PRIÈRE DE SUPPLICATION,Saint Éphrem le Syrien.(une autre...)
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PRIÈRE DE SUPPLICATION
Saint Éphrem le Syrien.
Où pourra bien se trouver la demeure du pécheur que je suis, quand mon temps sera écoulé, quand j’aurai quitté ces lieux pour l’ultime séjour ? Où le sort m’enverra-t-il ? Dans les profondeurs, ou dans les hauteurs ? Vers le repos et la félicité, ou vers les soucis et la souffrance ? Vers les ténèbres, ou vers la lumière ? Au Paradis, ou dans le feu ? Quelle sera ma punition, puisque je me suis obstiné jusqu'à maintenant dans la paresse, la nonchalance et les mauvaises pensées, ajoutant sans cesse aux péchés que j’ai commis en cette vie ? Je n’ai ni repentir, ni larmes, ni soupirs, ni aucune autre bonne oeuvre. Malheur à moi ! Comment irai-je dans ces ténèbres implacables, dans le feu éternel et ses souffrances continuelles ? Là-bas, les supplices ne connaissent pas de répit, la fournaise ne s’éteint pas, le ver ne meurt pas... Là-bas, le gouffre est profond et ténébreux, les pleurs sont sans fin, les grincements de dents incessants, et les peines infinies. Après la mort, il n’est ni entremise, ni ruse, ni artifice, qui puisse sauver de la souffrance un homme comme moi.
Malheur à moi car j’ai mérité la souffrance sans trêve et sans fin ! J’ai abandonné la prière pour les divertissements. J’ai méprisé le conseil de mes pairs, m’obstinant dans mon opinion. Accepter ma condition était pour moi haïssable, j’ai convoité la gloutonnerie et la gourmandise. J’ai détesté les veilles et désiré le sommeil. La pureté m’a lassé, je me suis livré à la débauche. Je n’ai pas supporté l’obéissance, je me suis raidi dans la colère, l’indocilité, la fureur et la haine. J’ai méprisé le silence et la prière, j’ai aimé maudire et jurer. Je me suis rebellé contre l’étude et la contemplation, mais j’ai couru derrière les rires, les plaisanteries, l’ironie et l’ivresse du chant. La pauvreté me répugnait, mais comme il m’a plu d’amasser les richesses ! J’ai regardé de haut l’ascèse et la fatigue, j’ai bu les plaisirs jusqu'à la lie et j’ai choyé mon ventre. J’ai préféré l’oisiveté au travail. J’ai corrompu la charité fraternelle en encourageant les disputes et les rixes. Comme la peine, la tristesse et les pleurs me pesaient, j’ai recherché la joie et le repos. J’ai voulu la louange, la vaine gloire et la présomption. Je n’ai pas supporté les moqueries et les critiques, comme le Seigneur me le demandait.
Hélas, dans quel état suis-je ! Je n’ai gardé ni l’amour de Dieu, ni la crainte. J’ai haï les pensées célestes et je me suis tourné vers le terrestre. Malheur à moi, quand arrivera ce moment-là ! Je me tiendrai, figé, privé de toute grâce ! Que ferai-je en cette heure pénible, difficile, effrayante, et pourtant inévitable ? Je me blottis contre la terre, silencieux, à cause de ma honte et de mon opprobre. Mais mon cœur douloureux ne peut se taire ! Ma légèreté me fait même oublier mes souffrances ! Ô, Jésus-Christ, mon Maître, mon Dieu et mon Sauveur ! A cause de Ton amour pour les hommes, ne me reproche pas la multitude de mes péchés ! Dans Ta tendresse et Ta grande miséricorde, sauve-moi ! N’es-tu pas venu pour nous les hommes et pour notre salut, Toi qui es descendu du ciel, qui as assumé la chair de notre nature, qui es devenu un homme comme nous sans affecter la grandeur de Ta divinité, qui as supporté volontairement les souffrances, la flagellation, la crucifixion et la mort ? Malheur et encore malheur à moi, le misérable ! Malheur et malheur à moi, le pécheur ! J’ai gaspillé ma vie dans des actes coupables, mauvais et sots. Que dire, que faire ? Toi Seigneur, Tu connais ma faiblesse, tu vois mon inclination vers les souffrances du péché. Pardonne-moi, Ô mon Roi et mon Dieu ! Pardonne-moi à cause de Ton Saint Nom ! Sauve-moi, moi qui suis pauvre et indigne du salut ! Tire-moi du fossé dans lequel je suis tombé ! Qui ne pleurerait sur moi, misérable ? L’importun est venu T’implorer, Ô Maître ! Accorde-lui de t’apitoyer sur la faiblesse de sa nature ! Même si je meurs mille fois chaque jour, je ne puis détacher mon espoir de Toi. Aie pitié de moi ! Seigneur, aie pitié de moi dans Ta grande miséricorde, par les prières de Ta Mère, de Tes Prophètes, de Tes Apôtres, de Tes Martyrs, de Tes Anges, et de tous ceux qui T’ont plu et qui Te plaisent ! A Toi appartiennent la puissance, l’honneur, le pouvoir, la gloire, l’action de grâce, la louange, ainsi qu’à Ton Père bon et à l’Esprit Saint qui partage Votre Nature pour les siècles des siècles ! Amen
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