LA CONSCIENCE,suite et fin.

Publié le par Père Jean-Pierre


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VENDREDI 10 AVRIL 2009

LA CONSCIENCE


(Saint Ignace Evêque du Caucase et de la Mer Noire)

La conscience est un sentiment de l’esprit, humain, subtil, lucide, qui distingue le bien du mal.
Ce sentiment distingue plus clairement le bien du mal que ne le fait l’intellect. Il est plus La conscience, éclairée et exercée par l’Evangile, montre à l’homme ses péchés, clairement et en détail, même les plus petits.
Ne fais pas violence à ton adversaire, ta conscience ! sinon tu seras privé de la liberté spirituelle, le péché t’emprisonnera et te liera. Le Prophète s’afflige au nom de Dieu, pour ceux qui ont piétiné la conscience, se sont attaqués à eux-mêmes. « Ephraïm est opprimé, brisé par le jugement, car il a suivi les préceptes qui lui plaisaient » (Osée.5 /11).
Le tranchant de la conscience est très tendre ; il faut le préserver. Il est préservé lorsque l’homme accomplit toutes les exigences de la conscience et lave, par les larmes du repentir, toute transgression d’une exigence quelconque, par faiblesse ou ayant été entraîné ou séduit.
Ne pense d’aucun péché qu’il a peu d’importance : tout péché est une transgression de la loi de Dieu, une action contraire à la volonté de Dieu - le mépris de la conscience.
D’une vétille de transgressions, à première vue insignifiantes, nous passons progressivement à de très grands péchés.
« Qu’est-ce-que ça veut dire cela ? Est-ce-que c’est un péché qui a de la valeur ? Qu’est-ce-qu’un péché ? Mais ce n’est pas un péché ? »
ainsi raisonne celui qui néglige son salut lorsqu’il goûte à la nourriture du péché, interdite par la loi de Dieu. Se basant sur un jugement aussi peu fondé, il méprise constamment sa conscience.
Son tranchant s’émousse, sa lumière s’affaiblit, dans l ‘âme se répandent les ténèbres et le froid de la négligence et de l’insensibilité. L’insensibilité devient à la fin un état habituel dans l’âme. Souvent elle en est satisfaite ; souvent elle le reconnaît comme un état agréable à Dieu - comme la tranquillité de la conscience -, tandis qu’il est la perte du sentiment d’une vie spirituelle dans la grâce, l’endormissement et l’aveuglement de la conscience.(St Jean Climaque.ch.18)
Lors d’un tel état, lors du terrible enténèbrement et de l’insensibilité, divers péchés entrent librement dans l’âme, ils y installent une tanière pour eux. S’étant endurcis dans l’âme, les péchés deviennent des habitudes aussi fortes que la nature et, parfois, plus fortes qu’elle. Les habitudes des péchés s’appellent les passions. L’homme ne s’en aperçoit pas, mais imperceptiblement, il devient enchaîné de partout par le péché, il en est captif, il est dans l’esclavage.
Celui qui méprise constamment les rappels de la conscience, qui s’est permis de tomber dans l’esclavage du péché, celui-là, uniquement avec l’aide particulière de Dieu, pourra briser les chaînes de cet esclavage et vaincre les passions qui se sont transformées en des propriétés naturelles.
Bien-aimé frère ! Garde ta conscience avec le plus d’attention possible et de soins. Garde ta conscience à l’égard de Dieu : accomplis tous les commandements de Dieu, tant ceux qui sont visibles pour tous, que ceux qui sont visibles pour personne, visibles et connus uniquement par Dieu et ta conscience.
Garde ta conscience à l’égard du prochain, ne te contente pas uniquement d’une bonne apparence de ton comportement avec le prochain ; cherche de ton côté que ta conscience elle-même soit satisfaite de ton comportement. Elle sera satisfaite lorsque non seulement tes actions, mais aussi ton cœur, auront le comportement commandé par l’Evangile.
Garde ta conscience à l’égard des objets évitant le superflu, le luxe, la négligence, et souviens toi que tous les objets que tu utilises sont des créations de Dieu, des dons de Dieu à l’homme.
Garde ta conscience à l’égard de toi-même. N’oublies pas que tu es l’image et la ressemblance de Dieu, que tu as l’obligation de présenter cette image, dans la pureté et la sainteté, à Dieu Lui-Même.
Malheur, malheur, si le Seigneur ne reconnaît pas Son image, s’Il n’y trouve aucune ressemblance avec Lui-Même. Il prononcera une sévère condamnation : « Je ne vous connais pas » (Matt.25/12). L’image indécente sera jetée dans le feu inextinguible de la géhenne.
Une joie infinie remplira l’âme si le Seigneur, l’ayant regardé, y reconnaît la ressemblance avec Lui-Même, voyant en elle la beauté que par Son infinie bonté, Il lui a attribuée lors de la création, la renouvelant et l’augmentant lors de la Rédemption, beauté que l’âme a acquise en accomplissant les commandements évangéliques, et en s’éloignant de tout péché. Amen
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Publié dans Enseignement

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