| « Un nombre de plus en plus grand de jeunes se tournent vers la foi et les lieux saints, vers les temples et les monastères » - constate avec joie et satisfaction l’higoumène Evloghiy, supérieur du Monastère de Rila. L’intérêt peut être provoqué par la simple curiosité ou par une profonde nécessité intérieure, mais l’essentiel, est que la foi chrétienne joue un rôle de plus en plus grand dans la vie des Bulgares. Pour commencer à croire en Dieu, il suffit d’avoir la foi même si elle est petite comme une graine de moutarde. Quand les éternels hésitants ouvrent leur regard intérieur aux valeurs spirituelles, ils deviennent croyants. Il convient de souligner le rôle des livres saints dans les bibliothèques des monastères et dans les églises. Il suffit d’avoir le désir de communiquer avec Dieu et le cœur ouvert à la parole divine. Force est de constater que les jeunes Bulgares ont une attitude plus adéquate envers l’Eglise par rapport à leurs parents qui ont été éloignés de la Foi chrétienne par l’ancien régime totalitaire. L’higoumène Evlogiy répond aux questions d’un reporter de Radio Bulgarie: « Beaucoup de gens ne savent pas comment faut-il cultiver la foi, il ne comprennent pas le message divin. Je sais que l’Ancien Testament est rédigé dans un style difficile et énigmatique que nos contemporains ont du mal à déchiffrer et à comprendre. Il y a un merveilleux livre, il s’appelle Notre Foi, il explique parfaitement les Dix Commandements, le Symbole de la Foi, les Béatitudes. L’auteur explique clairement les rituels, le sens des différentes icônes, le rôle de la bougie, bref, les règles les plus importantes et les plus élémentaires, c’est l’alphabet de la Foi. » Fondé il y a 1060 ans, le monastère de Rila a sauvegardé non seulement la foi, mais aussi la culture, l’ethnographie et les valeurs culturelles des Bulgares. « L’instruction spirituelle est la plus importante, celui qui franchit le seuil du monastère doit être mû par une nécessité profonde, par le désir de communiquer avec Dieu. Il y a des visiteurs qui nous demandent de leur expliquer la Bible, de la leur raconter. Vous comprenez qu’il est impossible de raconter la Bible, il suffit d’orienter les gens. L’Eglise orthodoxe bulgare a perdu trois générations qui étaient éduquées dans un esprit d’athéisme. Cette frustration explique les phénomènes négatifs auxquels nous nous heurtons chaque jour. L’absence de valeurs morales et spirituelles est à l’origine de cette déchéance humaine. » Beaucoup de gens reprochent à l’Eglise orthodoxe bulgare son indifférence à l’égard des problèmes et des souffrances des gens ordinaires. La réponse de l’higoumène Evloghiy : « Evidemment, le contact direct avec chaque croyant est essentiel. La plupart des fidèles nous demandent de célébrer la liturgie en bulgare moderne. La liturgie est dite en slavon, mais les différents textes de l’Evangile sont récités dans la langue courante. L’Eglise bulgare insiste pour que des cours de catéchisme soient introduits dans les écoles bulgares pour renouer avec une vieille tradition, disparue en 1947. Nos mères et nos pères, nos grands-parents avaient suivi de tels cours, c’est pourquoi leur comportement et leur morale étaient conformes aux valeurs spirituelles chrétiennes en dépit de la pression du régime socialiste. Les relations entre les gens étaient plus humaines, plus naturelles et spontanées. Le retour à la démocratie en Bulgarie a assuré une trop grande liberté aux enseignants et aux élèves. Cet excès de liberté et de tolérance est à l’origine des problèmes dans la sphère de l’éducation et de la culture. Nous croyons et nous prions, nous implorons le soutien de Dieu dans l’espoir de persuader les gouvernants qu’il est grand temps de faire revenir le catéchisme dans les écoles. » Darina Grigorova Version française : Assen Zidarov |