BELGRADE : L'ÉGLISE SERBE SE PRONONCE CONTRE TOUTE MODIFICATION DU STATUT POLITIQUE DE LA VOÏVODINE.
11 FÉV 2009 - BELGRADE : L'ÉGLISE SERBE SE PRONONCE CONTRE TOUTE MODIFICATION DU STATUT POLITIQUE DE LA VOÏVODINE.
Dans une déclaration diffusée le 6 février, à Belgrade, le saint-synode de l'Église orthodoxe serbe a exprimé son opposition à une éventuelle modification du statut d'autonomie de la Voïvodine, province autonome du nord de la Serbie où vivent différentes minorités ethniques, qui, selon elle, remettrait en cause la souveraineté et l'intégrité territoriale de la République de Serbie. Dans une lettre ouverte adressée simultanément au président serbe Boris TADIC, au Premier ministre Mirko CVETKOVIC, et à la présidente du Parlement Slavica DJUKIC-DEJANOVIC, les membres du saint-synode que préside le métropolite AMFILOHIJE du Monténégro — en l'absence du patriarche PAUL Ier hospitalisé depuis plusieurs mois —, ont tenu à exprimer leur préoccupation " pour la souveraineté et l'intégrité territoriale de la République de Serbie ". La lettre ouverte publiée le 6 février sur le site internet de l'Église serbe, souligne que le saint-synode, en sa qualité de " gardien séculaire de l'âme et de l'identité nationale serbe, à des périodes où l'État serbe n'existait pas encore ", exprime " ses inquiétudes " concernant la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays. Selon les évêques, après le Kosovo, province du sud de la Serbie dont la population, à majorité albanaise, a proclamé, de manière unilatérale, l'indépendance, en février 2008, avec le soutien tacite de la communauté internationale, c'est maintenant au tour de la Voïvodine d'être la cible de " tentatives visant à [la] transformer en un nouvel État ". Les membres du saint-synode estiment que le nouveau statut qui est préparé pour la Voïvodine lui reconnaît certaines attributions caractéristiques d'un État indépendant, ce qui, selon eux, va à l'encontre de la Constitution et de la législation serbes. " Puisque le statut de la région autonome de Voїvodine inaugure une nouvelle fragmentation et entraîne la destruction de l'État serbe déjà amputé et handicapé, nous vous prions, par décision du saint-synode et au nom du patriarche PAUL de Serbie, de bien vouloir rendre la présente adresse publique, lors de la séance parlementaire qui traitera de cette question, dans l'espoir que les députés lui consacreront une attention soutenue et refuseront leur soutien à cet acte anticonstitutionnel ", ajoutent les membres de l'épiscopat serbe.