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Publié le par Père Jean-Pierre

jeu. 28 juin 2007

Un tribunal turc dénie le caractère œcuménique du Patriarcat de Constantinople

Un tribunal turc a appuyé mardi dernier la position défendue depuis longtemps par le gouvernement turc selon laquelle le patriarche orthodoxe qui a son siège à Istanbul est le chef uniquement de la petite communauté grec-orthodoxe de cette ville et non pas le chef spirituel des quelques 300 millions d’Orthodoxes répandus dans le monde.
Cette décision n’a pas d’incidence sur le statut dont jouit le patriarche Bartholomée  hors de la Turquie, où il est considéré comme le « premier parmi ses égaux » des chefs orthodoxes, selon la phrase consacrée. Mais elle renforce la forte résistance de la part de la Turquie à toute reconnaissance d’un rôle plus large pour Bartholomée et pour son enclave chrétienne pluriséculaire.
Les fortes objections de la Turquie à l’idée de concessions en faveur du patriarcat sont nourries d’une crainte que cela pourrait ouvrir la porte à d’autres revendications similaire par d’autres groupes minoritaires, dont les rebelles kurdes en lutte pour plus d’autonomie. Des membres de l’administration de la Turquie, pays majoritairement musulman, redoutent aussi les relations culturelles et religieuses proches entre le patriarcat et la Grèce, sa rivale traditionnelle.

Le tribunal a décidé que la Turquie ne pouvait accorder « un statut spécial » à aucun groupe minoritaire. Cette décision s’insère dans le cadre d’un procès en appel qui a confirmé l’acquittement de Bartholomée dans une dispute qui l’opposait à un prêtre bulgare.
« Le patriarcat, qui a pu rester sur le sol turc, est assujetti aux lois turques », a dit le tribunal. « Il n’y a pas de base légale aux prétentions que le patriarcat soit œcuménique ».
Le porte-parole du patriarcat n’était pas immédiatement disponible pour donner une réponse.
Parmi les chrétiens orthodoxes, la position occupée par Bartholomée est d’une grande signification historique. Le patriarcat date de l’Empire byzantin, qui s’est effondré lors de la conquête ottomane de Constantinople – aujourd’hui Istanbul- en 1453.
Mais il n’a pas d’influence directe sur les quelques douze Eglises orthodoxes autocéphales qui se trouvent en Europe et en Terre sainte. On compte parmi les fidèles directement sous la juridiction de Bartholomée les quelques 3000 orthodoxes grecs qui restent à Istanbul et d’autres communautés un peu partout dans le monde, y compris aux Etats-Unis.
La Turquie impose des contrôles très stricts, dont des règles qui exigent que le patriarche soit un citoyen turc, ce qui limite très sévèrement le nombre de candidats potentiels à l’éventuelle  succession de Bartholomée. Le patriarcat, appuyé par la Grèce et d’autres nations orthodoxes, a également cherché à persuader la Turquie de permettre le réouverture d’un séminaire (Halki), obligé de fermer ses portes il y a plus de vingt ans.
A Athènes, le ministère grec des affaires étrangères a dit que la décision du tribunal ne changerait pas la perception de la part des chrétiens du patriarche.
« La dimension œcuménique du patriarcat de Constantinople est fondée sur des traités internationaux, les règles sacrées de l’Orthodoxie, sur l’histoire et sur la tradition de l’Eglise », a dit le porte-parole du ministère, M. George Koumoutsakos.
« Mais, surtout, la reconnaissance du patriarche œcuménique comme un chef spirituel est profondément enracinée  dans la conscience de centaines de millions de chrétiens, orthodoxes ou non, partout dans le monde -et ce depuis des siècles.

Source : Yahoo! News

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