BELGRADE, 22 mai 2009 (AFP) - Enquête sur des violences qui auraient été commises à l'encontre de drogués

Publié le par Père Jean-Pierre

BELGRADE, 22 mai 2009 (AFP) - Enquête sur des violences qui auraient été commises à l'encontre de drogués

La police serbe a ouvert vendredi une enquête sur des violences qui auraient été commises dans un centre de réhabilitation de toxicomanes géré par l'Eglise orthodoxe dans le sud de la Serbie, après la diffusion d'une vidéo montrant de tels faits.

"La police et les inspecteurs du ministère de la Santé se sont rendus dans le centre, ont eu des entretiens et remettront un rapport au Procureur", a déclaré à l'AFP une source policière sans fournir plus de détails.

L'enquête a été lancée à la suite de la diffusion dans les médias serbes d'une vidéo diffusée sur le site de l'hebdomadaire Vreme (www.vreme.com) montrant plusieurs hommes en train de rouer de coups une personne dans la salle à manger du Centre orthodoxe de réhabilitation spirituelle et missionnaire Crna Reka.

Le centre est situé à proximité de Novi Pazar, dans le sud-ouest de la Serbie.

L'ombudsman serbe, Sasa Jankovic, qui sert de médiateur entre les citoyens et les autorités, a porté plainte vendredi contre neuf employés du centre de réhabilitation Crna Reka, assurant qu'il avait reçu des appels d'autres anciens locataires.

"Je porte plainte contre au moins neuf personnes qui ont été identifiées grâce à la vidéo, mais aussi grâce à des déclarations de plusieurs citoyens qui ont appelé mon bureau au cours de la journée et raconté leurs expériences dans le centre", a indiqué M. Jankovic à l'AFP.

M. Jankovic accuse ces personnes "d'enfermement illégal, de blessures graves et de charlatanisme".

En se fondant sur la vidéo, "il est évident que cela ne pouvait pas être un traitement médical ou une thérapie", a ajouté M. Jankovic.

Le centre est géré par un prêtre orthodoxe serbe, le père Branislav Peranovic, qui affirme avoir eu "la bénédiction de l'archevêque" chargé de la région du Sud de la Serbie et du Kosovo.

Le père Peranovic a confirmé que des violences contre les bénéficiaires du centre faisaient partie du traitement des toxicomanes.

"Bien sûr que nous avons recours à la violence de temps en temps et en accord avec les parents. Ceux qui ont des toxicomanes à la maison savent très bien de quoi je parle", a déclaré M. Peranovic à la chaîne de télévision B92.

Mais pour M. Jankovic, "personne, pas même les parents, ne peut consentir au recours à la violence".

"Ce n'est pas la peine de parler de traitements ou de thérapie. Ce que nous avons vu sur cette vidéo est manifestement un délit", a-t-il ajouté.

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