infos du 26 Fevrier

Publié le par Père Jean-Pierre

LA QUESTION DU JOUR
L’Eglise orthodoxe peut-elle avoir une action modératrice en Serbie ?

Le saint-synode de l’Église serbe-orthodoxe a dénoncé ce week-end les
« pulsions insensées, déraisonnables et destructrices, qui se sont manifestées» à l’occasion des manifestations de protestation contre l’indépendance du Kosovo, jeudi soir à Belgrade (lire La Croix
du 25 février).

Jean-François Colosimo

Théologien orthodoxe

« L’Église serbe-orthodoxe ne peut envisager un Kosovo sans destin commun avec la Serbie. Ce qui ne veut pas dire une intégration pure et simple à la Serbie : elle dé­fend depuis longtemps une pleine autonomie du Kosovo. Mais si l’on veut que le Kosovo vive, il faudra
bien que ce soit avec les Serbes. Dès 1990, les Serbes du Kosovo, menés par l’évêque Artemije, voulaient participer en leur nom propre à la conférence de Rambouillet. Alors que leur position n’était ni celle de Milosevic, ni celle de l’UCK, ils n’y ont pas été admis.
Au début des guerres de Yougos­lavie, cette Église a pu sembler hé­sitante, les positions hautement morales du patriarche Pavle contrastant avec la réalité du terrain où les prêtres étaient très solidaires du peuple serbe. Cela entretenait l’idée d’une Église se complaisant dans la confu­sion entre orthodoxie et nation. Mais c’est oublier qu’elle a beau­coup appris de quinze années de guerre : elle a grandi, est beaucoup plus libre dans ses déclarations, faisant preuve d’une maturité
politique qu’elle n’avait pas for­cément au sortir du titisme. Elle sait aujourd’hui faire la différence entre l’avenir du christianisme et les considérations politiques. Car il faut bien dissocier l’orthodoxie cultuelle (il y a assez peu de bapti­sés et encore moins de pratiquants), de l’or­thodoxie culturelle, que les politiques es­sayent d’instrumen­taliser. Avant d’être serbe, l’héritage du Kosovo est orthodoxe : c’est celui de Byzance, des Paléologue, de l’hésychasme qui s’est diffusé dans les Balkans aux XIII
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et XI-
V

e
siècles.
Avec cette intervention du saint­synode, le gouvernement serbe ne pourra se servir de l’orthodo­xie pour légitimer une action au
Kosovo. C’est une très bonne nou­velle. Le fait que l’orthodoxie elle­même prévienne un usage qui peut être fait d’elle est très important. Grâce à l’Église serbe-orthodoxe, qui a compris que la religion ne de­vait pas être instrumentalisée par la politique, la Serbie a fait un premier pas vers l’Europe. Reste à savoir si elle peut avoir une influence pour éviter le pire. En 1999, quand elle avait pris position contre Milosevic, les médias serbes, manipulés par le pouvoir, s’étaient lancés dans une campagne indigne contre l’Église. Mais l’Église est aujourd’hui la seule force qui puisse dire stop au gouvernement. »
RECUEILLI PAR

NICOLAS SENÈZE

« L’orthodoxie prévient un usage qui peut être fait d’elle. »

LE LIVRE DU JOUR
La Russie nouvelle

de Lorraine Millot

Actes Sud, 312 p., 21 €

C’est un carnet de voyage d’une journaliste, un livre qui donne à voir. Corres­pondante en Russie du quotidien
Libération de­puis 2003, Lorraine Millot promène son regard partout et sait capturer le détail qui en dit long, avec finesse et sensibilité. Son livre est un puzzle donnant une vision de la Russie, à l’orée de la présidentielle du 2 mars. Elle avertit d’emblée. Il s’agit de montrer la Russie heureuse, celle qui « s’enri­chit, s’amuse, construit » . Malgré tout, au fil des re­portages, se compose une image contrastée.
En 16 chapitres, on ac­compagne Lorraine Millot aussi bien dans les couloirs du Kremlin ou du KGB qu’à Novy Urengoï, ville de pro­duction gazière, au-delà du cercle polaire. On visite la Russie des champs et celle des casernes. Et l’on comprend mieux l’extra­ordinaire processus de transformation que vit ce pays géant. Nulle complai­sance chez elle pour mettre en évidence le cynisme des nouvelles élites, le culte de la personnalité de Vladimir Poutine en train de s’ins­taller, ou les séquelles de la guerre en Tchétchénie. En revanche, elle sou­ligne aussi la créativité des artistes de la nouvelle génération qui travaillent sans connaître la moindre censure, la liberté de pa­role qu’on peut observer sur les multiples forums de l’Internet russe, le dy­namisme et la réussite des entrepreneurs de Samara ou des nouveaux fermiers de la région de Toula.
Cette Russie nouvelle voit émerger des îlots de moder­nité, dans un océan qui semble ne pas avoir changé depuis l’époque soviétique. Cette Russie-là, c’est le pire à côté du meilleur, le chaud et le froid, l’âpre et le sucré, le doux et le violent. Oui, la Russie est un pays où les contrastes sont puissants. C’est sans doute pour cela que ce pays fascine et in­quiète à la fois. Ces reporta­ges fuient les images toutes faites pour traiter de ce pays en profondeur.

ALAIN GUILLEMOLES

 
 

 

PORTRAIT
Un nouvel espoir pour la réunification de Chypre

Demetris Christofias

Président de la République de Chypre

Élu dimanche soir, le nouveau président chypriote a été invité dès hier par la Commission européenne à négocier avec les Chypriotes turcs en vue de la réunification de l’île.

DemetrisChristofias,61 ans,est devenu avant-hier le sixième pré­sident de Chypre, ancienne co­lonie britannique indépendante depuis 1960. Il a recueilli 53,36 % des voix lors du second tour de l’élection présidentielle, contre 46,64 % à l’ancien ministre des affaires étrangères, le conserva­teur Ioannis Kasoulides.
Au sein de l’Union européenne, Demetris Christofias aura la particularité d’être le seul chef d’État communiste. Il prend par ailleurs la tête d’un pays divisé : le nord de l’île, occupé par l’ar­mée turque depuis 1974, s’est autoproclamé République tur­que de Chypre du Nord (RTCN) en 1983.
Sa victoire a été fêtée à Nicosie par une foule qui agitait des dra­peaux chypriotes, des drapeaux rouges du parti communiste et des portraits du « Che », une at­
mosphère rappelant quelque peu les liesses électorales d’une autre île, Cuba.
Au cours de la campagne, Demetris Christofias n’a cessé de prendre le contre-pied du président sortant Tassos Papa­dopoulos, 74 ans, évincé dès le premier tour et considéré comme le responsable du blocage du plan de l’ONU visant à la réunification de l’île en 2004. Dès l’annonce de sa victoire, Demetris Christofias a lancé un vibrant appel aux ha­bitants du nord de l’île.
« Je tends la main de l’amitié et de la coopération aux Chypriotes turcs et à leurs dirigeants. Je les appelle à travailler avec nous pour le bien commun du peu­ple dans un climat de paix », a-t-il déclaré.
Le président de la RTCN, Mehmet Ali Talat, l’a appelé pour le féliciter.
Chantre du rapprochement entre les deux communautés, il a bénéficié de la mini-détente qui existe actuellement. Pour la première fois, quelque 400 Chypriotes turcs résidant dans le sud de l’île ont été autorisés à voter à une présidentielle, ceux du nord n’en ayant pas le droit. Pourtant, Demetris Christofias a reçu le soutien explicite de Tassos
Papadopoulos avant le second tour, et n’aurait sans doute pas pu être élu sans cela.
Dès hier matin, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso l’a en tout cas appelé à
« démarrer sans délai » des négociations avec la RTCN en vue de trouver un accord sous les auspices de l’ONU. Il a estimé que son « élection constituait une opportunité pour surmonter l’im­passe qui dure depuis longtemps ».
Chypre est entrée divisée dans l’Union européenne le 1
er
mai 2004, au grand dam des autres pays de l’UE et de la Com­ mission.
La presse chypriote grecque voit en tout cas en
« Demetris Christofias, le pré­sident qui va unir le peuple chypriote ». Il est donc tenu à faire des gestes: une rencontre est déjà annoncée, mais encore sans date, entre les dirigeants de l’île. Hier après-midi, Mehmet Ali Talat s’est montré très opti­miste: «Je pense que cela ne sera pas une surprise si nous résolvons le problème d’ici la fin 2008, a-t-il déclaré. Les Chypriotes-grecs se sont décidés en faveur du chan­ gement.»
JULIA FICATIER

Chantre du rapprochement entre les deux communautés, il a bénéficié de la mini-détente qui existe actuellement.


 

 
 

L'Eglise russe a célébré la mémoire de saint Alexis



L'Eglise russe a célébré la mémoire de saint Alexis
Le 25 février (12 février selon le calendrier julien), l'Eglise orthodoxe russe célèbre la mémoire de saint Alexis, métropolite de Moscou (+ 1378), saint patron du patriarche actuel.

Une liturgie solennelle a réuni hier à la cathédrale Christ-Sauveur de Moscou de nombreux évêques, prêtres et fidèles de l'Eglise orthodoxe russe et d'autres Eglises autocéphales. A la célébration ont pris part notamment le métropolite Vladimir de Kiev, le métropolite Laur, primat de l'Eglise russe hors frontières, avec les membres de sa délégation, ainsi que l'archevêque Innocent de Chersonèse.

A la fin de la liturgie, le métropolite Vladimir de Kiev s'est adressé au patriarche Alexis au nom du Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe russe. Dans sa réponse, le patriarche Alexis a rappelé que, cette année, l'ensemble des héritiers de la Sainte Russie célébreront le 1020e anniversaire du baptême du prince Vladimir. "Notre Eglise est héritière de son héritage spirituel, a déclaré le patriarche, elle conservera toujours précieusement l'unité de l'esprit dans la concorde de la paix grâce à laquelle la Sainte Russie demeure une, malgré toutes sortes de divisions qui viennent de ce monde".

Le patriarche Alexis a salué tout particulièrement la délégation de l'Eglise russe hors frontières: "L'unité pour laquelle nous avons souffert et que nous avons recouvrée a été la source d'une grande joie pour tous les enfants de l'orthodoxie russe dans notre pays et à l'étranger", dit-il, en s'adressant au métropolite Laur et aux membres de sa délégation.
 

Mardi 26 Février 2008

Un évêque orthodoxe japonais en visite à Moscou 26/02/2008

L'évêque Séraphin de Sendaï, de l'Eglise orthodoxe du Japon, s'est rendu à Moscou le 24 février 2008. Il a remis une parcelle des reliques de saint Nicolas du Japon, évêque russe à l'origine de l'orthodoxie aux îles japonaises, à la paroisse qui lui est dédiée au nord-est de Moscou. Le dimanche, Mgr Séraphin a célébré une liturgie dans cette église avec l'évêque Alexandre de Dmitrov, auxiliaire du diocèse de Moscou.

 
WASHINGTON, 25 fév 2008 (AFP) - Les protestants bientôt minoritaires aux Etats-Unis (étude)

Les protestants sont en passe de devenir une minorité aux Etats-Unis, où le paysage religieux est marqué par une grande diversité et une étonnante fluidité, selon les résultats d'une vaste enquête publiée lundi par l'institut de recherche Pew Forum on Religion.

Toutes dénominations confondues, les protestants représentent désormais 51,3% de la population américaine. Et s'ils sont encore 62% parmi les plus de 70 ans, leur proportion tombe à 43% parmi les 18-29 ans, annonce l'étude réalisée l'été dernier auprès de 35.000 adultes américains.

Derrière, les catholiques se maintiennent à 23,9% de la population, loin devant les mormons (1,7%), les juifs (1,7%), les bouddhistes (0,7%), les témoins de Jéhovah (0,7%), les musulmans (0,6%), les orthodoxes (0,6%)... Seuls 16,1% des Américains se déclarent sans religion.

Parallèlement, l'étude montre une grande fluidité entre toutes ces religions: 28% des personnes interrogées ont quitté le groupe dans lequel ils ont été élevés, une proportion qui monte à 44% si l'on prend en compte les mouvements entre différentes dénominations protestantes.

"Le marché américain de la religion est caractérisé par un mouvement constant, où chaque grand groupe à la fois perd et gagne des adhérents. Ceux qui progressent sont simplement ceux qui gagnent des nouveaux membres plus vite qu'ils ne perdent les anciens", explique l'institut de recherche.

L'étude donne l'exemple du groupe des "sans religion". Moins de 8% des personnes interrogées disent avoir été élevées sans religion, et la moitié d'entre elles disent avoir trouvé la foi depuis.

Mais du fait du nombre croissant de personnes qui disent avoir perdu la foi de leur enfance, les "sans religion" sont aujourd'hui 16,1%. La population sans religion a donc enregistré la plus forte progression par rapport aux autres groupes.

De même, la part des catholiques reste autour d'un quart de la population depuis plusieurs décennies, alors qu'un tiers de ceux qui ont été élevés dans cette religion l'ont abandonnée. "Environ 10% des Américains sont des anciens catholiques", insiste le Pew. Mais la proportion reste stable grâce aux immigrés, qui sont à 46% catholiques.


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Publié dans infos diverses

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