S.O.P:15 DÉC 2008 - PARIS : COLLOQUE INTERNATIONAL SUR " L'HÉRITAGE DU PÈRE ALEXANDRE SCHMEMANN "

Publié le par Père Jean-Pierre

S.O.P:15 DÉC 2008 - PARIS : COLLOQUE INTERNATIONAL SUR " L'HÉRITAGE DU PÈRE ALEXANDRE SCHMEMANN "

 

Un colloque international consacré à " L'héritage du père Alexandre Schmemann " a eu lieu, du 11 au 13 décembre dernier, dans les locaux de l'Institut de théologie orthodoxe de Paris (Institut Saint-Serge), afin de retracer la personnalité et l'oeuvre d'une des figures marquantes de l'orthodoxie dans la deuxième moitié du 20e siècle, connue à la fois comme prêtre, prédicateur, théologien et liturgiste. Organisé conjointement par l'Institut Saint-Serge, l'Action chrétienne des étudiants russes – Mouvement de jeunesse orthodoxe (ACER-MJO) et Syndesmos, la fédération mondiale de la jeunesse orthodoxe, ce colloque a réuni, à chacune de ses sessions, plus d'une centaine de personnes, dont l'archevêque GABRIEL, qui est à la tête de l'archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale dans la juridiction du patriarcat oecuménique, et son auxiliaire, l'évêque BASILE (Osborne), mais aussi des membres du clergé de l'Église orthodoxe en Amérique ainsi que de l'Église orthodoxe russe, et des membres de la famille du père Alexandre Schmemann. La session de la matinée du 13 décembre s'est ouverte par la célébration d'une liturgie des défunts, car c'est en effet le 13 décembre 1983 que le père Alexandre Schmemann s'était éteint, à New York, des suites d'une leucémie, après plus de quarante années passées au service de l'Église, tout d'abord en France, puis aux États-Unis (SOP 84.4). Le colloque s'est prolongé, le 14 décembre, après la liturgie eucharistique dominicale, par la conférence annuelle diocésaine organisée par l'archevêché et elle aussi consacrée au père Alexandre Schmemann, à l'occasion du 25e anniversaire de son décès.
 
Au cours des trois premières journées du colloque, une quarantaine d'intervenants, venus de France, de Grande-Bretagne, de Belgique, d'Allemagne, d'Italie, de Grèce, de Roumanie, de Lituanie, de Biélorussie, de Russie, de Norvège, des États-Unis et du Canada ont présenté des communications en français, en anglais et en russe, dans le cadre de cinq sessions thématiques : " Littérature et christianisme "" L'Église et le monde "" Théologie liturgique "" Ecclésiologie "" Pratique pastorale ". Deux tables rondes, la première sur " Renouveau et Tradition dans l'oeuvre du père Alexandre " et l'autre sur " Le père Alexandre et la pastorale ", ont également permis un vaste échange de témoignages personnels et de points de vue sur tel ou tel aspect de la personnalité et de l'oeuvre du père Schmemann. Dans son allocution d'ouverture, l'archevêque GABRIEL devait souligner qu' " avec le père Alexandre Schmemann, nous avons encore un apôtre ", tandis que dans ses paroles de clôture, le père Nicolas CERNOKRAK, doyen de l'Institut Saint-Serge, rappela avec insistance que l'Institut Saint-Serge " [portait] l'esprit du père Alexandre ". Parmi les communications présentées durant ces trois jours on notera, entre autres, " Le rôle de la littérature dans une vie pour l'Église " (père Jean ROBERTI, Rennes), " Le père Alexandre et la littérature russe d'après son "Journal" " (père Michel EVDOKIMOV, Paris), " Le père Alexandre et Soljenitsyne " (Nikita STRUVE, Paris)," L'héritage du père Alexandre en Russie " (Alexandre KIRLEJEV, Moscou), " La mission de l'Église dans le monde contemporain " (père Georges KOTCHETKOV, Moscou), " L'ordo liturgique et sa théologie dans la pensée du père Alexandre " (André LOSSKY, Paris), " La notion du symbole liturgique chez le père Alexandre " (Syméon FROYSHOV, Oslo), " L'héritage liturgique du père Alexandre en Amérique (Paul MEYENDORFF, New York), " Les sources de l'ecclésiologie du père Alexandre " (père Jean GUEIT, Marseille), " L'Église en Mission ou l'Église comme mission " (Athanase PAPATHANASSIOU, Thessalonique), " La discipline pénitentielle et la communion fréquente des fidèles " (père Nicolas OZOLINE, Paris), " Éducation théologique et ministère pastoral " (père Thomas HOPKO, New York), " Briser la caste cléricale : vers une Église conciliaire " (père William MILLS, New York), " Le Christ dans notre monde : l'annonce de la Bonne Nouvelle " (père John TKATCHUK, Toronto), " Le livre le grand carême " (père Boris BOBRINSKOY, Paris). 
Lors de la conférence diocésaine, le 14 décembre, trois communications devaient être présentées, devant un auditoire de près de deux cents personnes. Tout d'abord, Antoine NIVIÈRE, professeur à l'université de Nancy 2 et auteur d'un livre sur l'histoire du clergé orthodoxe dans l'émigration russe, a retracé le travail du père Alexandre Schmemann à la tête de la rédaction de la revue diocésaine de l'archevêché entre 1946 et 1951 et donné un aperçu des principales idées exposées dans les articles que le père Alexandre publia dans cette revue en matière de théologie liturgique et d'ecclésiologie. Ensuite, il a été donné lecture, en son absence, d'une partie de la communication du père Pierre MECHTCHERINOV, prêtre et directeur de l'École de formation de cadres pour le travail avec les jeunes (patriarcat de Moscou), qui portait sur les "
 Questions d'ecclésiologie dans le "Journal" du père Alexandre ". La troisième communication, présentée par le père Léonide KISHKOVSKY, responsable du département des relations extérieures de l'Église orthodoxe en Amérique, avait pour thème " La voix du père Alexandre aujourd'hui : un héritage vivant ". Le père KISHKOVSKY a souligné que le père Schmemann avait donné " une vision de l'Église où nous devons aller en tant qu'Église orthodoxe en Amérique ", une vision de l'Église fondée avant tout sur la vie liturgique et sacramentelle. Il s'est aussi félicité de la publication de son " Journal ", qui a " rendu sa voix encore plus claire, plus riche, plus portante que quand il était vivant ". Enfin, il a insisté sur sa principale qualité qui était, a-t-il dit, sa " franchise ", " l'allergie à la fausseté sous toutes ses formes ", et, a-t-il poursuivit, " c'est cette franchise dans la confession du Christ devant le monde qu'il nous faut imiter pour conduire les hommes aux Christ ".
C'est à Juliana SCHMEMANN, la femme du père Alexandre, qu'il revenait de prononcer l'allocution de clôture de ces journées. Elle s'est déclarée "
 envahie par la reconnaissance pour la chaleur et l'amitié qui ont entouré la mémoire " du prêtre et théologien décédé il y a vingt-cinq ans et qui reste si forte en Amérique, en France et ailleurs dans le monde. " Nous avons célébré tous ensemble son anniversaire, car c'est une célébration que nous concluons aujourd'hui dans la vie d'un homme qui croyait que la vie doit être sans cesse célébrée, et non pas vécue de jour en jour ", a-t-elle affirmé. Beaucoup de gens, a-t-elle poursuit, pensent que le père Alexandre Schmemann était un " homme complexe qui bousculait l'ordre des choses, les traditions, les habitudes ", alors qu'en réalité c'était " un homme simple, un homme entier, et surtout libre et humain, qui vivait intensément et était toujours intérieurement libre, c'est là sans doute la clef de son caractère ". Puis Juliana SCHMEMANN a évoqué l'attitude de son mari face à la maladie et évoqué " l'année la plus riche de son existence terrestre ", après le diagnostique de la leucémie qu'il a vécue comme une " véritable épiphanie ", dans " un cheminement intérieur, silencieux " : " Il était là, mais ne l'était plus, sa vie de tous les jours était déjà le "déjà du Royaume" ".  

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Publié dans infos diverses

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