Sentences,histoire Lausiaque
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Histoire Lausiaque : extrait LI
Par ptit moine le dimanche 28 décembre 2008, 06:00
Paul le simple
Paul, un paysan cultivateur, excessivement simple et sans malice, fut uni à une femme très belle, mais dépravée, laquelle lui cacha ses fautes pendant très longtemps. La Providence guidant Paul vers ce qui lui serait avantageux, il revint de son champ à l’improviste et il trouva sa femme faisant des choses honteuses avec un homme. S’étant mis à rire discrètement, il les apostropha : « Bien, bien. En vérité, je n’en ai pas de souci. Par Jésus, je ne la prends plus. Va, garde-la ainsi que ses petits enfants, car moi je me retire, je me fais moine. » Et sans rien dire à personne, il se hâta de remonter les huit relais, s’en alla vers le bienheureux Antoine et frappa à la porte.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert
Histoire Lausiaque : extrait L
Par ptit moine le samedi 27 décembre 2008, 06:00
Euloge et l'estropié
Antoine dit à Euloge d’une voix grave et austère : « Le rejettes-tu ? Mais Celui qui l’a créé ne le rejette pas. Le rejettes-tu, toi ? Dieu en suscitera un meilleur que toi qui le recueillera. » Alors Euloge se tint coi, saisi de crainte. Lorsqu’il en eut fini avec Euloge, Antoine se mit à cingler de la langue l’estropié et à lui crier : « Estropié, mutilé, indigne de la terre et du ciel, ne finiras-tu pas de lutter contre Dieu ? Ne sais-tu pas que le Christ est celui qui te sert ? Comment oses-tu articuler de telles paroles contre le Christ ? Euloge ne s’est-il pas, à cause du Christ, rendu esclave pour ton service ? » Et, après l’avoir aussi réprimandé, Antoine le laissa pour converser avec tous les autres sur ce qui avait trait à leur besoin. Puis il revint à Euloge et à l’estropié pour leur dire : « Ne traînez nulle part, partez. Ne vous séparez pas l’un de l’autre, sauf dans la cellule où vous séjournez. Dieu envoie Son ange vers vous. Cette tentation vous est survenue, parce que tous deux vous vous dirigez vers votre fin et que vous allez être jugés dignes de couronnes. Ne faites donc pas autre chose, de peur que l’Ange ne vous trouve pas chez vous. » Alors ils retournèrent dans leur cellule au plus vite et, au bout de quarante jours, Euloge mourut, suivi, trois jours après par l’estropié.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert
Histoire Lausiaque : extrait XLIX
Par ptit moine le vendredi 26 décembre 2008, 06:00
Euloge et l'estropié
Euloge les écoula patiemment. Il mit l’estropié dans une petite barque, sortit de la ville, la nuit, et l’emmena au monastère des disciples de saint Antoine. Celui-ci arriva le lendemain, alors que le soir était avancé. Il était affublé d’un manteau de peau... S’étant donc assis, il éleva la voix et dit : « Euloge, Euloge, Euloge », à trois reprises. Le lettré ne répondit pas, pensant qu’un autre Euloge était nommé. Antoine dit de nouveau : « C’est à toi que je parle, Euloge, qui es venu d’Alexandrie. » Euloge lui dit : « Qu’ordonnes-tu, je te prie ? » Antoine dit : « Pourquoi es-tu venu ? » Euloge répondit : « Celui qui t’a révélé mon nom t’a aussi révélé mon affaire. » Antoine lui dit : « Je sais pourquoi tu es venu, mais dis-le devant tous les frères, afin qu’eux aussi l’entendent. » Euloge déclara donc : « J’ai trouvé cet estropié sur la place publique et j’ai fait un pacte avec Dieu pour le traiter pendant sa maladie, afin d’être sauvé grâce à lui, et qu’il le soit grâce à moi. Or, comme après tant d'années il me tourmente à l’extrême, et que je me suis mis dans l’esprit de le rejeter, c’est pour cela que je suis venu vers ta sainteté, afin que tu me conseilles ce que je dois faire et que tu pries pour moi, car je me tourmente terriblement. »
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert
Histoire Lausiaque : extrait XLVIII
Par ptit moine le jeudi 25 décembre 2008, 06:00
Euloge et l'estropié
L’estropié, ayant tenu bon pendant quinze ans, était bien traité, lavé, soigné des mains d'Euloge et nourri d’une manière convenable à sa maladie. Mais après ces quinze ans, le démon s’appesantit sur lui, et il se révolta contre Euloge. Il commença à débarbouiller son homme avec un tas de mauvais propos et d’injures, en disant : « Assassin, déserteur, tu as volé le bien des autres, et c’est en te servant de moi que tu veux être sauvé. Jette-moi sur la place publique, je veux de la viande. » Euloge lui apporta de la viande. Alors l’estropié cria à nouveau : « Je ne suis pas satisfait, je veux des foules, c’est la place publique que je veux. Ô violence ! Jette-moi où tu m’as trouvé. » Le démon le rendit si sauvage que s’il avait eu des mains, peut-être se serait-il étranglé. Euloge alla trouver ceux de ses voisins qui étaient ascètes et il leur dit : « Que faire, puisque cet estropié m’a réduit au désespoir ? Le rejeter ? Je me suis engagé devant Dieu, et je crains. Mais comment ne pas le rejeter ? Il rend mauvais pour moi les jours et les nuits. Que faire alors pour lui, je ne sais pas. » Les anciens lui dirent : « Comme Antoine le Grand vit encore, monte vers lui. Mets l’estropié dans une barque et transporte-le au monastère. Attends qu’Antoine revienne de sa grotte, et laisse-le décider. S’il te dit quelque chose, agis d’après son arrêt, car Dieu te parle par lui. »
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert
Histoire Lausiaque : extrait XLVII
Par ptit moine le mercredi 24 décembre 2008, 06:00
Euloge et l'estropié
Euloge était un lettré qui, frappé d’amour pour la vie éternelle, renonça aux agitations et, ayant distribué tous ses biens, garda pour lui un peu d’argent, ne pouvant travailler. Mais il était découragé intérieurement car il ne voulait pas entrer dans un monastère et n’était pas décidé à rester seul. Or, il trouva, gisant sur la place publique, un estropié qui n’avait ni mains ni pieds. Chez lui, seule la langue avec laquelle il interpellait les passants n’était pas invalide. Euloge s’arrêta, fixa les yeux sur lui, pria et fit un pacte avec Dieu en disant : « Seigneur, en Ton nom, je prends cet estropié et je lui procure du réconfort jusqu’à la mort, afin d’être moi aussi sauvé grâce à lui. Accorde-moi seulement la patience pour le servir. » Puis il s’approcha de l’estropié et lui dit : « Veux-tu que je te prenne dans ma maison et que je te procure du réconfort ? » L’autre lui dit : « Parfaitement. » Euloge reprit : « Donc j’amène un âne et je te prends ? » L’estropié consentit. Alors Euloge prit un âne, leva l’infirme et l’emmena dans sa propre chambre, et il fut aux petits soins pour lui.
évêque Pallade : vies d'ascètes et de Pères du désert