Père Lev Gillet , méditation....

Publié le par Père Jean-Pierre

VOIR JÉSUS

« Nous voudrions voir Jésus «, disaient quelques Grecs à l’apôtre Philippe. Et c’est là encore la prière que j’adresse au Saint-Esprit. Seigneur Esprit Saint, fais-moi voir Jésus!

Ce sont les purs de cœur qui verront Dieu. Le sermon sur la montagne le déclare. Et Jésus ne peut être vu que par les purs de cœur. Ceux-ci se transportent d’emblée au centre de l’Évangile. Pour eux, c’est très simple. Mais c’est difficile pour ceux dont le regard est troublé par les passions ou par les connaissances humaines mal ordonnées. Ils doivent réapprendre, recouvrer le regard direct, immédiat sur Jésus.

J’apprends à regarder Jésus dans la mesure où j’apprends à être regardé par lui. Se soumettre au regard de Jésus. Avant d’adresser la parole à Simon, lors du premier appel, Jésus le regarde (et le verbe grec implique qu’il le regarde avec insistance). Même regard pénétrant jeté sur Simon-Pierre, lorsque Jésus sort de chez Caïphe et que Pierre l’a renié. Tel regard de Jésus comble le disciple de joie et de lumière. Tel autre fait pleurer amèrement le disciple qui a failli. Regards de Jésus qui font pleurer : sans eux, je n’obtiendrai pas que se pose sur moi le regard de lumière.

Conditions de la vision. Elles sont les mêmes que celles imposées par Jésus aux trois disciples dont il fit les témoins de sa transfiguration. Jésus les « prit avec lui » ; il les « conduisit » ; il les mena « sur une haute montagne », où ils étaient « seuls, à l’écart »«. Solitude avec Jésus. Se laisser conduire. Ascension pénible, très au-dessus de ce que notre vie a de mauvais et de médiocre. Toutes ces conditions demeurent ordinairement nécessaires. (Je dis « ordinairement », parce qu’il y a des cas exceptionnels : Saul sur le chemin de Damas).

Encore la pureté de cœur. Cœur pur : cœur sans mélange, comme on dit d’un vin qu’il est pur. Cœur non-partagé, non-divisé. Intégrité préservée – ou recouvrée. L’impureté, au sens sexuel, n’est qu’une des formes de la désintégration. « Mon enfant, donne-moi ton cœur », disait la Sagesse dans l’Ancien Testament. Seul un cœur «donné« peut saisir Jésus. Mais donné sans retour. Entier, sans faille. L’un opposé au multiple. « Je m’appelle légion », répondait le possédé auquel Jésus demandait son nom.

Mon enfant, tu as cherché ton bonheur. Au lieu du bonheur que tu cherchais, je t’offre mes « béatitudes «. Ta vie entière t’a rendu évident que ton chemin t’est fermé, hors l’absolu don de toi. Heureux es-tu, à qui j’ai barré les routes qui ne sont pas la mienne!

Quand je regarde à toi, Seigneur Jésus, je ne sens plus le besoin de t’interroger, de recevoir des réponses sur des questions particulières. Ta personne, ton image sont la réponse suffisante et totale. Si je fixe les yeux sur toi, en toi tout m’est révélé. Obscurément certes, mais avec puissance. Et même cette obscurité (qui, de toi à moi, ne peut point ne pas être) m’est souvent une clarté éblouissante. Lorsqu’il me semble obtenir de toi une claire vision, tout me devient clair.

Ta parole, Seigneur Jésus, n’est pas un commentaire sur une relation qui existerait entre toi et moi. Ta parole donne naissance à cette relation. Elle ne m’informe pas du fait du Christ. Elle crée mon contact vivant avec ce fait. Elle est l’irruption même du fait divin dans ma vie.

Chaque parole de Jésus est une déclaration de sa grâce. En Jésus, même dans les propos les plus quotidiens, c’est le Rédempteur qui parle. L’ombre de la croix sur toutes choses. Non : le soleil de la croix.

A SUIVRE........
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Publié dans Méditations

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