Recension: Le Grand Canon de saint André de Crète.
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dimanche 01 mars 2009
Lundi, mardi, mercredi et jeudi prochains, premiers jours du grand carême, sera chanté et lu, le soir, au cours des grandes complies, le Grand Canon pénitentiel de saint André de Crète, une longue prière propre à inspirer aux fidèles les dispositions qui conviennent en cette période de l’année liturgique particulièrement importante pour leur progrès spirituel.
Saint André de Crète est né à Damas vers 660, est devenu archevêque de Gortyne, en Crète, vers 700 et est mort en 740 à Mytilène. Ce canon pénitentiel qu’il a composé s’est vu au cours du temps ajouter à la fin de chaque ode quelques tropaires consacrés aux Apôtres, à sainte Marie d’Égypte et à l’auteur lui-même. Il est constitué, dans sa forme actuelle de plus de 300 tropaires. Divisé en quatre parties pour les quatres premiers jours de la première semaine du grand carême, il est chanté et lu intégralement au cours des matines du jeudi de la cinquième semaine.
Il existe plusieurs traductions en français de ce canon. Soit, pour celles dont nous avons connaissance, selon l’ordre chronologique de leur parution :
1) une traduction anonyme publiée en 1979 sous l’égide la Fraternité orthodoxe, préfacée par Mgr Pierre L’Huillier, évêque de Chersonèse, et introduite par le P. André Fyrillas, qui était alors professeur de patrologie à l’Institut Saint-Serge;
2) une traduction due à Olivier Clément dans un livre qu’il a consacré au Grand Canon : «Le chant des larmes. Essai sur le repentir», Paris, Desclée de Brouwer, 1991, 203 p. (actuellement épuisé). Cette traduction est précédée d’une introduction présentant la structure et l’auteur du canon, et est suivie d’une libre méditation sur ses principaux thèmes, en particulier le repentir. L’un des intérêts de cette publication est aussi de proposer en notes les références des nombreuses allusions bibliques que comporte le texte et qui se rapportent à des passages parfois mal connus de l’Ancien Testament;
3) une traduction du P. Denis Guillaume dans le cadre de son édition du Triode, en 2 volumes en 1978 et, avec quelques corrections, en un volume en 1993;
4) une traduction réalisée en 1992 par l’Abbé et «les moines» de l’abbaye Saint-Michel de Bois-Aubry, qui dépendait alors de l’ECOF (et qui dépend maintenant de la pseudo-Église orthodoxe des Gaules).
Nous proposons sous la forme d’un fichier pdf un tableau comparatif des ces différentes traductions, limité à la partie de la 1ère ode chantée le lundi soir, avec, en tête, le texte grec de référence, suivi de la version slavonne, en usage dans les Églises slaves.
Comme on pourra le constater par ce court extrait, chaque traduction a ses qualités et ses défauts. Concernant ces derniers, il faut dire à la décharge de tous les traducteurs que le texte grec est très synthétique et particulièrement difficile à traduire littéralement.
La traduction 4 est essentiellement un mixage réalisé à partir des traductions 1 et 3.
La traduction 3, du P. Denis Guillaume, s’apparente aux traductions souvent rapides faites par le même auteur, avec des trouvailles, mais aussi des oublis, des gloses subjectives et, parfois, des contresens.
La traduction 2, d’Olivier Clément, est présentée par celui-ci dans son introduction comme n’étant pas une traduction littérale mais comme répondant à un effort de récréation. Elle est donc souvent assez loin du texte et vaut surtout comme expression du talent littéraire de son auteur.
La traduction 1, malgré quelques imperfections, reste globalement la meilleure, mais il semble qu’elle n’ait pas été rééditée est soit aujourd’hui difficile à trouver. C’est pourquoi nous en donnons ci-joint le texte [lundi , mardi ,mercredi , jeudi], pour le profit de tous les fidèles orthodoxes qui désireraient utiliser ce texte dans les prochains jours.
Jean-Claude Larchet