Staretz Jean de Valaam (III)
©Valaam Monastery
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Il est bon que tu ressentes le besoin de prier quand tu travailles au bureau, ou en vaquant aux tâches domestiques.
Si tu tombes, relève-toi. Si tu tombes à nouveau, relève toi encore et ainsi de suite jusqu’à l’heure de la mort. Gloire à ta Miséricorde, ô Dieu. Grande est ta Bonté car Tu nous as donné la repentance et Tu es venu sur terre non pour les justes, mais pour les pécheurs.
(À propos d’une de ses correspondantes ayant reçu le don de la prière perpétuelle). Maintenant, mon enfant, suivons tous deux l’exemple de cette femme et récitons cette courte prière avec plus de ferveur. Aide-nous, ô Seigneur. Le temps est venu, commence. Sans la prière, la vie n’est que soupir mais quand la prière devient une habitude, elle réjouit le cœur et lui donne la paix, état béni. Quelquefois même ici-bas sur cette terre, ceux qui prient ont un avant-goût de la félicité à venir.
La condamnation des autres est un grand péché. Ceux qui condamnent les autres usurpent les prérogatives de Dieu et le Seigneur les laisse tomber dans les mêmes péchés. L’origine du jugement des autres vient de ce que l’on ne s’observe pas attentivement : regarde bien ton cœur et tu verras combien de choses y sont pourries.
En ce qui concerne ce qui te trouble, les saints pères disaient : tout ce qui est lié au trouble vient des démons. Vénère la Croix, l’icône de la Mère de Dieu et cela suffira. Sois en paix.
Durant la confession, n’essaie pas de pleurer, dis ce que tu as sur la conscience,rien de plus.
L’orgueil est la pire chose car c’est par orgueil que le malin a changé sa lumière en ténèbres. L’orgueil est l’invention du Malin.
Il n’est pas en notre pouvoir de conserver l’état vertueux, c’est affaire de grâce et la grâce ne vient que par l’humilité.
Quand nous sommes sujets aux passions, je veux dire celles de l’âme, la suffisance,la vanité, la colère, la malice et l’orgueil démoniaque, sous l’influence de ces passions, nous pensons que tous les autres sont blâmables et mauvais. Cependant, il ne nous a pas été demandé que les autres aient de l’amour et soient justes avec nous, mais que nous-mêmes remplissions les commandements de l’amour et de la justice.
Il est mauvais que tu ne saches pas être silencieux. Saint Arsène le Grand serepentait toujours d’avoir trop parlé, jamais d’avoir gardé le silence.
Nous devons bien sûr accomplir les rites établis par les saints pères car ils éduquent notre âme dans la piété, mais nous devons aussi prêter une grande attention aux commandements de l’évangile.
Celui qui condamne est toujours dans l’erreur et juge faussement car nous ne savons pas la cause d’un péché et nous jugeons selon notre propre tempérament. On tire des conclusions sur les autres d’après nos propres inclinations car quelqu’un qui louche voit tout par ses yeux qui louchent et non suivant la réalité. Saint Dorothée l’a très bien expliqué. Si un homme est debout au coin d’un bâtiment et que trois hommes passent près de lui, chacun aura une opinion différente de lui. Un religieux pensera qu’il va à l’église et attend que sonnent les cloches. Un voleur pensera : quand il fera plus sombre, il ira voler et un fornicateur pensera : il attend certainement une femme pour pécher.
Ne recherche pas la chaleur du cœur, cela vient sans être recherché et sans que l'on s'y attende. Dans la prière, notre rôle est de nous effacer, mais le succès dépend de la grâce; ne recherche rien de plus et ne t'exalte pas. Dans la vie spirituelle, il n'y a pas de place pour des sauts brusques, ce qui est demandé , c'est la patience.
Saint Jean Climaque dit : ouvre l'âme du débutant et tu trouveras l'erreur.
˝Il veut avoir la prière incessante, la mémoire constante de la mort et la libération parfaite de la colère, mais seuls les parfaits connaissent un tel état.
Aie l'humilité, n'aie pas confiance en toi jusqu”à la mort, ne condamne jamais les autres pour quoi que ce soit.
Le Seigneur accorde à l'homme le sentiment de la grâce seulement si son cœur est purifié des passions.
On devrait se convaincre que si l'on ne meurt pas aujourd'hui, on mourra demain et l'on sera face à la vie éternelle et au temps immobile. Seigneur, aie pitié de nous!
Le Patéricon rapporte qu'un disciple disait à un staretz : un tel voit des anges. Le staretz répondit : cela ne m'étonne pas qu'il voie des anges,mais j'émerveillerais plutôt si quelqu'un voyait ses propres péchés.
Essaie de prier avec attention. Ne vaut-il pas mieux abréger (ta règie de prière) que de la terminer dans l’agitation et d’être esclave de ta règle ? Ceci n’est pas de moi, mais de saint Isaac le Syrien.
Entraîne-toi aussi à penser à la mort et prie Dieu qu’Il te donne le souvenir de la mort.
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Il est bon quelquefois de se remémorer ses péchés passés car cela donne naissance à l’humilité, mais quand le souvenir des péchés passés conduit au désespoir, il est clair que l’ennemi essaie de troubler l’âme. Ne l’écoute pas, calme-toi, ne sois pas anéanti, déprimé, essaie de chasser de telles pensées par la prière.
Tu m’écris que spirituellement tu ne vas pas bien, que quelque chose manque,probablement la foi et l’amour du Seigneur. L’ennemi te trouble, mon enfant. Ne l’écoute pas. Tu as la foi et tu aimes Dieu. Ta crainte est vaine parce qu’elle vient de l’amour-propre. Vis comme tu le fais ; ne réfléchis pas trop. Après tout tu t’observes et tu désires progresser et ce désir est la moitié du salut. Que veux-tu de plus ?
Si une âme pécheresse tombe en enfer, la sainte Église prie pour cette âme et le Seigneur la libère des chaînes de l’enfer. Moi qui suis pécheur, je crois en la prière de l’Église.
Ne sois pas surpris qu’il y ait en toi des passions : elles sont là pour nous rappeler que nous ne sommes que des êtres humains et pour nous enseigner l’humilité.
Répète chaque jour la prière à la Mère de Dieu (Vierge Marie ô Mère de Dieu, Réjouis-toi,pleine de grâce) douze fois et trente-sept fois la prière de Jésus.
Les saints pères comparent l’obéissance au martyre.
Il est triste d’entendre que des prêtres enseignent à leurs enfants spirituels de se faire des images mentales du Sauveur, de la Mère de Dieu et des saints quand ils prient. Cette manière de prier est incorrecte et même dangereuse. Je vais te dire brièvement comment prier d’après les saints pères. L’intellect devrait être enfermé dans les paroles de la prière et l’attention portée sur la partie supérieure de la poitrine, car l’attention est l’âme de la prière. L’attention ne doit pas être « pressée » sur le cœur. Si l’attention se porte sur la poitrine, le cœur s’y joindra par « sympathie ». Quand un sentiment de tendresse et une sensation de chaleur apparaissent, ne crois pas avoir reçu quelque chose de grand. C’est le résultat naturel de la concentration et non une illusion du malin. Le Seigneur par Sa Grâce, donne la consolation à celui qui prie.
Les saints pères disent que même chez les saints, des défaillances de la nature humaine subsistent, ceci pour qu’ils gardent l’humilité.
Être au Thabor avec le Sauveur est une chose très joyeuse, mais quand il s’agit d’être au Golgotha, sois patient.
Cela ne sert à rien de se contenter de lire et de demander comment être sauvé. Il faut s’exercer, travailler, purifier notre cœur des passions. Tu sais maintenant ce qu’est la vie spirituelle. Le temps est venu, commence le combat.Que le Seigneur soit ton Maître et ne m’oublie pas dans tes saintes prières.
Même s’il est difficile pour toi de développer ta vie spirituelle dans le monde, sache que le Seigneur aide ceux qui essaient de le faire.
Le Seigneur nous garde dans la vertu, non pas en réponse à nos efforts, mais en réponse à notre humilité. Là où il y a eu une chute, elle fut précédée par l’orgueil, dit saint Jean Climaque.
Les saints pères, par leur propre expérience, ont étudié en détail les subtilités de la nature humaine et ils nous consolent, nous offrant des écrits détaillés sur la manière de combattre le péché.
Lis chaque jour un chapitre de l’évangile et des épîtres.
Dans le choix d’une voie spirituelle, on doit être guidé par la sainte Écriture et non par l’instinct.
Un certain staretz a dit : si l’âme n’a que des paroles et aucune action, elle est comme un arbre qui fleurit sans porter de fruits. Les fleurs ne font qu’attirer l’œil et quand on les quitte on les oublie, mais le fruit de l’arbre satisfait la faim de l’homme et lui donne la force de vivre sa vie.
Tu écris que quelquefois, pendant la prière tu es très perturbé par des penséesblasphématoires. Elles sont si viles que tu as honte de regarder les icônes ou de parler au prêtre. Ne sois pas embarrassé. De telles pensées ne sont pas nôtres mais viennent de l’ennemi du genre humain, le démon. N’y prête pas attention et essaie de tourner tes pensées vers quelque chose d’extérieur.
Il y a des gens, qui par ignorance du sens de l’Écriture, se sont attachés à l’enseignement déplacé selon lequel certains sont prédestinés au salut et d’autres à la destruction…Comme si notre Seigneur, dans sa Grâce et son Amour de l’homme voulait que quiconque périsse.
Les démons de la vaine gloire sont les prophètes de nos rêves.
Ta santé n’est pas très bonne, ne sois pas désespéré : soumets-toi à la Volonté de Dieu. Nous mourrons tous demain, si ce n’est aujourd’hui déjà.
Voici ce que j’ai observé, c’est une très grande faute et une faiblesse que d’être anxieux de prolonger notre vie. De toutes façons, la vie et la mort sont entre les Mains de Dieu et le Seigneur a dit : cherchez d’abord le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît.
Les afflictions ont deux vertus : la première est de développer notre zèle envers Dieu et de faire naître en nous une gratitude qui vienne du fond du cœur. La seconde est de nous délivrer des vains soucis et des choses secondaires.
Saints pères, priez Dieu pour nous pécheurs et ouvrez nos esprits étroits afin que nous comprenions vos écrits.
Tu écris que tu n’as pas encore commencé (ta vie spirituelle), ce sentiment est bon car il conduit à l’humilité.
Plus l’homme s’approche de Dieu, plus il voit ses fautes et son état pécheur.
Le Seigneur connaît notre faiblesse et Il nous a accordé le repentir quotidien, jusques au jour de notre mort.
Le souvenir de la mort est un don de Dieu. Il est dit : souviens-toi de ta fin et tu ne pécheras plus.