Voyage pontifical dans une Terre sainte de plus en plus désertée par les chrétiens

Publié le par Père Jean-Pierre

tempsreel.nouvelobs.com
INTERNATIONAL
AP | 09.05.2009 | 15:26

C'est une communauté de croyants de moins en moins nombreuse qui accueille le pape Benoît XVI à l'occasion de sa visite d'une semaine en Terre sainte. Ecrasés numériquement par les populations juives et musulmanes, les jeunes chrétiens partent de plus en plus chercher leur avenir ailleurs, particulièrement ceux qui vivent dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem-Est.

Les chrétiens disent être traités avec suspicion à la fois par les juifs et les musulmans, et se sentir pris en étau dans un conflit qui n'est pas le leur. "C'est devenu une cause musulmane et une cause juive, qui ne concerne pas les chrétiens", estime Zakaria Michriki, un commerçant chrétien de 32 ans vivant dans la Vieille ville de Jérusalem, qui a des cousins aux Etats-Unis et au Canada.

Au cours de la dernière décennie, l'islamisme a progressé dans la société palestinienne, ce qui a augmenté la pression sur les chrétiens, explique Michriki, qui vend notamment dans son échoppe des scènes de la Nativité, faites en bois, et des crucifix.

Les juifs israéliens ne font pas de différence entre les musulmans et les chrétiens, et considèrent tous les Palestiniens comme une menace, poursuit celui qui est né dans une famille catholique, mais qui se considère désormais comme protestant.

Les chrétiens de Terre sainte sont essentiellement de rite catholique romain, catholique grec et grec orthodoxe, ainsi que, plus modestement, de rite assyrien, melkite, arménien.

Si leur nombre a légèrement augmenté depuis la fondation d'Israël, le taux de croissance est aujourd'hui bien moindre que ceux concernant les juifs et les musulmans dans le pays.

Il y avait environ 140.000 chrétiens arabes en Terre sainte en 1945, selon le sociologue palestinien Bernard Sabella. Aujourd'hui, ils sont environ 160.000, sur 7,4 millions de personnes vivant en Israël et 3,8 millions vivant en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.

Le nombre de chrétiens en Israël a triplé depuis la naissance de l'Etat hébreu en 1948, grâce à la relative stabilité et à la prospérité de l'ensemble des Israéliens, souligne Bernard Sabella, tout en notant que les Arabes souffrent toujours de discriminations concernant les emplois publics et les dotations budgétaires.

Mais en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, où les Palestiniens sont soumis à l'occupation militaire israélienne, la communauté chrétienne continue à subir une hémorragie, observe-t-il. Elle "est décrite en général comme issue de la classe moyenne, cherchant à insérer les enfants et les jeunes", poursuit-il. Mais selon lui, en raison du conflit israélo-palestinien et des politiques israéliennes restrictives, "à 25 ou 30 ans, ils commencent se dire: 'pourquoi devrais-je rester?'".

Les chrétiens sont souvent mieux éduqués et plus riches que leurs voisins arabes musulmans, ce qui facilite leur départ.

Les responsables du Vatican ont reconnu le problème. "Les chrétiens sont une minorité, et dans les situations difficiles, les minorités souffrent toujours plus", a observé cette semaine le délégué apostolique à Jérusalem et en Palestine, Mgr Antonio Franco. A Rome, le porte-parole du Vatican Federico Lombardi a assuré pour sa part que l'exode chrétien était "une grande préoccupation pour l'Eglise". AP

 

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