Les croyants sont très imprégnés des valeurs familiales

Publié le par Père Jean-Pierre

Les croyants sont très imprégnés des valeurs familiales


Une étude conjointe de l’Ined et de l’Insee examine les conséquences de la pratique religieuse sur la vie familiale

L
es parcours de la vie conjugale et familiale restent encore très largement liés à la pratique religieuse des Français. C’est ce que confirme une nouvelle enquête réalisée par les deux instituts natio­naux, l’Ined et l’Insee, rendue publi­que aujourd’hui. Les plus religieux d’entre eux se marient davantage et ont plus d’enfants que la moyenne des Français.
Ainsi, chez les 45-49 ans, seuls 6 % des hommes et 7 % des femmes les plus pratiquants ne se sont jamais mariés, alors que c’est le cas d’un cinquième (20 %) des personnes les plus éloignées de la religion. La sta­bilité du couple est aussi fortement influencée par l’identité religieuse. Dans la même tranche d’âge, seul un homme sur six et une femme sur dix, chez les plus pratiquants, a connu une deuxième union, contre un homme sur trois et une femme sur quatre chez les «sans religion».

« L’attachement à une religion induit que l’on fait plus d’efforts pour tenir la vie de couple et surmonter les dif­ficultés»,
commente France Prioux, l’une des deux démographes qui ont analysé les résultats. Concernant la fécondité, l’écart s’est creusé depuis les années 1950. Les femmes les plus pratiquantes ont en moyenne près de 2,8 enfants, soit environ 0,8 enfant de plus que les « sans religion ». Une différence deux fois plus importante qu’il y a un demi-siècle.
La seule pratique qui tend à s’uni­formiser est le concubinage prénup­
tial. Aujourd’hui, neuf couples mariés sur dix ont vécu ensemble avant de s’unir, contre un couple sur dix il y a quarante ans. Cette étape concerne désormais six couples sur dix chez les plus pratiquants, toutes confessions confondues, et plus de sept couples sur dix chez les seuls catholiques pratiquants.
La mesure de cet écart entre les catholiques et ceux qui pratiquent une autre religion n’est pas anecdo­tique et révèle l’autre intérêt de cette nouvelle étude. Pour la première fois en France, les enquêteurs ont pu poser directement aux person­nes interrogées la question de leur appartenance religieuse et de leur pratique. « Comme il s’agit d’une en­quête internationale, il était essentiel que les questions soient posées dans les mêmes termes, dans chaque pays », ex­plique France Prioux. L’Insee et l’Ined ont ainsi obtenu une autorisation exceptionnelle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Chaque personne restait cependant libre de ne pas répondre à la question.
Sur un peu plus de 10 000 personnes interrogées, une très faible minorité (7,6 %) a refusé de répondre ou de signer le formulaire.
«Cela prouve que ce sujet de la religion est fausse­ment considéré comme une question sensible», regrette France Prioux. Sans apporter de révélation specta­culaire sur la pratique religieuse, la nouvelle étude permet d’en affiner la mesure. Si la religion catholique reste dominante (88 % parmi les 18­24 ans déclarant une appartenance religieuse), les personnes se décla­rant pratiquantes sont de moins en moins nombreuses : près de 80 % des hommes et de 70 % des femmes ca­tholiques déclarent ne jamais partici­per « à un service religieux » en dehors des mariages, baptêmes ou enterre­ments; 4 % des hommes et 8 % des femmes participent à plus de deux «services religieux» par mois. Par ailleurs, 2 % des 65-79 ans et 7 % des 18-24 ans se déclarent musulmans.
BERNARD GORCE

SUR

Retrouvez l’étude de l’Insee dans la Navette.




Les femmes les plus pratiquantes ont en moyenne près de 2,8 enfants, soit environ 0,8 enfant de plus que les « sans religion ».

 

 
 
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