Inde: vaste mobilisation et chaîne humaine contre les violences antichrétiennes
| Inde: vaste mobilisation et chaîne humaine contre les violences antichrétiennes | | |
| 27-11-2008 | |
| Plus de 5'000 personnes - chrétiens, hindous et musulmans - ont observé trois jours de jeûne et formé une chaîne humaine à Calcutta, en Inde, afin de protester contre les violences antichrétiennes, un peu partout en Inde, et notamment dans l'Etat de l'Orissa. Le 16 novembre dernier, rapporte Eglises d'Asie, plusieurs milliers de chrétiens, hindous et musulmans ont interrompu pendant dix minutes la circulation dans les rues encombrées de la capitale du Bengale, en formant une gigantesque chaîne humaine. Cette manifestation clôturait un jeûne de trois jours (du 14 au 16 novembre), organisé, sous l'égide de l'archidiocèse de Calcutta, par une quarantaine de groupes locaux. S'étendant sur 1,5 km de long, la chaîne fraternelle unissait plus de 5'000 personnes, dont des évêques catholiques et protestants, des membres du Parlement, des chrétiens de toutes confessions, des musulmans, des hindous et des sikhs. Soutien visible aux chrétiens persécutés Après plus de deux mois de violences antichrétiennes, lesquelles ont débuté fin août en Orissa, cette manifestation pacifique se voulait un soutien visible aux chrétiens persécutés mais aussi une protestation contre l'intensification de l'intolérance religieuse dans le pays. Le Père George Pattery, supérieur des jésuites de la province de Calcutta et organisateur de l'événement, a qualifié l'opération «d'immense succès». Quant à l'ancien archevêque de Calcutta, Mgr Henry Sebastian D'Souza, il a souligné auprès de l'agence Ucanews que beaucoup de personnes avaient fait de grands sacrifices pour jeûner et manifester leur engagement «afin que leur pays puisse vivre dans la paix et l'harmonie».
Les attaques s'étendent à Bombay La ville de Bombay, dans l'Etat du Maharashtra, jusqu'à présent relativement épargnée par la vague de violences antichrétiennes est désormais également confrontée aux violences interreligieuses. En l'occurrence pour protester contre le baptême de cinq hindous. Des militants hindouistes ont attaqué une église pentecôtiste, le 15 novembre dernier. Selon Eglises d'Asie, plus d'une trentaine d'extrémistes hindous ont fait irruption dans le lieu de culte de «l'Eglise de Dieu» de Bhayander, une banlieue de la mégapole indienne. Alors que 150 chrétiens venaient d'assister au baptême de cinq adultes hindous nouvellement convertis, les assaillants ont frappé le pasteur Philip Fernandes, âgé de 50 ans, ainsi que plusieurs des fidèles qui s'étaient portés à son secours. Les assaillants ont en outre vandalisé l'autel, le mobilier liturgique, les systèmes de ventilation et de sonorisation. La police locale a arrêté une vingtaine d'agresseurs et ouvert une enquête. Selon les médias locaux, les personnes interpellées ont déclaré à la police qu'elles avaient attaqué l'église et son pasteur parce que ce dernier pratiquait des «conversions forcées» d'hindous. Le pasteur Fernandes a pour sa part affirmé que les cinq fidèles qui ont été baptisés ce jour-là venaient régulièrement à l'église depuis de nombreuses années et que «personne n'a forcé quiconque à quoi que ce soit». Quant aux nouveaux baptisés, ils ont porté plainte auprès de la police, certifiant avoir accepté de devenir chrétiens de leur «plein gré». Chrétiens trop sur la défensive Mgr Bosco Penha, évêque auxiliaire de l'archidiocèse catholique de Bombay, a condamné fermement l'agression. Il a déclaré que les chrétiens font preuve d'une attitude «trop prudente et sur la défensive» lorsque les hindouistes les accusent de convertir les gens. «Il est temps pour nous d'affirmer notre droit fondamental à pratiquer et à répandre notre foi (...), ainsi que nous le garantit la Constitution.» «Personne n'a le droit de se croire au-dessus des lois et les coupables devront rendre des comptes.» Parmi les personnes interpellées se trouvent des membres du Shiv Sena, parti pro-hindou radical. Le responsable local du Shiv Sena, Mukesh Mehta, a reconnu auprès d'Ucanews que certains de ses membres s'étaient rendus à l'église après avoir entendu dire qu'il y avait des conversions.
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