Profanation d'un cimetière grégorien à Istanbul: Bartholomée 1er "attristé" (presse
ISTANBUL, 20 sept 2009 (AFP) - Profanation d'un cimetière grégorien à Istanbul: Bartholomée 1er "attristé" (presse)
Le patriarche oecuménique de Constantinople, Batholomée Ier, chef spirituel de l'orthodoxie, a exprimé sa "tristesse" lors d'une visite à Istanbul dans un cimetière grégorien profané à plusieurs reprises, ont indiqué dimanche les journaux turcs.
C'est en août et en septembre que quelque 90 tombes de membres de la communauté grecque ont été vandalisés dans le cimetière de Balikli, sur la rive européenne de la ville, rapportent Hürriyet et Haber Türk.
Au cours de sa visite samedi Bartholomée Ier a exprimé son "étonnement et sa tristesse", souligne Haber Türk.
Des responsables du patriarcat, cités par Haber Türk, ont évoqué une possible attaque aux motivations politiques, soulignant qu'elle était intervenue "quelque jours après l'anniversaire des incidents du 6-7 septembre" 1955 à Istanbul. De violents incidents anti-grecs s'étaient alors produits conduisant au pillage des quartiers grecs et à la destruction de nombreuses églises chrétiennes et de synagogues.
Le ministère turc des Affaires étrangères et les autorités policières ont été informés des actes de vandalisme "réalisés vraisemblablement par des sans-logis", a souligné Dimitri Karayanni, président de la fondation qui gère le cimetière, rapporte Hürriyet.
Le cimetière abrite aussi des tombes arméniennes.
Le Patriarcat et la Fondation Balikli contactés par l'AFP n'ont pas souhaité faire de commentaires.
Ceux que les Turcs appellent les "Roum" -soit les Romains, descendants de l'empire romain d'Orient- étaient quelque 100.000 à habiter Istanbul en 1927, au lendemain d'échanges de populations entre la Grèce et la République de Turquie nouvellement fondée sur les ruines de l'empire ottoman en 1923.
Leur nombre s'est depuis progressivement réduit, chutant à quelque 5.000.
La Turquie est un pays officiellement à 99% musulman, où vivent outre les Grecs, environ 45.000 Arméniens, 35.000 juifs et 20.000 syriaques.