Méditation pour l'avent,de Mgr Stéphanos
MEDITATION POUR LE TEMPS DE L’AVENT *
Tous les maux et toutes les divisions viennent du cœur chaque fois qu’il perd lui-même sa paix et son unité intérieures (Mt 12/34).
Avoir pour Dieu un cœur de fils, pour le prochain un cœur de mère et pour soi-même un cœur de juge nous rappelle que tant que l’homme vit, il doit se battre sans trêve ni répit d’abord pour se vaincre soi-même . Le premier et le plus grand ennemi de l’homme, c’est l’homme lui-même, perfide à l’égard de lui-même . Et cela parce qu’il n’écoute pas l’autre ; il écoute ce que lui dit sa propre pensée . Tant que l’homme prêtera le flanc aux simagrées de son ego, il ne pourra pas entrer dans « ce monde de la Grâce », dont parle Saint Paul . Au contraire, le premier effet de la perception de la Grâce agissante est d’éloigner l’attraction que l’ ego effectue sur l’esprit humain . Sous l’effet de la Grâce, le quotidien est d’une facilité saisissante, tandis que tous nos meilleurs efforts restent lourds et pesants tant qu’ils sont accomplis selon la volonté sourde de l’ ego .
Etre chrétien, c’est d’abord adhérer personnellement au Dieu vivant, pleinement révélé par Jésus, son Fils, son Christ, c’est-à-dire son Messie . Cela veut dire qu’on ne peut pas transformer la vie spirituelle en une simple éthique sociale ni réduire le vécu chrétien à la seule philanthropie ou aux valeurs qui viseraient uniquement à faciliter le bon fonctionnement de la société . Notre vocation première, c’est de « nous consacrer nous-mêmes, les uns les autres, et toute notre vie au Christ, notre Dieu » .
Etre un disciple du Christ, c’est être un homme ou une femme libre que les menaces n’effraient pas, que l’argent n’achète pas, que les habitudes et les passions n’enchaînent pas . Une personne dont la conduite n’est pas dictée par une morale de groupe ou un conformisme social, mais par la Parole de Dieu librement accueillie et acceptée . De sorte que cette même Parole devienne notre propre langage, qu’Elle structure nos propres pensées, qu’Elle forme et reforme le cœur trop endurci de l’homme . Cela s’obtient, sous la conduite du Saint Esprit, par la lecture de la Bible. Les Saintes Ecritures en effet nous permettent d’entrer dans une communion profonde, intime avec Dieu – Père, Fils et Esprit Saint . Par Elles, le cœur et l’esprit de l’homme s’ouvrent devant le grand mystère de l’amour divin ; mystère du Dieu Père qui désire et qui cherche inlassablement à entrer en communion intime et profonde avec chaque être humain, objet de son amour ineffable et sans limites .
Cela va bien au-delà d’une simple expérience immédiate, émotionnelle de la foi, promettant la délivrance, la santé et la prospérité à travers le don et l’ascèse . Au jour du Jugement dernier, Jésus nous demandera quel Dieu nous avons adoré : l’idole de l’ambition et de la réussite ou bien le Dieu Père, le Dieu de compassion, plein de tendresse envers tous ceux qui cherchent avant tout les vertus des Béatitudes, la pureté du cœur, la paix pour le monde ? L’important donc ici est de savoir distinguer entre les critères du bien et du mal ; entre le permanent et l’éphémère, entre l’existence vraie et l’organisation de l’existence
A SUIVRE........