Infos du 11 Decembre

Publié le par Père Jean-Pierre


La Serbie a d’autant plus de mal à s’habituer à la perspective de sécession du Kosovo que ce territoire est considéré depuis plus de 800 ans comme le symbole de la mort et du retour à la vie de la nation serbe

BELGRADE

De notre correspondante

L
e 19 décembre, le premier ministre serbe Vojislav Kos­tunica se rendra en personne devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, pour obtenir de nouvelles négociations sur le statut du Kosovo, province à majorité albanaise de la Serbie. Il y a très peu de chance qu’il obtienne gain de cause, les pays occidentaux estimant que la probabilité d’un ac­cord entre Belgrade et Pristina, qui réclame l’indépendance, est nulle après plusieurs médiations qui se sont succédé depuis deux ans. L’ultime date butoir pour trouver un accord avait été fixée à hier, 10 décembre.
De leur côté, les leaders koso­vars ont engagé des consultations en vue d’une proclamation d’in­dépendance, a déclaré hier un officiel.
« À partir d’aujourd’hui, le Kosovo commence des consultations intenses avec ses partenaires inter­nationaux, visant à coordonner les mesures en vue de la proclamation de l’indépendance » , a indiqué le porte-parole de l’équipe kosovare de négociateurs, Skender Hyseni.
Petite région coincée entre l’Alba­nie, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie, le Kosovo est pour les Serbes, selon le théologien orthodoxe Bozidar Mijac,
« un espace physique mais aussi un espace métaphysique »
. Un mythe s’y rattache en effet, celui de la bataille perdue en 1389 contre les Ottomans et dont la défaite est célébrée tous les 28 juin en Serbie. Ce jour-là, sur la plaine du champ des Merles, à quelques kilomètres de Pristina, une coalition de sei­gneurs locaux s’oppose aux troupes ottomanes. De la bataille, on sait peu de chose, affirme l’historien Noel Malcolm, sauf qu’à l’issue du combat le seigneur serbe Lazar Hrebeljanovic meurt, ainsi que le sultan ottoman, Murat. La région passe sous domination turque.
Cependant, selon la geste du Ko­sovo, à la veille de la bataille, Lazar, en rêve, aurait eu le choix entre le royaume céleste et la défaite, ou le royaume terrestre et la victoire.
« Le royaume terrestre est rejeté pour de plus nobles idéaux : la victimisation et le sacrifice » , explique Tim Judah dans Les Serbes, histoire, mythe et destruction de la Yougoslavie
. Le mythe est lancé.
Cette sublimation de la défaite
pour pouvoir l’accepter découle, selon l’ethnologue Ivan Colovic, de la tradition serbe orthodoxe.

« Le mythe du Kosovo s’inscrit dans le martyrologe chrétien
, explique-t­il. Il n’y a pas de résurrection sans la mort et il n’y a pas d’identité natio­nale sans mort réelle ou spirituelle. Dans la religion nationale serbe, le Kosovo incarne le sol sacré, le culte des trépassés et le mystère de la mort et de la résurrection de la nation. Il sacralise le pouvoir lui-même. »
Or depuis la fondation de l’État serbe, autour de 1160, par Stefan Nemanja, Église et État ne font qu’un. C’est le concept du saint­savaïsme, du nom de saint Sava, moine orthodoxe et prince royal, que chaque petit écolier serbe dessine encore dans ses pre­miers jours d’école publique. Par ailleurs, le mythe signifie aussi que les Serbes, chrétiens, seraient le dernier bastion contre l’invasion de l’islam.
C’est donc avec la bénédiction de l’Église que le mythe s’est propagé à travers la culture populaire et folklorique, des chansons de geste au «turbo folk» , un genre de chansons cher à feu Slobodan Milosevic. « Depuis deux siècles, les politiques utilisent intuitive­ment ou spécifiquement le mythe du Kosovo pour manipuler l’opi­nion , ajoute Ivan Colovic. C’est un des leviers du pouvoir, lequel a tout intérêt que l’on oublie son origine géographique, historique et linguistique. »

Le mythe fondateur est aujourd’hui utilisé comme fan­tasme, pour pallier la faiblesse de l’État alors que les Serbes ont un urgent besoin de reconstruire une identité nationale après l’ef­fondrement de la Yougoslavie.
« La plupart des Serbes sont de bonne foi,

explique James Lyon, historien des Balkans.
Ils sont convaincus que le Kosovo ne peut qu’être serbe même s’il est peuplé majoritairement d’Albanais, seule communauté non slave de l’ex-Yougoslavie, amalgamés en plus aux Ottomans parce que musulmans. Ils ne voient qu’un Kosovo imaginaire. » « Le Kosovo réel n’intéresse et n’a jamais intéressé personne en Ser­bie , renchérit Ivan Colovic. Pas un balkanologue, par exemple, n’a pris la peine d’apprendre l’al­banais. Mais qu’un autre peuple que les Serbes ose parler du Kosovo est pris comme une profanation, un sacrilège. Aujourd’hui, on ne peut pas sortir du mythe. En revanche, on peut en changer la grille de lecture. Mais pour cela, il faut une volonté politique. »

GAËLLE PÉRIO

PRÉCISION :
Une erreur s’est glissée dans un article consacré à l’histoire du Kosovo paru le 8 décembre 2007 dans
La Croix
. La population serbe ne s’éle­vait pas à 61 % en 1929, comme indiqué par erreur. Selon le recensement de 1931, les orthodoxes (Serbes et Mon­ténégrins ensemble) comptaient pour 27 % de la population.
Le mythe fondateur est aujourd’hui utilisé pour pallier la faiblesse de l’État alors que les Serbes ont un urgent besoin de reconstruire une identité nationale.

 
 
Le cardinal Walter Kasper s'est rendu en Ukraine

Kasper Le cardinal Walter Kasper, président du conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, s'est rendu du 6 au 9 décembre 2007 en Ukraine où il a été reçu notamment par le métropolite Vladimir de Kiev. En compagnie de l'archevêque Philippe de Poltava, le cardinal Kasper a visité la laure des Grottes de Kiev. Il s'est rendu également à l'académie de théologie de l'Eglise orthodoxe ukrainienne où il fut reçu par son recteur l'archevêque Antoine.

Le cardinal Kasper a pris part au séminaire "Communication et dialogue entre les cultures" qui s'est tenu à l'académie Pierre Mohila. Ce séminaire marquait la fondation dans la capitale ukrainienne du centre Saint-Clément de Rome. Selon la tradition de cette académie, ayant aujourd'hui le statut d'université publique, tous les participants ont chanté au début du séminaire l'hymne latine Gaudeamus Igitur. Au cours de cette séance, le cardinal Kasper a reçu le titre de docteur honoris causa de l'académie Pierre Mohila.

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Le métropolite Cyrille a reçu le nouvel ambassadeur de l'Ordre de Malte en Russie

Malte Le 10 décembre 2007, dans le monastère Saint-Daniel de Moscou, le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, a reçu le nouvel ambassadeur en Russie de l'Ordre souverain de Malte, Monsieur Gianfranco Facco Bonetti. Le métropolite Cyrille a salué chaleureusement l'ambassadeur et lui a rappelé la collaboration fructueuse qui s'était mise en place entre l'Eglise orthodoxe russe et l'ambassade d'Italie à Moscou lorsque M. Facco Bonetti en était le chef (de 2001 à 2006).

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210 ans de la naissance de saint Innocent d'Irkoutsk

Saintinnocent Le 9 décembre 2007, l'Eglise orthodoxe russe a commémoré le 210e anniversaire de la naissance de saint Innocent d'Irkoutsk, un grand évêque missionnaire russe du XIXe siècle. Une liturgie solennelle fut célébrée dans la cathédrale du Christ Sauveur sous la présidence du patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie, entouré de nombreux évêques. Cette liturgie était célébrée en russe et en yakoute, langue d'un des plus importants peuples de Sibérie où saint Innocent menait son activité missionnaire. La république de Yakoutie avait d'ailleurs fêté du 4 au 9 décembre les 375 ans de son entrée au sein de la Russie.

Une autre liturgie eut lieu le même jour dans la cathédrale d'Irkoutsk. Elle a réuni autour de l'archevêque Vadim de nombreux membres du clergé et des fidèles de ce diocèse sibérien.

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Publié dans infos diverses

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