Politique ? Allons donc !Le monastère « Mor Gabriel »
Politique ? Allons donc !
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| Mardin – Tur Abdin - Mor Gabriel (Deyr-Ul-Umur) |
Fondé en l’an 397, il a résisté à tout, s’accrochant à la « montagne des serviteurs de Dieu » (Tur Abdin ». Mor Gabriel qui a compté à son âge d’or jusqu’ à 1000 moines n’abrite plus que 13 nones, 3 moines et un métropolite. Mais Mor Gabriel demeure la Seconde « Jérusalem » pour l’Eglise syriaque orthodoxe dont le Patriarcat est aujourd’hui à Damas et reste le fleuron spirituel de tous les assyro-chaldéens,
Depuis plusieurs mois « Mor Gabriel » fait l’objet d’attaques de toutes natures. Une « vieille » habitude…
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| Le monastère : 1909-1911 |
En 1915 lors du génocide syriaque, les Kurdes tuèrent tous les moines qui vivaient dans le monastère et l’occupèrent durant quatre ans. En 1919, le monastère fut rendu à l'église syriaque. De 1962 à 1971, sous l’impulsion de Mor Yulius Yeshu Cicek (actuel évêque de l’Europe de l’Ouest) alors abbé du monastère, beaucoup de bâtiments furent rénovés, d’autres construits.
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| La « Renaissance de Mor Gabriel » |
Une route sortit de terre permettant à des voitures d’accéder au monastère, un générateur fut mis en place pour fournir de l'électricité et un séminaire fut ouvert pour la formation du clergé. Depuis 1971, le supérieur du monastère est Mor Timotheos Aktas, qui a ajouté beaucoup de bâtiments. Le monastère dispose aujourd’hui de l'électricité, de l'eau et du téléphone.
Dans les années 1970, il restait encore 70 000 Syriaques dans cette région de Mésopotamie, bordée par l’Euphrate et le Tigre. Aujourd’hui, à peine 2 000. Sur la centaine de monastères, il en reste quatre en activités. Cerise sur le gâteau, la Turquie refuse toujours d’appliquer aux Syriaques le traité de Lausanne, signé en 1923, qui accorde des droits aux minorités non musulmanes. Contrairement aux citoyens turcs d’origine arménienne, juive et grecque orthodoxe, nos frères Syriaques n’ont aucune existence légale…
Avec l’arrivée au pouvoir du parti « islamo-conservateur » de l’AKP en 2002, l’étau s’était pourtant un peu desserré autour des 60 000 chrétiens de Turquie.
Une loi sur les fondations a même été votée, ouvrant la voie à l’indemnisation des centaines de propriétés spoliées depuis la création de la République turque en 1923, voire de restituer les biens confisqués par l’État aux fondations des minorités non musulmanes.
Une belle loi sur le papier…
Toujours est-il que depuis quelques années, l’été, des milliers de fidèles, de Syrie et d’Europe, se pressaient de nouveau au monastère « Mor Gabriel »,. Quelques dizaines de familles de la diaspora se sont réinstallées. Ces quarante dernières années, elles avaient fui l’hostilité de l’État, et la guerre civile entre l’armée et les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avait accéléré l’hémorragie. Mais leur retour s’est heurté à l’administration, qui a confisqué des terres, ou à des paysans kurdes qui se les sont appropriées en l’absence des propriétaires. En 2007 le mystérieux enlèvement d’un prêtre du monastère de Mor Yacub, n’a pas contribué à restaurer la confiance…
Depuis 2008, le monastère doit mener de front deux « batailles ».
L’une contre l’Etat turc, l’autre contre trois villages du voisinage.
La mise à jour du cadastre en 2008 a placé les terres du monastère au cœur du conflit 250 hectares de terre dans l’ « enceinte » du monastère qui ne seraient pas cultivés, ont été requalifiés en « forêts » et sont tombés dans le domaine public.
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| La belle forêt de « Mor Gabriel »… |
Le ministère du Trésor entend aussi recevoir sa part et réclamera devant la cour de Midyat, la ville voisine, 142 hectares supplémentaires. Quant aux habitants des alentours, ils revendiquent des parcelles pour faire paître leur bétail.
| À Eglence, village aux ruelles boueuses qui font office de basse-cour pour les dindons et les poulets, on se défend de tout sentiment antichrétien. « Avant la venue du cadastre, nous vivions comme des frères, insiste Fethullah Acar, entre deux gorgées de thé. Mais nous avons besoin des terres pour nos bêtes. » Serrés autour du poêle à bois, les hommes sont unanimes : « A-t-on déjà vu une mosquée qui possède autant d’hectares ? » Dans leur plainte initiale, il n’était pas seulement question de terrains. Les moines étaient, entre autres, accusés de se livrer à « des activités antiturques », « missionnaires » et de « tentatives de détruire l’unité nationale en incitant les gens à la révolte ». Embarrassés, les plaignants, qui n’ont visiblement fait qu’apposer leur signature au bas du document, balaient ces griefs du revers d’une main. « Non, non, il n’y a rien de tel. » Le tribunal n’a d’ailleurs pas retenu ces charges. Reste une rumeur, tenace, qui attise la rancœur : le monastère, bâti au IVe siècle, aurait été construit sur une mosquée. « Un procureur est même venu vérifier », raconte Kuryakus Ergün. Évidemment, il n’en a pas trouvé trace. Pour l’Alliance universelle syriaque, une ONG de la diaspora basée aux Pays-Bas, ces démêlés s’ajoutent à une longue liste « de persécutions contre les chrétiens depuis des décennies ». « La Turquie souhaite aujourd’hui adhérer à l’Union européenne, ces pratiques vont à l’encontre du but recherché », déclare Daniel Gabriel, le directeur de la branche des droits de l’homme de l’association. Dans chacun de ses rapports annuels, Bruxelles presse Ankara d’améliorer les droits de ses minorités non musulmanes. « Malgré tout, je ne perds pas espoir », explique un jeune chrétien qui préfère garder l’anonymat. Il n’a pas pu se résoudre à suivre ses huit frères et sœurs en Suède, à renoncer au plaisir de boire le petit vin légèrement sucré, qu’il met « en bouteille chaque année ». « Les anciens disent que le but du procès est de se débarrasser de nous, je n’y crois pas. Le gouvernement ne peut pas prendre ce risque, car nous sommes la richesse culturelle de cette région. Qui viendra s’il n’y a plus de chrétiens ? » |
Nous préciserons que le 12 mars 2009, une délégation du « Foreign Ministry Research Departement» des Etats-Unis s’est déplacée à « Mor Gabriel » pour faire le point sur cette affaire…
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| Le 12 mars 2009… |
Et l’Europe ?




