solitude, à une vie éclatante, mais périlleuse dans un palais royal, au milieu d'une foule de courtisans. Il se consacra dès lors entièrement au service de Dieu.

Initiation religieuse [modifier]

Après avoir distribué aux églises et aux pauvres les biens que ses oncles n'avaient pu lui ravir, il se retira auprès d'un saint religieux, nommé Séverin, qui menait une vie solitaire et contemplative dans un ermitage aux portes de Paris (à l'emplacement de l'actuelle Église Saint-Séverin dans le Ve arrondissement).

Le jeune prince devint son disciple et reçut de ses mains l'habit religieux. Il demeura quelque temps en sa compagnie, pour s'y former à toutes les vertus monastiques. Childebert et Clotaire n'ignoraient pas son identité, mais, comme ils le virent sans prétention, ils le laissèrent en liberté et lui donnèrent même quelques héritages pour vivre plus commodément dans le lieu de sa retraite.

Départ en Provence [modifier]

Cependant, ne se croyant pas assez solitaire, ou pour quelques raisons qui nous sont inconnues, il quitta les environs de Paris et se retira secrètement en Provence, loin de toutes les personnes de sa connaissance. Alors qu'il était en train de construire, de ses propres mains, une petite cellule, un pauvre se présenta devant lui et lui demanda l'aumône. Il était lui-même si pauvre, qu'il n'avait ni or, ni argent, ni provisions qu'il pût lui donner; mais il se dépouilla généreusement de sa propre cuculle et lui en fit présent. Cet acte de charité fut si agréable à Dieu, que, pour en découvrir le mérite, il rendit la nuit suivante cette cuculle toute lumineuse entre les mains du pauvre qui l'avait reçue. Les habitants des environs furent témoins de ce miracle, et reconnurent par là que Clodoald était un excellent serviteur du Christ. Ils vinrent donc le trouver pour honorer sa sainteté et pour recevoir ses instructions ; mais leurs trop grandes déférences leur firent perdre un si précieux trésor : car saint Cloud, voyant qu'il n'était pas plus caché en Provence qu'à Paris, s'en retourna dans son premier ermitage.

Retour à Paris [modifier]

A peine fut-il revenu qu'Eusèbe, alors évêque de Paris, l'ordonna prêtre vers l'an 551, malgré les protestations de son humilité, à la sollicitation du peuple, qui ne put souffrir de voir un si saint homme dans un Ordre inférieur. Clodoald fut le premier des princes de France à consacrer sa vie à la religion. Il accomplit pendant quelque temps les fonctions de son ministère dans l'église de Paris. Les vertus qu'il y fit paraître le firent encore plus respecter qu'auparavant. On admirait en lui le pouvoir de la grâce, qui, d'un prince, ou pour mieux dire d'un roi légitime, avait fait un humble serviteur de la maison de Dieu. On louait son humilité, sa modestie, son détachement des choses du monde, son amour pour la pénitence et sa charité incomparable. Ce grand homme ne put souffrir longtemps ces honneurs, et, pour les éviter, il se retira sur une colline, le long de la Seine, à deux lieues au-dessous de Paris, en un lieu que l'on appelait Novigentum (Nogent), près de la forêt de Rouvray. Ayant trouvé refuge dans ces lieux retirés il y mena une vie de solitude et de prière.

Fondation d'un monastère [modifier]

Après y avoir vécu quelque temps solitaire, Clodoald, vit accourir de toutes parts des disciples, dès qu’on sut le lieu de la retraite du serviteur de Dieu, pour se mettre sous sa direction. Quelques cellules furent d’abord bâties, bientôt un monastère devint nécessaire. D'après la tradition, Clodoald aurait fait construire un monastère avec chapelle qu'il dota des biens que les rois, ses oncles, lui donnèrent. Il le fit dépendant, avec son église et tous ses revenus, de l'église cathédrale de Paris, dont il était le prêtre. Clodoald y vécut sept ans au milieu de ses frères, leur donnant l’exemple de toutes les vertus. Il y mourut saintement le 7 septembre 560.

Sa mort, qu'il aurait prédite avant qu'elle arrivât, fut, selon la légende, suivie de plusieurs miracles, qui se seraient produits près de son tombeau. Clodoald est alors canonisé et le modeste hameau se transforme rapidement en un lieu de pèlerinage, qui voit accourir des foules immenses. Novigentum change alors de nom pour devenir « Sanctus Clodoaldus » (Saint-Cloud).

L'Église Saint-Clodoald [modifier]

Cette chapelle, agrandie ou reconstruite, notamment par le roi Dagobert Ier, devient collégiale au VIIIe siècle. En 1376, on transféra les reliques du saint de la crypte dans le chœur de l'église haute reconstruite une nouvelle fois. À cette occasion, Aimery de Magnac, alors évêque de Paris, fit don à sa famille d'un bras entier du saint. Conservé au domaine familial du Châtelard (près de Saint-Junien en Haute-Vienne), le bras fut porté le 5 juillet 1405 par dame Perennelle de Maignac, nièce de l'évêque de Paris et veuve de Clément de Reilhac, seigneur de Brigueil, pieds nus, du Châtelard jusqu'à l'église de Saint-Junien, qui eut l'obligation d'organiser chaque année, « à perpétuité », une procession en l'honneur de cette relique.

La collégiale de Saint Cloud connaîtra son heure de gloire en 1589, lorsque les funérailles du roi Henri III, assassiné par le moine Jacques Clément, y seront célébrées. À partir de 1635, la collégiale servit d'église paroissiale. Vers 1750, l'église était délabrée. Elle fut rasée en 1778. N'en subsistent alors que les soubassements du chœur et du transept, l'abside de la crypte et la dernière travée à chevet plat du bas-côté nord. On peut encore voir ces vestiges, de nos jours, rue de la Faïencerie, à Saint-Cloud. La première pierre d'une nouvelle église - l'actuelle église Saint-Clodoald de Saint-Cloud - est posée le 22 mai de la même année par la reine Marie-Antoinette. Mais à peine les murs commencent-ils à s'élever que la Révolution éclate. Il faut interrompre les travaux qui ne reprendront qu'en 1819. Le 25 août 1820, l'église est enfin bénie. Les reliques du Saint ont été détruites par les révolutionnaires, à l'exception du fameux bras qui sera restitué solennellement à l'église paroissiale le 12 juin 1848. Mais vite devenue trop petite, ladite église sera une nouvelle fois reconstruite sous Napoléon III. En août 1861, le prince impérial pose la première pierre de la nouvelle église qui sera consacrée en 1878, dans un style néo-gothique.



Le 7 septembre, mémoire du Saint Martyr SOZON

Originaire de Lycaonie (Asie Mineure), saint Sozon vécut sous le régne de Dioclétien (vers 304). Avant de recevoir ce nom au Saint Baptême, il s'appelait Tarasios et exerçait la profession de berger. De cette activité, il apprit l'art de paître les brebis spirituelles et amena par son enseignement un grand nombre de païens à la foi. Ayant un jour reçu l'assurance dans une vision qu'il était temps pour lui de confesser le Christ par son sang, il descendit vers Pompéiopolis en Cilicie, et se rendit dans le temple des idoles, où l'on adorait une statue en or d'Artémis. Il coupa une main de la statue et, après l'avoir réduite en petits morceaux, distribua l'or aux pauvres. Grande fut l'émotion parmi les païens lorsqu'ils constatèrent le larcin, et plus grand encore leur étonnement en voyant le bienheureux Sozon devancer leurs soupçons et se rendre de lui-même. On s'empara de lui aussitôt pour le mener devant le gouverneur de Cilicie, Maximien. Comme les coups qu'on lui appliquait ne pouvaient entamer sa résolution de confesser le Christ, on lui fit chausser des sandales de fer couvertes de clous et on l'obligea à courir. Le Saint était plein de joie en voyant son sang se répandre à terre comme une rosée bienfaisante. C'est dans cette joie surnaturelle qu'il remit son âme dans les mains de Dieu, après avoir été si cruellement frappé que ses os et ses entrailles apparaissaient de toutes parts. Lorsque ses bourreaux voulurent allumer un grand feu pour brûler son corps un orage violent se déclencha soudain, la pluie éteignit le feu et les bourreaux se dispersèrent effrayés, laissant de pieux fidèles venir prendre soin des restes du Saint Martyr.




LE 7 SEPTEMBRE, SAINTE GRIMONIE, VIERGE ET MARTYRE


Le diocèse de Laon célèbre le 7 septembre la fête de Sainte Grimonie, Vierge et Martyre. D'après les traditions locales, et les plus anciennes histoires de la Sainte souvent réimprimées, et confirmées par les leçons mêmes de son ancien Office, Grimonie, née en Hibernie (Irlande), était fille du roi du pays. Sa famille était encore attachée au culte des idoles, par une grâce toute spéciale, Grimonie eut le bonheur d'être instruite des vérités du Christianisme et fut baptisée à l’âge de douze ans, à l'insu de ses parents. Elle se sentit dès ce moment décidée à servir uniquement N.-S.-J.-C. et à lui consacrer sa virginité. Elle employait le plus de temps qu'elle pouvait à la prière et à la méditation, et s'exerçait aux jeûnes et à toutes sortes de mortifications.
Quand elle fut en âge d'être mariée, son père voulait l'unir à un des plus nobles et des plus riches gentilhommes, du pays et déjà il faisait faire les préparatifs de la cérémonie, lorsque on vint lui annoncer que la jeune fille n'était plus dans son appartement et que sans doute elle avait pris la fuite. Après bien des recherches, on la trouva à genoux dans un lieu solitaire et on la ramena à la maison paternelle
— « Pourquoi avez-vous fui », lui demanda le père irrité,
— « C'est que j'ai choisi un autre époux Jésus-Christ mon Sauveur et mon Dieu ; je L'aime de tout mon cœur et je veux Lui rester fidèle jusqu'à la mort. »
A ces mots le père entre en fureur et ordonne qu'on l’enferme dans une prison obscure pour expier l'injure qu'elle faisait à lui-même, à son fiancé et à ses dieux. Cette prison fut pour la jeune vierge comme un temple où elle passait ses journées à prier, toute disposée à souffrir toutes sortes de tourments pour témoigner à son Dieu sa fidélité. Ce fut inutilement que sa mère vint la supplier d'obéir à la volonté de son père. Le Seigneur ne devait pas délaisser cette fidèle épouse ; Il envoya un de Ses Anges pour la délivrer, qui lui dit :
— « Levez-vous Grimonie , les portes de votre cachot sont ouvertes, sortez au plus vite et dirigez-vous yers la mer. »
La vierge s'enfuit en effet, sous la conduite et la protection de Dieu ; elle trouva un navire tout prêt à mettre à la voile, elle y monta et le vaisseau partit. Pendant la traversée, il s'éleva une furieuse tempête et l'on croyait le naufrage inévitable, lorsque Grimonie se jeta à genoux ; levant alors les yeux et les bras vers le ciel, elle conjura le Seigneur d'avoir pitié de tout l'équipage. Sa prière fut exaucée, les flots s'apaisèrent et le vaisseau pu débarquer la jeune vierge dans la Gaule-Belgique1, où l'empereur Valentinien protégeait les Catholiques. Tout le désir de Grimonie était de passer le reste de sa vie dans la solitude, et de renoncer à tout commerce avec les hommes. Dans ce dessein, elle s'enfonça dans les forêts de la Thiérache (Therascia) jusqu'à un endroit nommé Dorunum (c'est aujourd'hui le bourg de la Capelle). Là toutes ses journées et une partie de ses nuits,étaient partagées entre la prière, les pieuses méditations et les exercices de la pénitence. Des racines et des fruits sauvages étaient toute sa nourriture. L’eau limpide d'un ruisseau suffisait pour la désaltérer. Dieu se plaisait à la combler de toutes sortes de consolations spirituelles. La contemplation des œuvres de la création lui causait de fréquents ravissements et lui faisait apprécier davantage le bonheur d’être soustraite aux dangers de la maison paternelle.

Cependant les parents de Grimonie n’étaient pas restés en repos après sa fuite, ils avaient envoyé des soldats à sa recherche avec ordre de la ramener vivante ou morte. Leurs perquisitions forent longtemps sans résultat. Ils apprirent enfin qu’une jeune étrangère avait profité du départ d’un navire pour gagner le continent ; ils s’embarquèrent aussitôt et à force de courses et d'informations, ils apprirent qu’une jeune étrangère nouvellement arrivée était déjà en grande réputation de vertu, et qu'elle vivait seule au milieu de la forêt voisine.

Les soldats parcoururent la forêt et se trouvèrent tout à coup devant celle qu'ils cherchaient. Leur vue n'effraya pas Grimonie, mais elle se douta de leur dessein. Ils firent tous leurs efforts pour la déterminer à les accompagner, et à retourner dans leur pays où des noces splendides l'attendaient. Grimonie ne se laissa pas éblouir par leurs promesses, elle leur parla du bonheur dont elle jouissait dans cette solitude, en servant N.-S. J.-C., le divin époux de son cœur ; enfin elle protesta avec fermeté que rien au monde ne pourrait l'arracher de ces lieux. Les barbares, voyant que leurs efforts étaient inutiles et que Grimonie ne consentirait jamais à renier J.-C. pour adorer leurs dieux, se jetèrent sur elle et lui tranchèrent, la tête. Après avoir caché le corps de la Sainte sous un amas de terre, ils reprirent le chemin de l'Hibernie. On pense que ce martyre coïncide avec les premières années du IVe siècle.

Invention du corps de Sainte Grimonie.

L'endroit précis où reposait le corps de Sainte Grimonie resta longtemps ignoré. Voici comment la tradition constante du pays rapporte la découverte de ce précieux trésor. Une clarté mystérieuse apparaissait de temps en temps en un certain lieu de la forêt. Un jour où elle parut encore plus brillante que de coutume, les habitants se rassemblèrent et creusèrent la terre à l’endroit même d'où partait la lumière et ils trouvèrent un corps parfaitement conservé ; ils ne doutèrent pas que ce ne fut celui de la vierge martyrisée dont leur avaient parlé leurs pères. Des miracles s'opérèrent, des malades recouvrèrent la santé en priant devant ces précieuses reliques.
La reconnaissance du peuple le porta à bâtir une petite chapelle sur son tombeau. Bientôt on y accourut de toutes parts pour implorer l'assistance de Sainte Grimonie. Des maisons s'élevèrent autour de ce sanctuaire ; et le nombre des pèlerins augmenta toujours, il se forma le village de la Capelle qui fut dans la suite érigé en bourg par le roi François 1er. Une belle église remplaça peu après l'oratire primitif et on y déposa avec honneur les Reliques de la Sainte.

Dans une des guerres dont 1a Thiérache fut le théâtre, la Capelle fut livrée aux flammes. Quelques habitants se montrèrent plus empressés de sauver les Reliques de leur patronne, que de protéger leurs propres maisons ; ils coururent aussitôt à l'église, enlevèrent rapidement la chasse de Sainte Grimonie et la transportèrent à un village situé à quatre lieues plus loin, qui s'appelle Lesquielles, et où l'on conservait déjà des Reliques de Sainte Preuve. Lesquielles était alors un poste important et qui avait un château fort. Son église, dédiée à Saint Jean-Baptiste, était desservie par douze Prêtres.

Les guerres incessantes entre les seigneurs de ces contrées obligèrent les habitants à cacher dans la terre leur précieux trésor. II y resta longtemps, jusqu'à ce qu'il plût à la bonté divine de réveiller la foi et la confiance des fidèles par de nombreux miracles opérés par l'invocation de Sainte Grimonie et de Sainte Preuve. Anselme de Magny, qui occupa le siége épiscopal romain de Laon de 1215 à 1238, voulut vérifier par lui-même ce qui se passait à Lesquielles ; il s'y transporta le 7 septembre 1231, leva de terre les corps des deux Saintes, en fit la vérification en présence de témoins et les exposa à la vénération des fidèles. On possède encore l'original du procès-verbal d'Anselme, et parmi les signatures se trouve celle d'un nommé Jean Lequeux, un des échevins du pays.

Une nouvelle reconnaissance et exposition des Reliques eurent lieu le mardi de la Pentecôte de l'année 1389 par Philippe de Grumelly, doyen de la chrétienté de Guise et curé de Lesquielles.

En 1535, les Reliques de Sainte Grimonie et de Sainte Preuve furent, avec l'autorisation de l’évêque romain de Laon, Louis Bourbon de Vendôme, mises dans de nouvelles châsses par Pierre Albain, abbé du monastère de Bohéries.

Pendant la guerre de François 1er avec les impériaux, le prieuré de Lesquielles fut livré aux flammes par le comte de Nassau ,et Adrien de Croï comte de Rœux et gouverneur des Flandres et de l'Artois.

Ce dernier s'empara des Reliques de Sainte Grimonie et de Sainte Preuve, les fit vérifier par Baudouin de Mol, abbé de Bohéries, et en fit présent en 1540 aux chanoines réguliers de Saint-Augustin de l'abbaye de Notre-Dame de Hénin-Liétard au diocèse romain d'Arras. Elles y sont restées enveloppées séparément et scellées dans des morceaux de soie jusqu'en 1638, époque où Robert de Mallebranche, abbé du monastère, en fit faire la reconnaissance, et retrouva tons les anciens procès verbaux qui en constataient l’authenticité. En 1639 il déposa les Saintes Reliques dans quatre chasses.
En 1748 ,l’abbé de Hénin-Liétard, nommé Dujardin, ouvrit les chasses avec, l'autorisation de Monseigneur Baglion de la Salle, Evêque romain d’Arras, et en retira une Sainte Relique de Sainte Grimonie et une autre Sainte Relique de Sainte Preuve, les mit dans deux boîtes scellées et cachetées pour être présentées à l'évêque romain de Laon, qui les fit rendre à l'église de Lesquielles. La reconnaissance en fut faite par l'autorité épiscopale romaine en 1749. Au commencement de la Révolution française, des personnes pieuses et intelligentes, prévoyant la profanation dont ces Saintes Reliques pourraient être l'objet, retirèrent secrètement de la châsse les procès-verbaux et les Saintes Reliques, après leur avoir substitué des ossements communs. Lorsqu'en 1795, le libre exercice de tous les cultes eut été proclamé par le gouvernement républicain, les habitants de Lesquielles firent construire deux châsses, et le 30 avril de la même année, les vraies Reliques de Sainte Grimonie et de Sainte Preuve y furent déposées.

Le 24 avril 1803, Monseigneur Leblanc de Beaulieu les vérifia et en reconnut l'authenticité. On rapporte que plusieurs guérisons ont été récemment obtenues par l'invocation de ces Saintes Vierges Martyres. Trois Fêtes solennelles sont célébrées chaque année à Lesquielles, le 20 avril, anniversaire du Martyre ; le mardi de la Pentecôte, jour de la translation de ses Reliques de la Capelle à Lesquielles ; la troisième, le 7 septembre, en mémoire de l'élévation de son corps par l'Evêque romain Anselme.
La portion des Reliques des deux Saintes qui étaient restées en 1748 en la possession de l'abbaye de Henin-Liétard ont été également sauvées de la profanation, à l'époque de la Révolution française ; depuis la restauration du culte et encore aujourd'hui (1867), elles reposent dans deux beaux re1iquaires, placés sous le Maître-Autel de l'église paroissiale romaine de Henin-Liétard (Nord).

Provenance de la Relique de Sainte Grimonie qui est conservée à l’église de Saint Martin de Laon, et de celle qui est honorée à la Capelle.

Ces deux portions de Reliques ont une même origine. Dans la distribution des Saintes Reliques de Sainte Grimonie et de Sainte Preuve, que fit en 1748 le R. P. Desjardins, abbé du Monastère de Hénin-Liétard, il en offrit une portion à l'évêque romain d'Arras. Or, en 1749, ledit Seigneur évêque était en même temps abbé commandataire de l'abbaye de St Vincent de Laon. Sur les instances des religieux, le prélat consentit à leur faire présent d'un Tibia de Sainte Preuve et d'un Peroné de Sainte Grimonie.
En 1755, les moines à leur tour consentirent à se dessaisir d'une partie de ce Péroné, en faveur de la Capelle. La portion du Péroné de Sainte Grimonie qu'avaient gardée les moines de St Vincent appartient aujourd'hui 1867, à St Martin de Laon. Cette Sainte Relique est enveloppée dans un parchemin double qui n'est autre que l'authentique donné par Mgr de Rochechouart, évêque romain de Laon de 1741 à 1777. La pièce est datée de 1750
L'autre portion du Péroné donnée en 1755 à la Capelle, a été en 1793 sauvée de la profanation révolutionnaire, puis reconnue et vérifiée en 1804 par M. Roger curé-doyen de la Capelle, et depuis par Mgr. Leblanc de Beaulieu. Le pèlerinage de la Capelle est assez fréquenté. On invoque Sainte Grimonie pour la vue. La fontaine de la Sainte existe encore, et la chapelle qui la recouvre en partie a été reconstruite en 1854.

Soissons, le 18 janvier 1867. Henri CONGNET, Doyen du chapître.
Tiré de “Vies des Saints » Les Petits Bollandistes, 6e édition, tome 9,
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