L’Eglise d’Angleterre fait un pas de plus vers l'ordination des femmes évêques
L’Eglise d’Angleterre fait un pas de plus vers l'ordination des femmes évêques
Un groupe de travail a rendu lundi 29 décembre son rapport en vue de faciliter l’ordination de femmes évêques au sein de l’Église anglicane en Angleterre
Les anglicans anglais vont-ils ordonner des femmes prêtres ?
Bien que 14 des 38 provinces de la Communion anglicane (dont l’Écosse) admettent déjà ce principe, l’Église d’Angleterre est très divisée sur le sujet : les « anglo-catholiques » (anglicans dont les pratiques sont les plus proches du catholicisme) et une partie des évangéliques refusant catégoriquement les ministères féminins (les femmes pouvant être prêtres dans l’anglicanisme depuis 1992).
Refusant de créer, à côté des deux provinces historiques de Cantorbéry et York, une troisième province extraterritoriale sans ministères féminins, le Synode général avait demandé à un groupe de travail, présidé par le Dr Nigel McCulloch, évêque de Manchester, de « permettre des arrangements spéciaux dans le cadre des structures existantes de l’Église d’Angleterre, pour ceux qui ne sont pas en mesure de recevoir des femmes comme évêques ou prêtres ». Ce groupe de travail a remis son rapport lundi.
Que prévoit le groupe de travail ?
Si les partisans de l’ordination des femmes se réjouissent de ce qu’ils considèrent comme une avancée (même s’ils déplorent que toutes leurs propositions n’aient pas été retenues et que ne soit pas proclamée une stricte égalité entre ministères masculins et féminins), les opposants regrettent que les évêques diocésains auront la possibilité de refuser aux évêques complémentaires d’agir auprès d’une paroisse de leur diocèse. Certains prévoient déjà des procès sans fin, d’autant plus, soulignent-ils, que le « Code pratique » n’aura aucune base légale et pourra être attaqué devant la justice…
Que va-t-il se passer ?
Selon la BBC, les premières femmes évêques pourraient être ordonnées d’ici à trois ans. « Pas avant 2014 », a toutefois relativisé un porte-parole de l’Église d’Angleterre. Les tensions sont en effet fortes entre les tendances libérales et anglo-catholiques.
Dès juillet, 1 300 des 20 000 ecclésiastiques anglais – dont 11 évêques ! – avaient en effet écrit aux archevêques de Cantorbéry et York pour menacer de quitter l’Église d’Angleterre si celle-ci ordonnait des femmes évêques.
Beaucoup de prêtres se rapprocheraient d’ailleurs de l’Église catholique et, début juillet, le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait écrit au primat de la Traditional Anglican Communion, une juridiction déjà séparée de la Communion anglicane, pour l’assurer que le Saint-Siège portait une « attention sérieuse » à sa demande de rattachement à l’Église catholique.
| |
| Nicolas SENÈZE |
Publicité