La préparation de l'avant-Carême comporte les 4 dimanches consécutifs précédent le Grand Carême.
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P. Schmemann – La structure liturgique du Grand Carême
La préparation de l'avant-Carême comporte les 4 dimanches consécutifs précédent le Grand Carême.
(1) Dimanche du Publicain et du Pharisien.
La veille de ce jour-là, à savoir le samedi lors de l'Office de Vigile, le Triode, livre liturgique de la période de Grand Carême, fait sa première apparition et des textes en sont extraits pour être ajoutés au matériau liturgique usuel de l'Office de la Résurrection. Ils développent le premier thème majeur de la période : celui de l'humilité; la leçon de l'Évangile du jour (Luc 18, 10-14) enseigne que l'humilité est la condition de la repentance. Nul ne saurait acquérir l'esprit de repentance sans rejeter l'attitude du Pharisien. C'est un homme qui est toujours satisfait de lui-même et pense qu'il se conforme à toutes les obligations de la religion. Cependant, il a réduit la religion à des règles purement formelles, et la mesure en fonction de la contribution financière qu'il fait au Temple. Pour lui, la religion est une source d'orgueil et d'auto-satisfaction. Le Publicain est humble, et l'humilité le justifie devant Dieu.
(2) Dimanche du Fils Prodigue.
La lecture de l'Évangile de ce jour-là (Luc 15, 11-32) fournit le second thème du Grand Carême : celui du retour à Dieu. Il ne suffit pas de reconnaître ses péchés et de les confesser. La repentance reste stérile sans le désir et la décision de changer de vie, de revenir à Dieu. La véritable repentance a comme source la beauté spirituelle et la pureté que l'homme avait perdues. "..Je reviendrai dans les larmes vers le Père plein de compassion, reçois-moi comme un de Tes serviteurs." A Matines, ce jour-là, aux Psaumes usuels du Polyeleos "Louez le Nom du Seigneur" (Ps. 134), on rajoute le Psaume 136 "Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis tout en larmes au souvenir de Sion... Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite se paralyse!" Le Chrétien se souvient et sait ce qu'il a perdu : la communion avec Dieu, la paix et la joie de Son Royaume. Il a été Baptisé, introduit dans le Corps du Christ. Dès lors, la repentance est le renouvellement du Baptême, un mouvement d'amour, qui le ramène vers Dieu.
(3) Dimanche du Jugement Dernier. (Dernier jour de viande)
Le samedi précédant ce dimanche (samedi du dernier jour de viande), le Typikon prescrit la commémoration universelle de tous les membres défunts de l'Église. Dans l'Église, nous dépendons tous les uns des autres, appartenons les uns aux autres, sommes unis par l'amour du Christ. C'est pourquoi nul Office dans l'Église pourrait être "privé." Notre repentance ne pourrait être complète sans cet acte d'amour envers tous ceux qui nous ont précédés dans la mort, car qu'est-ce que la repentance, si ce n'est pas aussi retrouver l'esprit d'amour, qui est l'esprit de l'Église. Liturgiquement, cette commémoration comporte les Vêpres le vendredi, les Matines et la Divine Liturgie le samedi.
L'Évangile du dimanche (Mt. 25, 31-45) nous rappelle un troisième thème de la repentance : la préparation au Jugement Dernier. Un Chrétien vit sous le Jugement du Christ. Il nous jugera sur la manière dont nous aurons pris au sérieux Sa présence dans le monde, Son identification avec tout homme, Son don d'amour. "J'étais en prison, J'étais nu..." Toutes nos actions, attitudes, jugements et en particulier nos relations à autrui doivent se référer au Christ, et nous appeler nous-mêmes "Chrétiens", cela signifie que nous acceptons la vie comme un service et un ministère. La parabole du Jugement Dernier nous donne les "critères de référence" pour notre auto-évaluation.
La semaine suivant ce dimanche-là, un jeûne limité est prescrit. Nous devons nous préparer et nous entraîner pour le grand effort du Grand Carême. Le mercredi et le vendredi sont des jours non-liturgiques avec des offices de Carême (cfr infra). Le samedi de cette semaine (Samedi de la fin des laitages), l'Église commémore tous les hommes et femmes qui ont été "illuminés à travers le jeûne", à savoir les saints Ascètes et Pères. Ils sont le modèle que nous devons suivre, nos guides dans "l'art" difficile du jeûne et de la repentance.
P. Schmemann – La structure liturgique du Grand Carême
La préparation de l'avant-Carême comporte les 4 dimanches consécutifs précédent le Grand Carême.
(1) Dimanche du Publicain et du Pharisien.
La veille de ce jour-là, à savoir le samedi lors de l'Office de Vigile, le Triode, livre liturgique de la période de Grand Carême, fait sa première apparition et des textes en sont extraits pour être ajoutés au matériau liturgique usuel de l'Office de la Résurrection. Ils développent le premier thème majeur de la période : celui de l'humilité; la leçon de l'Évangile du jour (Luc 18, 10-14) enseigne que l'humilité est la condition de la repentance. Nul ne saurait acquérir l'esprit de repentance sans rejeter l'attitude du Pharisien. C'est un homme qui est toujours satisfait de lui-même et pense qu'il se conforme à toutes les obligations de la religion. Cependant, il a réduit la religion à des règles purement formelles, et la mesure en fonction de la contribution financière qu'il fait au Temple. Pour lui, la religion est une source d'orgueil et d'auto-satisfaction. Le Publicain est humble, et l'humilité le justifie devant Dieu.
(2) Dimanche du Fils Prodigue.
La lecture de l'Évangile de ce jour-là (Luc 15, 11-32) fournit le second thème du Grand Carême : celui du retour à Dieu. Il ne suffit pas de reconnaître ses péchés et de les confesser. La repentance reste stérile sans le désir et la décision de changer de vie, de revenir à Dieu. La véritable repentance a comme source la beauté spirituelle et la pureté que l'homme avait perdues. "..Je reviendrai dans les larmes vers le Père plein de compassion, reçois-moi comme un de Tes serviteurs." A Matines, ce jour-là, aux Psaumes usuels du Polyeleos "Louez le Nom du Seigneur" (Ps. 134), on rajoute le Psaume 136 "Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis tout en larmes au souvenir de Sion... Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite se paralyse!" Le Chrétien se souvient et sait ce qu'il a perdu : la communion avec Dieu, la paix et la joie de Son Royaume. Il a été Baptisé, introduit dans le Corps du Christ. Dès lors, la repentance est le renouvellement du Baptême, un mouvement d'amour, qui le ramène vers Dieu.
(3) Dimanche du Jugement Dernier. (Dernier jour de viande)
Le samedi précédant ce dimanche (samedi du dernier jour de viande), le Typikon prescrit la commémoration universelle de tous les membres défunts de l'Église. Dans l'Église, nous dépendons tous les uns des autres, appartenons les uns aux autres, sommes unis par l'amour du Christ. C'est pourquoi nul Office dans l'Église pourrait être "privé." Notre repentance ne pourrait être complète sans cet acte d'amour envers tous ceux qui nous ont précédés dans la mort, car qu'est-ce que la repentance, si ce n'est pas aussi retrouver l'esprit d'amour, qui est l'esprit de l'Église. Liturgiquement, cette commémoration comporte les Vêpres le vendredi, les Matines et la Divine Liturgie le samedi.L'Évangile du dimanche (Mt. 25, 31-45) nous rappelle un troisième thème de la repentance : la préparation au Jugement Dernier. Un Chrétien vit sous le Jugement du Christ. Il nous jugera sur la manière dont nous aurons pris au sérieux Sa présence dans le monde, Son identification avec tout homme, Son don d'amour. "J'étais en prison, J'étais nu..." Toutes nos actions, attitudes, jugements et en particulier nos relations à autrui doivent se référer au Christ, et nous appeler nous-mêmes "Chrétiens", cela signifie que nous acceptons la vie comme un service et un ministère. La parabole du Jugement Dernier nous donne les "critères de référence" pour notre auto-évaluation.
La semaine suivant ce dimanche-là, un jeûne limité est prescrit. Nous devons nous préparer et nous entraîner pour le grand effort du Grand Carême. Le mercredi et le vendredi sont des jours non-liturgiques avec des offices de Carême (cfr infra). Le samedi de cette semaine (Samedi de la fin des laitages), l'Église commémore tous les hommes et femmes qui ont été "illuminés à travers le jeûne", à savoir les saints Ascètes et Pères. Ils sont le modèle que nous devons suivre, nos guides dans "l'art" difficile du jeûne et de la repentance.
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