Le 04 Janvier nous ferons mémoire de St Onuphre de l'Athos,de St Féreol d'Uzès,de St Grégoire de Langres,de
Le 4 janvier, mémoire du Saint Moine et Néomartyr ONUPHRE, mort à CHIOS en 1818
aaaNé à Camproba, bourg de la région de Tirnovo (Bulgarie), dans une famille aisée, Saint Onuphre, appelé Matthieu au Saint Baptême, reçut une solide éducation chrétienne. Un jour, vers l'âge de huit ans, comme il recevait une correction par ses parents pour une indiscipline, en présence de Turcs de la contrée, il s'écria pour se venger qu'il voulait devenir musulman. Heureusement, le soin attentif et les réprimandes de ses parents lui firent bien vite abandonner cette idée et, étant parvenu à l'âge requis, il décida même d'embrasser la vie monastique au Monastère Serbe de Chilandar sur le Mont Athos. Tonsuré sous le nom de Manassé et ordonné Diacre, il montrait un grand zèle dans le jeûne, la prière et tous les labeurs de la vie ascétique, de telle sorte que, progressant dans la vertu et l'humilité, le souvenir du reniement prononcé dans son enfance en un moment d'égarement lui brûlait la conscience et l'amena au désir d'offrir sa vie en sacrifice au Seigneur pour obtenir son pardon. Plus l'amour de Dieu grandissait en lui, plus le désir du Martyre se faisait pressant. Sans révéler son projet à personne, il se rendit à la skite de Saint Jean le Précurseur auprès de l'ancien Nicéphore, ascète réputé et père spirituel expérimenté, qui avait préparé au Martyre quelque temps auparavant Saints Euthyme, Ignace et Acace (voir au ler mai). Celui-ci lui donna une cellule, où il demeurait reclus, ne mangeant qu'un peu de pain tous les deux ou trois jours, faisait environ quatre mille prosternations de jour et de nuit, priait sans interruption, l'intelligence fixée dans son coeur, et versait des torrents de larmes. Au bout de quatre mois d'une telle préparation, comme son désir du Martyre ne cessait de croître, en lui faisant oublier tout ce qui est de cette vie, l'Ancien le revêtit du saint et grand habit angélique sous le nom d'Onuphre et l'envoya accomplir son dessein, en compagnie d'un des ' frères, Grégoire du Péloponnèse, qui avait assisté les trois Saints Martyrs mentionnés plus haut dans leur ultime combat. Parvenu dans l'île de Chios, il s'isola d'abord pendant sept jours pour se préparer dans la prière et le jeûne, en lisant avec avidité le récit de la mort des Néomartyrs qui l'avaient précédé. Saisi par la crainte humaine de la souffrance et tenté d'abandonner son projet, il fut alors réconforté par l'apparition d'un groupe de Néomartyrs qui lui dirent: «Viens, car le Roi te demande! » puis, le premier janvier, par celle de Saint Basile de Grand.
aaaTout en l'encourageant à persévérer dans sa résolution, Grégoire, en maître avisé, lui adressait injures et lourdes réprimandes pour l'affermir dans l'humilité avant de parvenir à l'humilité parfaite du Fils de Dieu qui s'est humilié pour nous jusqu'à la mort sur la Croix (voir Philippiens 2:8). Le soir du Jeudi Saint, de même que le Seigneur était parti pour veiller au jardin des Oliviers avant d'être livré, Onuphre, après avoir communié aux Saints Mystères, s'oignit le corps, tel un athlète avant le combat, avec l'huile des veilleuses brûlant devant les Icônes des Néomartyrs, et passa le reste de la nuit en prière. A l'aurore, il se présenta au tribunal local revêtu du costume turc et, piétinant le turban blanc, signe distinctif des adeptes de Mahomet, il raconta son histoire et abjura l'Islam devant un grand nombre d'agas (juges). D'abord ahuris par une telle audace, les Turcs s'emparèrent du Saint, le rudoyèrent, puis le jetèrent en prison, les pieds étroitement enserrés dans un étau. Comme sa résolution restait inébranlable, la sentence fut prononcée et aussitôt exécutée. Le Saint parvint à attirer ses bourmaux jusqu'au lieu même où dix-sept ans auparavant le Saint Martyr Marc avait été décapité (voir sa mémoire le 5 juin), il s'agenouilla, courba docilement la nuque et expira après trois coups de glaive maladroitement assénés. Son corps et la terre imbibée de son sang furent jetés en hâte à la mer, de peur que les Chrétiens ne viennent les vénérer.
Le 4 janvier, mémoire de Saint Grégoire, Evêque de Langres (Haute-Marne)
aaaDe famille sénatoriale, Grégoire gouverna le pays d'Autun, en qualité de comte, pendant quarante ans ; il remplit cette charge avec un grand sentiment de l'équité et avec une fermeté qui en faisait la terreur des méchants. De son épouse Armentaire, il eut deux fils, dont l'un, Tetricus, fut son successeur sur le siège de Langres, et l'autre fut le grand-père de l'historien Grégoire de Tours. Il était déjà avancé en âge quand, devenu veuf, il abandonna le monde et se donna à Dieu sans réserve. C'est alors que le Clergé et les fidèles de Langres l'élurent comme Evêque. Après son Sacre, on vit en lui un admirable exemple de fidélité à tous les devoirs de sa charge pastorale ; sans le laisser paraître extéricurement, il pratiquait une rigoureuse abstinence, ne vivait que de pain d'orge, ne mêlait que quelques gouttes de vin à l'eau qu'il buvait, consacrait de longues heures à la prière durant la nuit.
aaaLa ville de Dijon, à cette époque, faisait partie du Diocèse de Langres ; Grégoire y faisait d'assez longs séjours. Sa résidence était contiguë au baptistère de Saint-Vincent, non loin de l'endroit où se trouve l'église Saint-Étienne. De nombreuses Reliques étaient exposées dans ce baptistère, et Grégoire venait les vénérer pendant la nuit. Un de ses Clercs, qui épiait ses démarches, raconta que, durant l'une de ces veilles, les Saints dont les Reliques étaient ainsi exposées vinrent se joindre à lui pour chanter les louanges du Seigneur. Il entendit Saint Bénigne, dont le culte était négligé, se plaindre de cet oubli ; ce qui amena Grégoire à renouveler la châsse du Saint Martyr.
aaaGrégoire gouverna pendant trente-trois ans le Diocèse de Langres ; il assista en personne aux conciles d'Épaone et de Clermont, en 517 et 525, il se fit représenter à celui d'Orléans de 538. Il se rendait à Langres pour les fêtes de l'Épiphanie quand il fut atteint de la fièvre et passa à une vie meilleure le 4 janvier 539 ; il était plus qu'octogénaire. Selon son désir, son corps fut inhumé dans le baptistère de Dijon.
aaaL'épitaphe composée par Venance Fortunat laisse entendre que le saint homme sut réparer ses excès de sévérité comme gouverneur séculier par la tendre charité dont il usa envers tous durant la dernière partie de sa vie. De fait, les miracles accomplis après sa mort, par son intercession, furent de préférence en faveur de captifs frappés par la justice humaine.
aaaLorsque Tetricus, fils et successeur de Grégoire, voulut lui élever un monument plus somptueux, on procéda à l'exhumation, et le corps fut trouvé dans l'attitude du sommeil et sans corruption ; l'anniversaire de cette translation se célèbre le 6 novembre.
Le 4 janvier, mémoire de Saint Ferréol, Evêque d'Uzès (Gard)
aaaFerréol, de famille royale, naquit dans la province de Narbonne. Il succéda à son oncle Firmin sur le siège d'Uzès. Si l'on en croit la tradition, il améliora la situation de son Clergé au temporel et au spirituel, gagna l'affection des simples fidèles par l'aménité de son caractère, et réussit à convertir un bon nombre de juifs répandus dans la contrée. Des envieux le dénoncèrent au roi Childebert comme trop favorable aux juifs et aux Sarrasins, et il fut condamné à l'exil. Childebert, qui l'avait fait venir à Paris, reconnut en lui un véritable homme de Dieu et, au bout de trois ans, le rendit à son diocèse. Ferréol y fut accueilli avec transport et continua l'œuvre des conversions heureusement commencée. Un Ange du Seigneur lui apparut pour lui annoncer l'heure prochaine de son trépas. Ferréol s'y prépara avec ferveur et mourut peu après ; son corps fut déposé dans l'église Saint-Paul d'Uzès et de nombreuses guérisons furent opérées à son tombeau.
aaaD'après Grégoire de Tours, Ferréol écrivit un certain nombre de Lettres, mais il n'en est rien resté. On a attribué aussi à cet évêque une Règle pour les moines ; elle était destinée à l'Abbaye fondée par lui à Uzès en 558.