Infos du 21 Mars,mise à jour
Les Français aiment les religions, mais...
Ils estiment que les religions peuvent être source de tensions dans la société, tout en reconnaissant qu'elles peuvent la structurer. À condition de ne pas se poser en gardiennes de l'ordre social
Le 25 septembre 2007, en plein débat sur les tests ADN, Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort et responsable de la Pastorale des migrants à la Conférence épiscopale, rencontre longuement Brice Hortefeux, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement. L’objectif : lui faire part des « dangers » que l’Église de France a repérés dans son projet de loi sur l’immigration.
Prise de position politique des évêques ? « Nous ne sommes pas un lobby gauchiste, explique alors à La Croixle P. Stéphane Joulain, directeur adjoint du Service national de la pastorale des migrants. Nous représentons différents courants de pensée dans l’Église. Nous ne cherchons pas le rapport de force. Nous comprenons les préoccupations du gouvernement quant au respect des promesses électorales et devant les sondages alarmistes. Nous voulons être, avec d’autres, le poil à gratter de l’humanité. »
« Il est essentiel de prêter attention aux voix qui s’expriment dans le débat public et de les prendre en compte avant de poser une décision », explique-t-on au cabinet de Brice Hortefeux, où l’on se félicite du dialogue « très fécond » avec tous les responsables religieux. « En plus d’un échange de vues, les évêques ont soumis au ministre nombre de cas particuliers, que les services du ministère se sont employés à étudier au cas par cas », ajoute-t-on.
Les Français réticents aux prises de position des religions
Un sentiment que l’on retrouve même chez les catholiques pratiquants : 65 % sont réticents devant les prises de position des responsables religieux sur les sujets de société. « Sans doute que si on les avait interrogés sur des sujets plus concrets, on aurait eu des réponses assez différentes, tempère Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique de l’Ifop. Ils sont distants dans le domaine de la vie privée, comme la sexualité. C’est peut-être moins le cas sur des sujets comme les sans-abri. Reste à savoir où ils mettent la limite entre vie privée et sujets sociaux… »
« Cette façon de voir est assez en phase avec la société actuelle où chacun se bricole sa religion avec les éléments qui lui paraissent importants, relève de son côté le philosophe Joël Roman, membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Mais, collectivement, la religion peut aussi avoir une fonction de réassurance identitaire qui entraîne de fortes manifestations de visibilité. »
"L’État doit s’assurer que les religions coexistent pacifiquement"
Sans oublier une inquiétude exprimée par Mathieu Di Prizio, 26 ans, juriste : « La religion est un facteur structurant dans une société. Mais l’État doit aussi s’assurer que les religions coexistent pacifiquement. Il faut à tout prix éviter que des tensions interconfessionnelles n’enveniment la sphère sociale. » Une vision qui n’a rien d’illogique pour Joël Roman. « Les religions ont tout autant une capacité d’ouverture aux autres que de renfermement », explique-t-il.
Et de prendre l’exemple des années qui ont suivi la séparation des Églises et de l’État, où catholiques et laïques ont rivalisé dans l’action sociale ou l’éducation. « Le contenu identitaire a pu être très fort, jusqu’au moment où le contenu des activités l’a emporté, souligne-t il. Et cette mobilisation, que ce soit au nom de la France chrétienne ou des valeurs laïques, a été très bénéfique à la société. Mais qui se souvient aujourd’hui que l’AJ Auxerre était un patronage catholique ? »
Pour Pierre Tournemire, secrétaire général adjoint de la Ligue d’enseignement, le danger serait aujourd’hui que l’État se désengage du lien social au profit des religions. « Il faut dépasser une conception où les religieux seraient garants de la paix civile ou sociale. Cette vision bonapartiste risque d’enfermer les communautés, de les pousser à vivre côte à côte et, à terme, face à face. »
Les discours présidentiels ont rendu « un très mauvais service aux religions »
Une analyse que partage l’essayiste Jean-Claude Guillebaud qui, en prenant l’exemple du renouveau du christianisme, invite à regarder au-delà de nos frontières. « Que ce soit en Asie, en Amérique latine ou en Afrique, le christianisme est en train de renouer avec le feu qui l’habitait à l’origine, devenant moins un facteur de tradition que de subversion, remarque-t-il. Si le christianisme devient source de tension, cela peut aussi être pour de bonnes causes ! »
« En fait, le problème n’est pas tant que Nicolas Sarkozy parle de religion, relève Joël Roman, mais le contenu de ce qu’il a dit, qui relève d’une vision archaïque de la religion. Il est passé à côté de la réappropriation individuelle de la religion, la réduisant à son utilité sociale. Mais la frontière entre l’utilité sociale et l’instrumentalisation est très étroite… » Pour Jean-Claude Guillebaud, les différents discours présidentiels ont ainsi rendu « un très mauvais service aux religions ». « Une façon brouillonne de rallumer la guerre de la laïcité », regrette-t il.
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| Nicolas SENEZE et François-Xavier MAIGRE |
Le patriarche Alexis s'est rendu à l'ambassade de Grèce à Moscou
Le patriarche Alexis était accompagné de nombreux évêques et prêtres du patriarcat de Moscou. L'Eglise orthodoxe de Grèce était représentée à cette réception solennelle par le métropolite Théologos de Serrès. Par ailleurs, plusieurs ministres et hommes d'Etat grec, ainsi que le maire de Moscou Y. Loujkov étaient présents également.
Dans le cadre de cette visite à l'mabassade de Grèce, le patriarche Alexis s'est entretenu en particulier avec le ministre grec du tourisme A. Spiliotopoulos. "Puisse notre collaborations dans différents domaines servir d'exemple au monde entier de la façon dont deux peuples, unis par des liens fraternels en Christ, prenne soin l'un de l'autre et oeuvrent ensemble pour le bien de tous les peuples de la terre", a déclaré le patriarche Alexis.
Le primat de l'Eglise russe a exprimé également sa solidarité avec la position de la République hellénique concernant la situation au Kosovo qui "attend une solution acceptable pour tous".
Télévision (France 2) : l’émission «Orthodoxie» de ce dimanche
L’émission Orthodoxie du dimanche 23 mars, à partir de 9h30 (durée : 29 minutes), sur France 2, proposera la diffusion de la troisième partie de la série d'émissions consacrée à la commémoration du 40e anniversaire du Comité inter-épiscopal qui s'est tenue le 17 novembre dernier au palais de l'Unesco, à Paris (émissions précédentes).
En préparation à la bénédiction de la maison paroissiale, le 18 mai prochain, la paroisse Saint Basile et Saint Alexis à Nantes organise une après-midi entièrement consacrée à mère Marie (Skobtsov) le dimanche 30 mars à partir de 14h. Pour plus d’informations, voir ce document.
Le père archimandrite Jacques Khalil, professeur en exégèse biblique à l’Institut de théologie Saint Jean Damascène - Université de Balamand, a donné une conférence, lundi 17 mars 2008, à l’Institut Saint-Serge, sur «La loi de Moïse selon le saint apôtre Paul». Nous vous proposons d'écouter le podcast de la conférence.
Pour lancer la diffusion, cliquez sur play (le carré vert). Vous pouvez également télécharger directement le fichier audio en cliquant sur le logo "podcast".
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