Martyre de saint Polycarpe de Smyrne

Publié le par Père Jean-Pierre

23 février 2008

Martyre de saint Polycarpe de Smyrne

 

 
icone orthodoxe de saint Polycarpe de Smyrne
Appartenant au groupe des "Pères Apostoliques," auteur important du début du 2ème siècle, saint Polycarpe fut un disciple immédiat des Apôtres. Il naquit au temps de Vespasien, vers l'an 70, fut converti à la Foi Chrétienne dès son enfance, sous le règne de Titus. Attaché à l'Église de Smyrne, il fut un disciple de l'Apôtre saint Jean. Son biographe, Pionius, l'a dit originaire des contrées du Levant, puis amené jeune encore à Smyrne par des marchands qui le vendirent à une femme noble, nommée Callisto. Cette généreuse Chrétienne l'éleva dans la crainte du Seigneur, lui confia le soin de sa maison. Héritier des biens de Callisto, Polycarpe n'en aurait usé que pour se perfectionner dans la connaissance des Écritures, s'avancer dans la pratique de la piété, et aurait reçu le diaconat des mains de l'évêque de Smyrne, Bucolus, qui l'attacha à son Église.
Cependant, des auteurs tels saint Irénée (Adv. haereses, 1.5.33), nous apprennent que Polycarpe avec Papias suivit les leçons de Jean, l'Apôtre bien-aimé de Jésus.
Au prêtre Florin qui était tombé dans l'erreur de Valentin, Irénée écrivait (Eusèbe, Hist. eccl., 1.5.20, P. G., t. 20, col. 483) "Lorsque j'étais encore enfant, je t'ai vu en compagnie de Polycarpe, heureux au palais et soucieux de partager ses idées. Je me rappelle fort distinctement les événements de cette époque, car les souvenirs d'enfance sont plus vivaces que ceux d'un âge avancé. Je pourrais marquer distinctement la place où le très saint homme Polycarpe discourait, étant assis; je pourrais dépeindre son attitude, la forme de ses traits, rappeler les enseignements qu'il donnait au peuple, exposer les entretiens qu'il nous disait avoir avec saint Jean et les autres disciples qui avaient vu le Seigneur; je pourrais vous dire enfin comment il répétait leurs paroles et celles qu'ils avaient recueillies de la bouche même de Jésus. J'en prends Dieu à témoin, si ce saint et apostolique vieillard entendait ce que nous entendons maintenant, il se boucherait les oreilles et répéterait cette parole qui lui était familière "O Dieu bon! pour quels temps m'avez-vous conservé jusqu'à ce jour!" et il quitterait sans retard le lieu où il aurait entendu de pareils propos. "

Ce fut par les Apôtres eux-mêmes que Polycarpe fut établi évêque de Smyrne; des auteurs ont même pensé que l'Apôtre saint Jean eut, en son disciple, plus d'égard à la vertu qu'à l'âge - bref un staretz dans le sens fort du terme - , et l'ordonna avant son exil dans l'île de Pathmos. A Polycarpe, dans ce cas, s'appliqueraient les éloges de l'Apocalypse (II, 8-10) au sujet de l'ange de l'Église de Smyrne, le seul de tous déclaré irrépréhensible.

L'épiscopat de Polycarpe fut assez tranquille sous le règne de Trajan, alors que la persécution agitait l'Église dans les autres provinces de l'Empire. Saint Ignace d'Antioche, l'ami de Polycarpe, fut condamné à mort en Syrie et, de là, envoyé à Rome pour être livré aux bêtes de l'amphithéâtre. Il passa par Smyrne, heureux de voir Polycarpe et de l'embrasser avant de mourir. Arrivé à Troade, il lui adressa une lettre pour le remercier de son hospitalité; il se félicitait d'avoir pu l'entretenir et lui donnait de sages conseils pour le gouvernement de son Église; il lui demandait de communiquer en son nom avec les Églises de l'Asie Mineure, notamment avec son Église d'Antioche.

Sur la demande des fidèles de Philippes, Polycarpe leur écrivit pour les féliciter d'avoir reçu Ignace et ses compagnons de captivité; il leur exposait dans le détail les devoirs attachés aux différents états de vie en ce bas monde, leur donnait des instructions sur la réalité de l'Incarnation et de la mort du Fils de Dieu; il les félicitait d'avoir l'intelligence des saintes Écritures et les exhortait à prier pour tous les saints. Il ajoutait en terminant : "Quant aux lettres d'Ignace que j'ai pu me procurer, je vous les envoie toutes, elles vous seront d'un grand profit, respirant la Foi, la patience, l'édification". L'évêque de Smyrne alla à Rome et y séjourna, mais il est difficile de dire à quelle époque; il devait s'y entretenir avec saint Anicet, le presbytre de l'Église de Rome (il n'y avait encore ni évêque ni pape, cfr les documents d'époque), de divers sujets, de défense des vérités de la Foi, union et paix des fidèles, observances de discipline. L'accord n'existait pas entre Rome et les Églises d'Asie pour la célébration de la Pâque. Anicet et Polycarpe estimèrent que le plus sage, sur ce dernier point, était de laisser jusqu'à nouvel ordre l'Orient et l'Occident suivre leur coutume respective. Le séjour de Polycarpe à Rome fut encore utile à beaucoup de personnes qui s'étaient laissé infecter du venin de l'hérésie; l'évêque rendit un public témoignage à la vérité Orthodoxe, fit revenir sur le chemin du Salut des âmes séduites par les erreurs de Valentin et de Marcion.

Au sujet de ce dernier, le rencontrant un jour dans les rues de Rome, Marcion lui avait dit: "Ne me reconnais-tu pas?"
"Oui", répondit Polycarpe, "je te reconnais comme étant le fils premier-né de Satan!"
Simple parole qui marque l'inviolable attachement de l'évêque aux enseignements de la Foi, et bel exemple intemporel à ne pas transiger pour plaire aux idées de ce monde qui passe.

 
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Publié dans synaxaire

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