Le gouvernement grec affaibli par le scandale du mont Athos

Publié le par Père Jean-Pierre

Le gouvernement grec affaibli par le scandale du mont Athos
Dans un pays orthodoxe à plus de 90 %, et où l’Église jouit d’une forte influence, les moines ont « demandé pardon au pieux peuple grec pour le bruit provoqué » par l’affaire.
Le ministre d’État Théodore Roussopoulos, 45 ans, plus proche conseiller du Premier ministre, Costas Caramanlis, qui traverse sa plus grave crise depuis sa victoire aux élections législatives il y a un an, a démissionné jeudi, deuxième victime d’une affaire d’échanges immobiliers entre un monastère du mont Athos et l’État grec. Cette affaire fut révélée début septembre par les médias.
Avant lui, un autre ténor de la majorité conservatrice, le ministre de la Marine marchande, Georges Voulgarakis, avait dû quitter le gouvernement le 12 septembre, son épouse ayant avalisé par des actes notariaux en 2007 la transaction controversée entre l’État et le puissant monastère de Vatopédiou, l’un des 20 monastères de la communauté orthodoxe autogérée du mont Athos. Aux termes de ce contrat, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire et a été gelé par le ministère de l’Économie, les moines de Vatopédiou ont reçu un bâtiment du village olympique des Jeux de 2004, censé au départ abriter un monastère, qu’ils ont aussitôt revendu à profit au secteur privé, ainsi que des terrains touristiques de 800 hectares à Ouranopoulis. Ils ont cédé en échange 8 000 hectares de forêts non exploitables autour d’un lac dans le nord du pays, un site naturel près du mont Athos, dont le monastère de Vatopédiou avait revendiqué avec succès la propriété en justice à la fin des années 90.
Le nom de M. Roussopoulos avait émergé dès la révélation de cette affaire en raison des liens étroits et personnels l’unissant au supérieur du monastère, crédité d’un redoutable sens des affaires. L’opposition de gauche, comme l’extrême droite, l’accuse d’être l’instigateur moral de ce qu’elle considère comme un marché de dupes. Le Premier ministre avait dans un premier temps choisi de couvrir son collaborateur, également porte-parole du gouvernement depuis l’arrivée de la droite au pouvoir en 2004. Mais il a dû céder face à une grogne croissante au sein de ses troupes et un recul dans les sondages, accordant une courte avance à l’opposition socialiste pour la première fois depuis des années. M. Roussopoulos a donc jeté l’éponge au lendemain d’un vote à l’unanimité du Parlement pour la mise en place d’une commission d’enquête sur l’affaire, qui impliquerait également, selon les médias grecs, un actuel et un précédent secrétaires d’État conservateurs.
Les quatre partis de l’opposition – le Pasok (socialiste), les deux partis de gauche (KKE et Syriza) et l’extrême droite du Laos – avaient également appelé à voter hier sur la mise en place d’une commission rogatoire parlementaire, qui aurait pu permettre des poursuites pénales contre des membres du gouvernement. Mais cette consultation a été annulée faute de quorum, le groupe conservateur, qui dispose d’une courte majorité de 152 voix sur 300, ayant décidé de ne pas participer au vote. L’absentéisme de la majorité a été dénoncé comme un aveu de faiblesse par le Pasok.
Dans un pays orthodoxe à plus de 90 %, et où l’Église jouit d’une forte influence, les moines du mont Athos ont de leur côté « demandé pardon au pieux peuple grec pour le bruit provoqué » par le scandale.
Mais ces excuses n’ont pas empêché début octobre des manifestants de déployer aux portes de la forteresse orthodoxe millénaire des banderoles portant des slogans tels que « Monastère Vatopédiou-Real Estate » (« immobilier » en anglais) ou « Rendez les propriétés publiques au peuple ».
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Publié dans infos diverses

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