« Encourager le départ des Chrétiens nuit à l’Irak"
L’Union Européenne a annoncé un plan pour accueillir près de 10 000 réfugiés irakiens, réfugiés en Syrie et en Jordanie. L’archevêque de Kirkuk est opposé à un exode massif des chrétiens hors de la terre où ils sont nés et dénonce un leadership politique qui ne réussit pas à instaurer l’unité. Partir signifie « trahir le sens du message chrétien »
Bien qu’il soit de notre devoir d’accueillir des réfugiés il est beaucoup plus important d’ « éliminer la raison profonde de leur exil forcé » et de leur permettre de « vivre en paix et en harmonie sur la terre où ils sont nés ».Tel est le cœur de la déclaration de Mgr Sako à Asianews concernant le sort des réfugiés irakiens.
Le 27 novembre, la communauté Européenne a annoncé qu’elle accueillerait 10 000 réfugiés irakiens, exilés pour la plupart en Syrie et en Jordanie subissant misère et souffrance. « Donner un telle assurance - continue Mgr Sako- revient à dire aux Chrétiens de fuir, de quitter l’Irak. Aujourd’hui 10 000, demain 10 000 encore, jusqu’au jour où la nation sera vidée de toute présence chrétienne ». Le prélat redit que « l’aide ne peut pas se limiter à accueillir des réfugiés, toutes les mesures doivent plutôt favoriser leur maintien ».
L’Allemagne dit qu’elle est prête à recevoir au moins 2 500 réfugiés et que la priorité sera donné à ceux qui ont besoin de soins médicaux, aux victimes de torture et d’abus, aux mères seules et aux minorités religieuses. Le HCR a applaudi cette « mesure positive » après 18 mois de pression de Bruxelles. L’archevêque de Kirkuk réfute l’aspect positif de la décision, il explique que « il y a des cas extrêmes où des gens ne peuvent rentrer en Irak, comme des membres du régime de Saddam », ce n’est pas une raison pour encourager l’exode massif, cela ne sert qu’à empirer la situation ». « C’est normal d’aider ceux qui sont en difficulté, continue-t-il, mais il est nécessaire de traiter les cas particuliers et surtout de travailler à la reconstruction de la coexistence pacifique de tous dans le pays ».
Mgr Sako dénonce le manqué de vision commune parmi la communauté chrétienne et l’absence d’un leadership politique fort. « Les Chrétiens sont divisés -rapporte-t-il - certains veulent rester, les autres préfèrent partir. Le désir de fuir est encouragé par le manque d’un leader politique capable de rassembler les gens autour un projet concret qui les convaincrait de rester, malgré la souffrance et les difficultés ». Une grande partie de la communauté musulmane est aussi contre l’exode ; elle demande à ses frères et sœurs chrétiens « fidélité, ouverture et moralité » mais aussi coopération pour « reconstruire ensemble le futur » parce qu’elle considère que les Chrétiens sont « partie intégrante de la nation ».
L’archevêque de Kirkuk conclut par un appel à la communauté chrétienne : “Fuir devant les difficultés -dit-il- signifie perdre le vrai sens du message chrétien qui nous invite à agir et non à nous soustraire. Même face aux persécutions, nous devons être un exemple du sens profond de l’appel de Dieu qui nous demande d’être témoins du sacrifice du Christ. Partir veut dire trahir notre devoir d’annoncer le Christ, ce que beaucoup de Musulmans espèrent et attendent de nous. Tout cela est contenu dans le sens de la question « Quo vadis ? » que Pierre pose au Christ. Dans Sa réponse, Il invite Pierre à retourner à Rome pour affronter le martyre ».
Source Asianews