Ascension de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ

Publié le par Père Jean-Pierre

Jeudi 5 juin 2008

40 jours après la
Résurrection du Christ

TROPAIRE
KONDAKION
ÉVANGILE DES MATINES
À LA LITURGIE DE LA FÊTE :
   
ANTIENNES
    ENTRÉE ET PROKIMENON
    ÉPÎTRE ET ALLÉLUIA
    ÉVANGILE
    MÉGALINAIRE ET COMMUNION
MÉDITATION SUR LA FÊTE
    NOTES

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TROPAIRE
(Ton 4)

Dans la gloire tu t’élèves, ô Christ notre Dieu, comblant tes disciples de joie par la promesse du Saint Esprit, leur donnant force et de tes mains les bénissant, car tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

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KONDAKION
(Ton 6)

Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut, après avoir uni les cieux et la terre et les hommes avec Dieu, dans la gloire, ô Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel sans pour autant nous délaisser, mais restant toujours parmi nous et disant à ceux qui conservent ton amour : Je suis toujours avec vous et personne à jamais ne peut rien contre vous.

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ÉVANGILE DES MATINES
(Mc 16, 9-20)

 

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À LA LITURGIE DE LA FÊTE :

ANTIENNES

PREMIÈRE ANTIENNE

Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu en éclats de joie

Refrain : Par les prières de la Mère de Dieu,
ô Sauveur, sauve-nous.

Car le Sauveur est très-haut, redoutable, grand roi sur toute la terre. (Refrain)

Il nous soumet les nations, il met les peuples sous nos pieds. (Refrain)

Gloire au Père... Maintenant... (Refrain)

DEUXIÈME ANTIENNE

Grand est le Seigneur et louable hautement, dans la cité de notre Dieu, sur sa sainte montagne.

Refrain : Sauve-nous, ô Fils de Dieu,
monté aux cieux dans la gloire,
nous qui te chantons, alléluia.

Le mont Sion, côté de l'Aquilon, cité du grand Roi. (Refrain)

Dieu, du milieu de ses remparts, s'est révélé son protecteur. (Refrain)

Gloire au Père... Maintenant...

Fils unique et Verbe de Dieu...

TROISIÈME ANTIENNE

Écoutez ceci, tous les peuples, prêtez l'oreille, tous les habitants de l'univers.

Refrain : Dans la gloire tu t’élèves, ô Christ notre Dieu, comblant tes disciples de joie par la promesse du Saint Esprit, leur donnant force et de tes mains les bénissant, car tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde. (Le Tropaire)

Gens de la terre, fils des hommes, riches et pauvres, tous ensemble. (Refrain)

Ma bouche dira la sagesse et le murmure de mon coeur, l'intelligence. (Refrain)

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ENTRÉE ET PROKIMENON

CHANT D'ENTRÉE

Dieu se lève au milieu des acclamations,
le Seigneur est monté aux éclats du cor.

Sauve-nous, ô Fils de Dieu,
monté aux cieux dans la gloire,
nous qui te chantons, alléluia.

PROKIMENON

Le Seigneur s'est élevé au-dessus des cieux, et sa gloire s'étend sur toute la terre.

Verset : Mon coeur est prêt, ô Dieu, mon coeur est prêt, je veux chanter pour toi.

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ÉPÎTRE ET ALLÉLUIA

ÉPÎTRE (Ac 1, 1-12)

J'ai consacré mon premier livre, ô Théophile, à tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le commencement jusqu'au jour où, après avoir donné ses instructions aux apôtres qu'il avait choisis sous l'action de l'Esprit Saint, il fut enlevé au ciel.C'est encore à eux qu'avec de nombreuses preuves il s'était présenté vivant après sa passion ; pendant quarante jours, il leur était apparu et les avait entretenus du Royaume de Dieu. Alors, au cours d'un repas qu'il partageait avec eux, il leur enjoignit de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis, " ce que, dit-il, vous avez entendu de ma bouche : Jean, lui, a baptisé avec de l'eau, mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés sous peu de jours. " Étant donc réunis, ils l'interrogeaient ainsi : " Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? " Il leur répondit : " Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. " A ces mots, sous leurs regards, il s'éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils étaient là, les yeux fixés au ciel pendant qu'il s'en allait, voici que deux hommes vêtus de blanc se trouvèrent à leurs côtés ; ils leur dirent : " Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus, viendra comme cela, de la même manière dont vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. " Alors, du mont des Oliviers, ils s'en retournèrent à Jérusalem ; la distance n'est pas grande : celle d'un chemin de sabbat.

ALLÉLUIA

Dieu se lève au milieu des acclamations,
le Seigneur est monté aux éclats du cor.

Verset : Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu en éclats de joie.

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ÉVANGILE
(Lc 24, 36-53)

En ce temps-là, Jésus, étant ressuscité des morts, se tint au milieu de ses disciples et leur dit : " Paix à vous ! " Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. " Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds. Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ? Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. " Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures, et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour, et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. De cela vous êtes témoins. " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. " Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu.

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MÉGALINAIRE ET COMMUNION

MÉGALINAIRE

Magnifie, ô mon âme, celui qui monta corporellement dans sa divine gloire, de la terre jusqu'au ciel, le Christ notre Source de vie.

Dépassant notre esprit et notre entendement, tu mis au monde et dans le temps le Seigneur intemporel : Mère de Dieu, d'une même voix et d'un seul coeur, nous les fidèles, nous te magnifions.

CHANT DE COMMUNION

Dieu monte parmi l'acclamation, le Seigneur aux éclats du cor.Alléluia.

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MÉDITATION SUR LA FÊTE
AVEC LE PÈRE LEV GILLET

Le mercredi qui suit le cinquième dimanche après Pâques est le jour où, selon la terminologie liturgique, nous " prenons congé " de la fête de Pâques. Nous commémorons le dernier jour de la présence physique du Christ ressuscité parmi ses disciples ; et pour honorer cette présence, pour honorer encore une fois la Résurrection, l’Église, en ce mercredi, répète intégralement l’office du dimanche pascal. Et maintenant nous touchons au quarantième jour après Pâques, au jeudi où l’Église célèbre la fête de l’Ascension [40].

Trois leçons de l’Ancien Testament sont lues aux vêpres de l’Ascension, le mercredi soir. La première leçon (Is 2, 2-3) nous parle d’une montagne : " Il adviendra dans l’avenir que le mont du Temple du Seigneur sera établi au sommet des montagnes… Toutes les nations y afflueront… Venez, montons à la montagne du Seigneur ". C’est une allusion au Mont des Oliviers, d’où Jésus s’éleva vers son père. La deuxième leçon (Is 62, 10 – 63, 3, 7-9) a été choisie à cause des paroles suivantes : " Franchissez, franchissez les portes ! Frayez un chemin au peuple… Dans son amour et sa pitié, lui-même les racheta ; il se chargea d’eux, les porta… ". Jésus montant aux cieux ouvre les portes à son peuple, lui prépare la route, le porte et l'élève avec lui. La troisième leçon (Za 14, 1, 4, 8-11) est encore une allusion au mont qui fut la scène du triomphe final de Jésus : " Voici qu’un jour vient pour le Seigneur… Ses pieds, en ce jour se poseront sur la montagne des oliviers, qui fait face à Jérusalem du côté de l’Orient… En ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem… ".

Les matines de l’Ascension sont déjà, dans leurs chants, pleines d’allusions à l’Esprit consolateur que Jésus va envoyer. L’Ascension prélude à la Pentecôte.

À la liturgie, nous lisons le début du livre des Actes (1, 1-12). Jésus, après un dernier entretien avec ses apôtres, s’élève et disparaît dans un nuage [41]. L’évangile de la liturgie (Lc 24, 36-53) reprend le récit des événements depuis la première apparition de Jésus ressuscité à l’assemblée des disciples [42] et continue ce récit jusqu’à l’ascension proprement dite.

Il est rare, si l’on a sincèrement vécu la joie du temps pascal, que l’on n’éprouve pas un certain serrement de cœur lorsqu’arrive le jour de l’Ascension. Nous savons bien que c’est une des très grandes fêtes chrétiennes ; et, malgré nous, il nous semble que c’est là un départ, une séparation, et qu’ensuite Notre-Seigneur n’est plus présent tout-à-fait de la même manière. Les disciples n’ont pas réagi ainsi. Ils auraient pu être accablés de tristesse. Au contraire " ils revinrent à Jérusalem en grande joie (Lc 24,52) ". Essayons d’entrer, nous aussi, dans cette joie de l’Ascension. Pourquoi l’Ascension apporte-t-elle de la joie aux Chrétiens ?

Tout d’abord parce que la gloire de Notre-Seigneur doit nous être chère. Or l’Ascension couronne sa mission terrestre. Il a accompli sur terre toute la mission qu’il avait reçue du Père. C’est vers le Père qu’il tend de son être. Maintenant il va recevoir du Père l’accueil que mérite sa victoire sur le péché et la mort, – victoire si douloureusement acquise. Maintenant il va être glorifié dans le ciel. La gloire et les désirs de Notre-Seigneur doivent être plus importants pour nous que les " consolations sensibles " que nous pouvons recevoir de sa présence. Sachons aimer assez Notre-Seigneur pour nous réjouir de sa propre joie.

Puis l’Ascension marque l’acceptation par Dieu de toute l’œuvre réparatrice du Fils. La Résurrection avait été le premier signe éclatant de cette acceptation. La Pentecôte en sera le deuxième signe. La nuée qui aujourd’hui enveloppe Jésus et monte avec lui vers le ciel représente la fumée de l’holocauste s’élevant de l’autel vers Dieu. Le sacrifice est accepté. La victime est admise auprès du Père. Elle y continuera son oblation d’une manière éternelle et céleste. L’œuvre de notre salut est accomplie et bénie.

Jésus ne revient pas isolé vers son Père. C’est le Logos incorporel qui était descendu parmi les hommes. Mais aujourd’hui c’est la Parole faite chair, à la fois vrai Dieu et vrai homme, qui entre dans le royaume des cieux. Jésus y introduit la nature humaine dont il s’est revêtu. Il ouvre les portes du royaume à l’humanité. Nous prenons, en quelque sorte par procuration, possession des biens qui nous sont offerts et possibles. " [Dieu] nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux dans le Christ Jésus (Ép 2,6) ". Des places nous sont destinées dans le royaume si nous sommes fidèles. Notre présence y est désirée et attendue.

L’Ascension nous rend plus présente, plus actuelle, la pensée du ciel [45]. Pensons-nous assez à notre demeure permanente ? Pour la plupart des chrétiens la vie dans le ciel n’est qu’un supplément – qu’ils se représentent très mal – de la vie terrestre. La vie dans le ciel serait en quelque sorte le post-scriptum, l’appendice d’un livre dont la vie terrestre serait le texte même. Mais c’est le contraire qui est vrai. Notre vie terrestre n’est que la préface du livre. La vie dans le ciel en sera le texte, et ce texte n’aura pas de fin. Pour employer une autre image, notre vie terrestre n’est qu’un tunnel, étroit et obscur – et très court – qui débouche dans un paysage magnifique et ensoleillé. Nous pensons trop à ce qu’est maintenant notre vie. Nous ne pensons pas assez à ce qu’elle sera. " Nulle oreille n’a entendu, nul œil n’a vu… ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment (Is 64,3) ". Aux matines de cette fête, nous avons chanté : " Nous qui vivons dans ce monde, fêtons comme les anges… ". C’est-à-dire : pensons davantage aux anges, essayons d’entrer dans leurs sentiments, éprouvons quelque chose de ce qu’eux-mêmes éprouvèrent, lorsque le Fils revint près du Père ; transportons-nous d’avance auprès de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints glorifiés, qui seront nos vrais concitoyens : " Pour nous notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons Jésus-Christ… (Ph 3, 20) ". Notre vie serait transformée si, dès maintenant, nous jetions nos cœurs de l’autre côté de la barrière, au-delà de ce monde, dans le royaume où se trouve non seulement notre vrai bien, mais le vrai bien de ceux que nous aimons.

Les disciples, après avoir été séparés de Jésus, demeuraient pleins d’espoir, parce qu’ils savaient que l’Esprit allait leur être donné. " Il leur enjoignit de ne pas quitter Jérusalem mais d’y attendre ce que le Père avait promis (Ac 1, 4) ". La nuée recouvre Jésus, mais cette nuée se colore déjà du feu de la Pentecôte. Jésus, en partant, nous fixe dans une attitude, non de regret, mais d’attente joyeuse et confiante.

Le départ de Jésus a été, un acte de bénédiction et un acte d’adoration, l’un correspondant à l’autre : " Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel… Pour eux s’étant prosternés devant lui, ils revinrent à Jérusalem en grande joie (Lc 24,51) ". Telle devrait être pour nous la fête de l’Ascension. Si Jésus s’éloigne sur un geste de bénédiction, et si nous adorons Jésus s’éloignant (nous parlons selon les apparences), nous nous relèverons pleins d’une force nouvelle – provenant de cette adoration, de cette bénédiction – et nous rentrerons, comme les apôtres, " en grande joie ".

NOTES

[40] Cette fête était célébrée dans toute l’Église dès le début de Ve siècle. À cette époque, les chrétiens de Jérusalem allaient célébrer l’Ascension à Bethléem, dans l’église construite au-dessus du site traditionnel de la grotte. Il y avait dans cette coutume le désir de rapprocher le dernier jour de la vie terrestre de Jésus de son premier jour.

[41] La présence du nuage indique bien le caractère symbolique de ce qu’on pourrait appeler l’aspect physique de l’Ascension. La nuée qui enveloppait le tabernacle et qui guidait Israël dans le désert constituait le signe visible de la présence divine. La disparition de Jésus dans un nuage n’est pas une imagerie grossière. Elle signifie que la fin de la vie terrestre de Notre-Seigneur a été l’absorption de son Corps glorifié dans le sein de Dieu.

[42] Remarquons la simplicité du retour de Notre-Seigneur parmi ses disciples. Jésus ne commence pas par leur adresser des reproches ou de sublimes enseignements. Il leur souhaite la paix et leur demande aussitôt s’ils ont quelque chose à manger. Les disciples lui offrent du poisson frit et du miel. Il mange devant eux. C’est seulement ensuite que Jésus enseigne. De même, lorsque, d’une manière quelconque, nous nous sommes séparés du Sauveur, ne soyons pas anxieux au sujet de la manière dont nous rétablirons le lien : appelons simplement Jésus à nous ; donnons-lui notre poisson et notre miel, c’est-à-dire : installons-le aussitôt au centre de notre vie et de nos préoccupations quotidiennes. Reprenons la vie avec lui au point où elle a été interrompue. Il dira et fera le reste.

[43] Luc 24, 52

[44] Ep 2, 6

[45] Qu’est-ce au juste que le ciel ? Il n’y aurait rien de théologiquement impossible à ce que le ciel soit un " lieu ", transcendant notre espace empirique. Mais, en tout cas, le ciel est un état : un état de bonheur parfait. Ce bonheur consiste premièrement et essentiellement dans la vision de Dieu – la " vision béatifique " – et l’union intime avec les Personnes et la vie d’amour de la Sainte Trinité. La participation à la vie divine, source de toutes les perfections et de tous les bonheurs, est un océan de joie infinie. Secondairement nous trouverons en Dieu et auprès de Lui toutes les personnes et les choses dont il est le principe. Voilà ce que nous pouvons dire avec certitude du ciel – qui demeure un mystère. Plus simplement, pensons à ce que peut être la vision constante de Notre-Seigneur, la vie auprès de lui, une vie pénétrée par la sienne et à jamais fixée dans la sienne.

[46] Is 64, 3.

[47] Ph 3, 20.

[48] Ac 1, 4.

[49] Lc 24, 51.

Extrait du livre L'An de grâce du Seigneursigné « Un moine de l'Église d'Orient »,
Éditions AN-NOUR (Liban) ;
Éditions du Cerf, 1988.
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Ascension de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ

Liturgie : Epître : Ac 1, 1-12 ; Evangile : Lc 24, 36-53

Seigneur, lorsque tes Apôtres te virent enlevé au-dessus des nuées, au milieu de leurs lamentations et de leurs larmes, Christ vivifiant, ils étaient tout rempli d'abattement et, au milieu des pleurs ils disaient : «Maître, ne nous laisse pas orphelins, nous que Tu as aimés par compassion, nous tes serviteurs. car Tu es ami des hommes. Mais, comme Tu l'as promis, envoie nous ton très Saint-Esprit qui illumine nos âmes».
Ayant accompli l'économie divine nous concernant, et ayant uni les habitants de la terre à ceux du ciel, Tu T'es élevé au ciel dans la gloire, Christ notre Dieu, pour ne plus jamais T'en éloigner mais pour y demeurer sans cesse ; et Tu dis à ceux qui T'aiment : «Je suis avec vous, et personne ne prévaudra contre vous».
0 Christ, après avoir chargé sur tes épaules la nature égarée, Tu t'es élevé et Tu l'as présentée à Dieu le Père.
Les Apôtres sont transportés de joie en ce jour, en voyant leur Créateur élevé sur les nues ; espérant fermement recevoir l'Esprit, ils s'écrient dans la crainte : «Gloire à ton Ascension.»

La prière des Eglises de rite byzantin

Texte à méditer
Après l'Ascension du Seigneur, les Apôtres s'en retournèrent, comme il est dit dans l'Evangile, avec une grande joie (Lc 24, 52). Le Seigneur sait quelle joie Il leur a donnée, et leur âme éprouva intensément cette joie. Leur première joie était de connaître le véritable Seigneur, Jésus Christ. La deuxième joie, de L'aimer. La troisième, de connaître la vie éternelle et céleste. Et la quatrième joie, de désirer le salut pour le monde comme pour eux-mêmes. Et enfin, ils étaient dans la joie parce qu'ils connaissaient le Saint-Esprit et voyaient comment il œuvrait en eux. Les Apôtres parcouraient la terre et parlaient au peuple du Seigneur et du Royaume des Cieux. mais leurs âmes languissaient et aspiraient à voir le Seigneur. Aussi ne craignaient-ils pas la mort, mais allaient avec joie à sa rencontre, et, s'ils désiraient vivre sur terre, c'était uniquement par amour des hommes.

Saint SILOUANE de l'Athos

L'ASCENSION ET LA MERE DE DIEU

La fête de l'Ascension, célébrée traditionnellement dans toute l'Eglise le quarantième jour après Pâques, se réfère à ce que nous disent les Evangiles de Marc et de Luc et les Actes des Apôtres au sujet de la fin de la vie terrestre de Jésus. Après sa Résurrection, pendant quarante jours, le Christ se montra à ses disciples et leur promit d'envoyer sous peu de jours l'Esprit Saint, puis tandis «qu'il les bénissait , il fut enlevé au Ciel. Alors deux hommes vêtus de blanc apparurent aux apôtres et leur dirent : «Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus qui, d'auprès de vous, vient d'être enlevé au ciel, reviendra de la même manière que vous l'avez vu partir vers le ciel.» Et saint Luc ajoute : «Ils revinrent à Jérusalem en grande joie et ils étaient continuellement dans le Temple à louer Dieu».

Les textes liturgiques byzantins vont reprendre ces faits en les méditant.

Le premier hymne des Vêpres de la fête nous met tout de suite dans l'atmosphère si particulière de l'Ascension : "Le Seigneur est monté aux cieux afin d'envoyer le Paraclet au monde. Les cieux ont préparé son trône ; les anges sont saisis d'admiration en voyant l'Homme au dessus d'eux. Le Père accueille celui qui demeure éternellement en son sein. L'Esprit Saint ordonne à tous ses anges : Elevez vos portes, princes. Toutes les nations applaudissez. Car le Christ est remonté, là où il était depuis toujours".

Nous voyons bien la scène. C'est le moment de préciser que cette montée aux cieux exprimée de façon spatiale, comme si une fusée emportait le Christ au-delà des nuages, n'est qu'une façon de parler. Il s'agit de dire que Jésus a quitté visiblement la terre et a rejoint Dieu le Père pour régner avec Lui.

Il est clair que c'est un langage symbolique et que Dieu n'est pas à situer dans ce qu'on peut appeler le « ciel terrestre », ni même le ciel astronomique. Il est dans une autre dimension.

Le Fils de Dieu retrouve donc une existence invisible après avoir vécu sur terre une trentaine d'années. Cela pourrait sembler normal, si j'ose dire.

Mais ce qui est tout à fait extraordinaire c'est qu'il monte aux cieux avec son corps. C'est si extraordinaire que le texte cité ci-dessus précise que les anges sont dans l'admiration - on peut traduire aussi qu'ils sont dans la stupeur - en voyant un homme au-dessus d'eux. Et tout au long de l'office, nous entendrons évoquer l'étonnement, la stupeur des anges. Non seulement l'Invisible s'est fait voir, l'Incorporel a pris un corps, comme nous l'avons chanté à Noël, mais quand Il quitte la terre, il emporte son corps avec Lui. On ne peut que balbutier en évoquant ce mystère, mais tous les textes liturgiques sont très clairs, comme celui-ci, par exemple : «En toi-même ô Dieu, tu renouvela la nature d'Adam tombée au plus profond de là terre. Et en ce jour tu l'élevas au-dessus de toutes les Principautés et Puissances ( c'est à dire au-dessus de tous les anges car dans ton amour pour elle, tu la fis siéger avec toi...»

Et les Incorporels, c'est-à-dire encore les anges, de s'interroger : «Quel est-il, cet homme magnifique ? C'est qu'il n'est pas seulement homme, il est Dieu et homme à la fois.»

Cela, c'est la merveille qui rend les anges stupéfaits. Le Fils de Dieu, s'il est toujours Dieu, est désormais toujours homme, et par Lui la nature humaine est élevée jusque auprès du Père. Un tropaire dit : «Tu as assumé sur tes épaules, ô Christ, la nature égarée et, t'élevant aux cieux, tu l'as présentée à Dieu, ton Père.»

Le Christ est à jamais Dieu et Homme, et notre nature humaine, jadis déchue, est transfigurée et déifiée en Lui par son contact avec la divinité. C'est pourquoi il est si important de communier au Christ dans l'Eucharistie. C'est dans cette communion que nous participons nous aussi à la divinisation de la nature humaine du Christ.

Maintenant je voudrais évoquer la place de Marie, la Mère de Dieu, lors de l'Ascension de son Fils. Dans l'Evangile il n'en est rien dit. Dans les textes liturgiques il est précisé : «... Tu es allé vers le Mont des Oliviers avec tes disciples ainsi que celle qui t'avait enfanté, toi le créateur et l'artisan de toutes choses. Car elle qui, étant ta mère, avait souffert plus que quiconque lors de ta Passion, il était juste qu'elle soit comblée d'une joie sans pareille, par la glorification de ton corps...».

Ainsi, de même que la Mère de Jésus avait vécu d'une façon intense la Passion de son Fils, de même était-elle associée à sa glorification. Il est vrai que plus qu'aucune mère, elle pouvait dire du corps de son fils qu'il était sa propre chair, puisqu'elle l'avait enfanté virginalement.

L'icône de la fête de l'Ascension transcrit de façon visible cette présence de la Mère de Dieu lors de l'Ascension et elle le fait de façon très marquée qui n'est pas sans signification. L'icône représente le Christ bénissant porté par des anges et situé dans la partie supérieure de l'icône. En dessous se trouvent les apôtres qui entourent Marie. Celle-ci est au centre, toute droite, exactement sous le Christ et deux fois plus grande que Lui qui est représenté assis et déjà s'éloignant. De part et d'autre de la Vierge et un peu en arrière se trouvent deux anges vêtus de blanc qui montrent le Christ et s'adressent aux apôtres, lesquels, divisés en deux groupes de part et d'autre de Marie forment un cercle parfait.

La Vierge a une attitude hiératique à la fois de prière, une main dressée vers le haut, et de compassion pour le monde, l'autre main ouverte vers le bas. Son immobilité verticale contraste avec les silhouettes animées des apôtres dont plusieurs tendent les mains vers le Ciel.

Il est certain que l'ensemble du groupe formé par les apôtres et la Vierge représente l'Eglise ; et que Marie, comme l'indique sa place centrale et unique, encadrée par deux anges lumineux, est - dans le contexte de l'icône représentant aussi la marche de l'Eglise vers le Second Avènement - la figure privilégiée de l'Eglise (1).

Sa représentation entre les anges symbolise aussi l'aspect spirituel de l'union liturgique du ciel et de la terre. C'est en Elle d'abord que, comme le dit Nicolas Cabasilas, « les anges et les hommes sont devenus une même Eglise par la manifestation du Christ qui est à la fois du ciel et de la terre ».

(1) Ce thème de la représentation de la Mère de Dieu dans l'icône de l'Ascension a fait l'objet d'un travail théologique présenté en 1989 à l'Institut Saint-Serge à Paris par le Hiéromoine Gabriel : LA MERE DES VIVANTS, La représentation de la Mère de Dieu dans l'icône de Ascension et sa signification ecclésiale. On en trouvera un résumé dans un article publié par le même auteur, Le Christ Grand-Prêtre et la Nouvelle Ève, dans la revue Paix n° 63, à propos de la relation entre la femme et le sacerdoce ministériel. A la suite de Vladimir Lossky et de Léonid Ouspensky, cet auteur met en relation l'icône de l'Ascension avec celle de la Pentecôte. La glorification ultime de la Mère de Dieu a eu lieu, historiquement, lors de la Pentecôte, comme pour les autres disciples, sans qu'aucune anticipation de cette descente hypostatique de l'Esprit n'ait été possible avant la Résurrection du Christ. L'Esprit Saint vient à ce moment reposer sur elle en plénitude comme Personne divine ; il porte alors à son ultime aboutissement le cheminement dans la Grâce de la Mère de Dieu. Ce cheminement, accompli à la suite de son Fils, a commencé lors de l'Annonciation, laquelle ne pouvait constituer une fin en soi, et s'est accompli parallèlement à l'engagement de son Fils vers l'ultime Pâque de la Nouvelle Alliance, à travers sa prédication, sa Passion, sa Résurrection et son Ascension. C'est, entre autres choses, tout ce cheminement qu'exprime l'icône de l'Ascension de manière synthétique, comme archétype de la marche de l'Eglise vers le Second Avènement, au-delà du simple événement historique. (Note de l'Editeur)

 

Kondakion, t. 6

Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut, après avoir uni les cieux et la terre et les hommes avec Dieu. * dans la gloire,  Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel * sans pour autant nous délaisser, * mais restant toujours parmi nous * et disant à ceux qui conservent ton amour : Je suis toujours avec vous * et personne à jamais ne peut rien contre vous.

Ikos

Laissant à la terre les terrestres soucis, * à la poussière ce qui est fange et rebut., * venez, sortons du sommeil et portons vers le haut nos yeux et nos cœurs, * élevons aussi nos regards et nos pensées de la terre vers les portes du ciel, * comme si nous étions sur le mont des Oliviers, * les yeux fixés sur le Rédempteur emporté par la nuée, * c'est de là que le Seigneur est parti pour le ciel, * c'est là aussi qu'aux Apôtres il distribua ses dons largement, * leur donnant force et comme un Père les consolant, * les conduisant comme des fils et leur disant : Je ne m'éloigne pas de vous, * je suis toujours avec vous * et personne à jamais ne peut rien contre vous.

HOMELIE
L'ASCENSION DU SEIGNEUR

(Luc 24,36-53)

St Luc nous a donné deux récits de l'événement de l'Ascension (Luc 24,50-53 et Actes 1,9-11) qu'en dehors de lui la finale de Marc seule signale d'un mot (Mc 16,19). Le premier récit de Luc ne dit même pas que Jésus est monté aux cieux, mais seulement qu'il quitta ses disciples en les bénissant. A la fin de son Evangile, Luc a voulu demeurer dans le vague afin d'introduire son récit circonstancié du début des Actes.
Depuis Pâques, Jésus avait surtout parlé aux disciples du Royaume de Dieu. Puis, dans les derniers jours de la Quarantaine, il leur avait laissé entendre qu'un grand événement allait se produire en leur faveur à Jérusalem. Simultanément, il leur prescrit une mission précise de prédication par toute la terre après cet événement mystérieux qui les revêtira d'une Force venue d'en haut (Lc24,49), de ce Souffle Saint de Dieu qui doit les baptiser d'un baptême de feu et non plus d'eau comme avait été celui de Jean que Jésus lui-même avait reçu dans le Jourdain (Actes 1, 8).
Il n'en fallait pas davantage pour porter au paroxysme l'espérance messianique encore très humaine des disciples. Ceux-ci savaient que l'ère messianique se caractériserait par le débordement de cette toute-puissance du Souffle divin qui, par son feu purificateur, opérerait le jugement final (Mt3,11 ; Lc3,17). Dans leur impatience, ils questionnaient Jésus et leur interrogation est tout à fait révélatrice à la fois de leurs espérances, de leurs illusions et du malaise en lequel ils se trouvent : « Est-ce en ce moment-ci que tu établis le Royaume en faveur d'Israël ? ». Ils ont cru comprendre que Jésus leur annonçait comme imminente cette ultime manifestation que, simultanément, d'autres indices ou paroles de Jésus semblaient différer : le pressentiment de son nouveau départ, l'élargissement de cette nouvelle œuvre de prédication. Et la réponse de Jésus ne dut guère les satisfaire. Car elle est évasive et équivoque.
Jésus savait parfaitement que les disciples ne pouvaient être instruits que par le choc existentiel des événements. Il se borne à les préparer à ce choc. Ils recevront le Souffle divin qui les portera, témoins du Ressuscité, en dehors même des frontières d'Israël auquel naguère encore ils restreignaient le Royaume. Quant à la nature exacte de ce dernier, c'est le secret du Père. Et sur ces mots, il les quitte en s'élevant en l'air. Aussi habitués qu'ils dussent être depuis Pâques aux allées et venues d'un corps ressuscité, ils durent être tout de même assez stupéfaits de cet insolite départ. Jusqu'ici, Jésus disparaissait (Cf. Lc24,31 ). Cette fois, c'est sous leurs yeux qu'il s'élève en un mouvement qui indique bien un transfert vers un autre monde. Ils en demeurent le nez en l'air ! Et voici qu'une apparition les avertit que, cette fois, c'est un départ définitif, et qu'ils ne verront plus Jésus avant son retour décisif.
Il nous semblerait qu'à cette annonce leur cour eût dû se contracter douloureusement. Or, Luc nous dit qu'ils rentrèrent à Jérusalem «avec une grande joie» (Lc24,53). C'est parce qu'ils ont cru comprendre que ce départ de Jésus serait de très courte durée et qu'il serait assez vite suivi de l'inauguration des derniers temps avec le don du Souffle de Dieu. Ce serait l'événement décisif qui leur ferait rejoindre leur Maître dans sa gloire de Ressuscité et consacrerait l'événement de son Royaume glorieux.
Ce que les disciples ne pouvaient alors savoir, nous, nous le savons : Jésus est remonté auprès de son Père afin que vienne l'Esprit Saint. Désormais, le mode de présence ici-bas sera le Saint-Esprit. Ce sera ce qu'on pourrait appeler paradoxalement la présence dans l'absence. Ceci doit nous faire comprendre que l'expérience chrétienne n'est pas psychologique (du moins dans son essence), mais pneumatique. L'expérience que nous avons à faire est celle du Saint-Esprit et chacun saint qu'en grec «Esprit» se dit «Pneuma». Ce qui ne va jamais sans la souffrance, la prière et l'ascèse. Cette expérience peut avoir des contrecoups, des retentissements dans notre affectivité. Mais nous ne devons jamais confondre cette dernière, « humaine trop humaine», avec le Saint-Esprit ! Les belles liturgies, les volutes parfumées de l'encens, le beau chant liturgique, les beaux vêtements des célébrants, rien de tout cela ne doit être l'occasion d'un retour sur soi-même générateur d'une complaisance envers des émotions agréables et susceptibles de produire la jouissance de notre conscience religieuse par elle-même. Le Ressuscité a quitté cette terre afin que le Saint Esprit de son Père qui, de toute éternité repose sur Lui, le Fils Unique-Engendré, vienne opérer en chacun d'entre nous une greffe divinisatrice, nous fasse pénétrer dans l'Acte générateur éternel de son Père sur Lui.
L'Ascension n'a de sens qu'en fonction de la Pentecôte. Les disciples avaient pourtant été prévenus et, deux mille ans plus tard, que faisons-nous de cet avertissement salutaire ? dans l'intimité de la dernière scène : «Il est de votre intérêt que moi je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra pas à vous. Si je vais, je lui donnerai mission auprès de vous» (Jn16,7). Le «Paraclet» est, en quelque sorte, dans saint Jean, le nom propre du Saint-Esprit. Il signifie «celui qui se tient à côté» de quelqu'un pour le défendre, le conseiller, le consoler, le réconforter, le soutenir. Parlant de l'Ascension nous ne pouvons que faire déjà référence à la Pentecôte.

Père André Borrély

 

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. Et ceux-là, l'entendant dire qu'il vivait et qu'elle l'avait vu, ne la crurent pas. Après cela, il se manifesta sous d'autres traits à deux d'entre eux qui étaient en chemin et s'en allaient à la campagne. Et ceux-là revinrent l'annoncer aux autres, mais on ne les crut pas non plus. Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l'avaient vu ressuscité. Et il leur dit : " Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, ils saisiront des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris. " Or le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu. Pour eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l'accompagnaient.
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Publié dans synaxaire

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