Le 11Juillet nous célébrons Stes Euphémie et Olga

Publié le par Père Jean-Pierre

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Le 11 juillet, nous célébrons la mémoire de la Sainte et grande Martyre EUPHÉMIE, qui a confirmé la confession de foi des 630 Pères Théophores réunis à Chalcédoine pour le Quatrième Concile OEcuménique(1).

Lors du IVe saint Concile OEcuménique, réuni par les pieux empereurs Marcien et Pulchérie(2) à Chalcédoine, dans la vaste basilique de Sainte Euphémie (3), les 630 Pères entreprirent de réfuter les opinions hérétiques de l'Archimandrite Eutychès, soutenu par l'Archevêque d'Alexandrie Dioscore. Afin de trancher leur différent par une décision venant de Dieu, le Patriarche Saint Anatole (4) suggéra que les deux partis rédigent un tome contenant leur profession de foi respective, et que les deux documents soient déposés dans la châsse de Sainte Euphémie. Les deux livres, dans lesquels étaient écrites les définitions de la foi concernant la Personne du Christ, furent donc placés sur la poitrine de la Sainte et, après avoir scellé la châsse, les Pères se mirent en prière. Au bout de huit jours, tous se rendirent au martyrium et, ouvrant la châsse, ils découvrirent avec émerveillement que la Sainte étreignait dans ses bras le tome orthodoxe, comme si elle voulait le faire entrer dans son coeur, tandis que le tome des hérétiques gisait à ses piedS(5 ). Devant cette démonstration éclatante de la vérité, les Orthodoxes rendirent grâces à Dieu et les hérétiques, hués par la foule des fidèles, furent couverts de honte.

On rapporte par ailleurs bien d'autres miracles accomplis par les Reliques de Sainte Euphémie. Lors d'une invasion perse, les barbares, ayant envahi Chalcédoine, essayèrent de détruire par le feu les précieuses Reliques. Mais elles restèrent intactes et du sang frais coula par un des trous qu'ils avaient faits dans la châsse. Par la suite ce miracle se renouvelait de temps en temps, procurant de nombreuses guérisons aux fidèles qui venaient recueillir le sang de Sainte Euphémie. Mais, plus fréquemment, son tombeau exhalait un suave parfum, en témoignage de la faveur acquise par la Sainte auprès de Dieu.

Pour protéger ces précieuses Reliques de toute nouvelle profanation, on les transféra à Constantinople, où elles furent déposées dans l'église de Sainte-Euphémie, près de l'Hippodrome. Jetées à la mer au temps de la persécution de Constantin Copronyme, tandis que l'église était transformée en magasin d'armement, elles échouèrent sur le littoral de Lemnos et furent recueillies par deux pêcheurs. Retrouvées sous le règne de l'impératrice Irène, on les transféra solennellement dans la capitale (796), où elles continuèrent d'accomplir des miracles. Après avoir subi bien d'autres vicissitudes, elles sont aujourd'hui vénérées dans l'église du Patriarcat OEcuménique, au Phanar.

1). Cf. le résumé de sa Passion, le jour de sa mémoire principale, 16 sept.
2). Cf. notice du IVe Concile, au 13 juil., et celles des Sts Marcien et Pulchérie (17 fév.), et de St Anatole (3 juil.).
3). Cette basilique avait été édifiée au-dessus du tombeau de la Sainte, à environ un mille de la ville. Son corps était déposé dans une châsse en argent, à l'intérieur d'un bâtiment situé sur le côté nord-est de la basilique, où l'on ne célébrait des offices que certains jours.
4). Seules quelques versions attribuent l'initiative à St Anatole.
5). Dans une version plus ancienne du miracle, on rapporte que lorsque les Pères déposèrent les deux documents dans la châsse, la Sainte étendit la main, comme si elle était vivante, prit le tome orthodoxe, le baisa, puis le rendit aux Pères. Dans une lettre adressée au Pape Saint Léon Ier, les Pères du Conciles écrivaient: "(La Sainte Martyr Euphémie) recevant de nous la définition dogmatique, la présenta à son Epoux par l'intermédiaire de l'empereur et de l'impératrice, comme sa propre confession de foi, et elle confirma de la main et de la langue le décret signé par tous".

Le 11 juillet, mémoire de la bienheureuse OLGA, princesse de Russie, nommée Hélène au Saint Baptême.

Issue d'une noble famille du pays de Pskov, à linitiative de laquelle les Varègues étaient venus en Russie, la princesse Olga avait été dotée par Dieu d'une rare beauté et d'une brillante intelligence. Un jour, alors qu'elle traversait le fleuve Pskov, elle rencontra le jeune prince Igor qui aussitôt s'éprit d'elle. Peu après, le tuteur de ce dernier, le prince Oleg, vint chercher la princesse et l'emmena à Kiev pour la lui donner en mariage. En 945, le grand-prince Igor fut assassiné par les Slaves de Volhynie, et la régence de la principauté de Kiev revint à Olga, jusqu'à la maturité de son fils Sviatoslav (945-960). Gouvernant avec sagesse et miséricorde, en sachant cependant faire preuve d'un caractère énergique, la princesse réussit à centraliser le pouvoir, jusque-là diffus, et put ainsi mettre fin aux invasions meurtrières des tribus slaves. Elle organisa le commerce et favorisa les échanges avec Byzance, dans le but de procurer à son peuple les germes de la civilisation. Vers 955, elle entreprit un voyage à Constantinople, où elle fut accueillie avec faste par l'empereur Constantin VII Porphyrogénète, qui la plaça parmi les plus hautes dames de sa cour (957), et où elle reçut, semble-t-il, le Baptême par le Patriarche Polyeucte, sous le nom d'Hélène(1).

A son retour en Russie, elle parcourut le pays en y prêchant le Christ et fonda la ville de Pskov, à la suite d'une apparition d'un triple rayon de lumière qui descendait du ciel. En l'absence de son fils Sviatoslav, qui participait à des campagnes militaires, Sainte Olga se chargea de l'éducation des ses trois fils: Iaropolk, Oleg et Vladimir; mais elle ne parvint pas à les faire baptiser à cause de l'opposition de leur père qui restait un païen convaincu. En 969, elle tomba malade et tenta une dernière fois de convertir le grand-prince, mais elle se heurta à son refus obstiné. La Sainte prédit alors la prochaine conversion de la Russie au Christianisme, ainsi que la triste fin de son fils, qui fut assassiné trois ans après par les Petchénègues. Elle remit son âme à Dieu le 11 juillet 969. Ses Reliques, transférées à Kiev par Saint Vladimir, furent cachées lors des fréquents pillages de la ville, et lon ignore où elles se trouvent.

Malgré les efforts de la princesse égale-aux-Apôtres, sa conversion n'eut pas de répercussion immédiate dans son peuple, elle prépara néanmoins celle de son petit-fils, Saint Vladimir (cf. 15 juil.), et servit de ferment à l'éclosion de la vie chrétienne en Russie, "comme l'aurore qui précède le jour radieux" (2).

1). D'après le témoignage de la Première Chronique russe. Mais Constantin Porphyrogénète, qui décrit la réception de la princesse russe dans son Livre des cérémonies (PG 112, 1108-1112), ne mentionne pas son baptême. C'est ce qui a fait supposer à certains historiens qu'elle avait été plutôt baptisée à Kiev un peu avant son voyage. Cette question du lieu de son Baptême reste controversée.
2). Première Chronique, année 6477. L'envoi d'une mission auprès du roi de Germanie Otton ler (vers 959) n'avait probablement pas pour but la création d'une Église sous juridiction latine à Kiev, mais plutôt le développement de relations diplomatiques entre Francs et Russes. Otton, qui désirait faire de Magdebourg l'archevêché latin des Eglises slaves, profita cependant de l'occasion et envoya Aldebert comme Evêque. Mais cette mission latine échoua lamentablement (962).

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Publié dans synaxaire

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