Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres
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sentences
samedi 20 septembre 2008
propos ascétiques XCIV
Par ptit moine le samedi 20 septembre 2008, 06:00
De même que la cire, si elle n'est pas assez attiédie ou amollie, ne peut pas recevoir l'empreinte du sceau placé sur elle, de même l'homme ne peut contenir le sceau de la vertu de Dieu, s'il n'est pas éprouvé par les travaux et les infirmités. C'est pourquoi le Seigneur a dit au divin Paul Ma grâce te suffit ; car la puissance se parfait dans la faiblesse (2 Co 12, 9).
vendredi 19 septembre 2008
propos ascétiques XCIII
Par ptit moine le vendredi 19 septembre 2008, 06:00
Pour ceux qui commencent à s'éprendre de la piété, le chemin de la vertu apparaît très rude et pénible, non qu'il le soit en réalité, mais parce que la nature humaine, dès le sein maternel, se trouve en affinité avec les plaisirs. Mais à ceux qui ont réussi à dépasser le milieu du chemin, il se montre agréable et facile. En effet, si la pratique du bien soumet les tendances mauvaises à la discipline de la vertu, elles disparaissent en même temps que le souvenir des plaisirs irrationnels.
jeudi 18 septembre 2008
propos ascétiques XCII
Par ptit moine le jeudi 18 septembre 2008, 06:00
L'état moyen de l'action de la science sainte ne nous prépare pas un faible chagrin lorsque, en outrageant quelqu'un dans un mouvement d'irritation, nous avons pu nous en faire un ennemi. C'est pourquoi son aiguillon ne cesse pas de harceler notre conscience, jusqu'à ce qu'à force d'excuses, nous ayons ramené la personne offensée à sa première disposition à notre égard.
mercredi 17 septembre 2008
propos ascétiques XCI
Par ptit moine le mercredi 17 septembre 2008, 06:00
Ceci m'a été rapporté par un de ceux qui aiment le Seigneur d'une volonté insatiable. Comme je désirais connaître, dit-il, en toute connaissance l'amour de Dieu, Dieu dans sa bonté m'a accordé ce don en toute perception et plénitude ; et j'ai tellement ressenti la puissance de cette action que mon âme a été poussée à désirer vivement, avec une joie et un amour indicibles, quitter mon corps pour aller rejoindre le Seigneur ; elle a comme perdu le sens de cette vie si brève.
mardi 16 septembre 2008
propos ascétiques XC
Par ptit moine le mardi 16 septembre 2008, 06:00
Ainsi, le Saint-Esprit, dans les débuts de notre avancement spirituel, si nous brûlons du désir de la vertu de Dieu, fait goûter à notre âme, en toute perception et plénitude, la douceur de Dieu, pour que notre esprit mesure, d'une science exacte, quel prix récompense les travaux accomplis par amour pour Dieu. Mais, par la suite, Il cache souvent la magnificence de ce don vivifiant, afin que, même si nous pratiquons toutes les autres vertus, nous n'en retirions aucune estime de nous-mêmes, dans la pensée que nous n'avons pas encore en nous la charité sainte comme une disposition habituelle.
lundi 15 septembre 2008
propos ascétiques LXXXIX
Par ptit moine le lundi 15 septembre 2008, 06:00
Par le baptême de la régénération, la grâce sainte nous apporte deux biens, dont l'un surpasse infiniment l'autre. Mais elle accorde le premier dès le début : dans l'eau même, elle nous renouvelle, illumine tous les traits de l'âme, c'est-à-dire l'image de Dieu, en les nettoyant de toutes les traces laissées par le péché. L'autre don ne viendra que plus tard, pour agir avec nous : c'est la ressemblance. Donc, lorsque l'esprit commence à goûter, dans une perception profonde, la bonté de l'Esprit Saint, alors nous devons savoir que la grâce commence à peindre sur l'image, comme une esquisse, la ressemblance.
dimanche 14 septembre 2008
propos ascétiques LXXXVIII
Par ptit moine le dimanche 14 septembre 2008, 06:00
Lorsqu'en hiver quelqu'un se tient en plein air et se tourne tout à fait vers l'est, au début du jour, toute la partie antérieure de son corps est chauffée par le soleil, tandis que son dos reste entièrement privé de chaleur, parce que le soleil ne se situe pas au-dessus de sa tête. Il en va de même pour ceux en qui l'Esprit Saint commence à exercer son action : leur cœur ne se réchauffe que partiellement sous l'effet de la grâce sainte. De la vient que leur esprit commence à produire les fruits de pensées spirituelles, alors que les parties les plus visibles du cœur en restent encore à des pensées charnelles, parce que tous les membres du cœur ne sont pas encore éclairés, dans une perception profonde, par la lumière de la grâce sainte.
samedi 13 septembre 2008
propos ascétiques LXXXVII
Par ptit moine le samedi 13 septembre 2008, 06:00
La désolation éducative apporte à l'âme beaucoup de chagrin, d'humiliation et un désespoir mesuré, afin que la partie de l'âme qui aime la gloire et qui se laisse soulever par les passions parvienne à l'humilité comme il convient ; mais aussitôt, elle suscite dans le cœur la crainte de Dieu, les larmes de l'aveu et un grand attrait pour la beauté du silence. Par contre, la désolation qui provient de ce que Dieu se détourne de l'âme, laisse l'âme se remplir à la fois de désespoir, de doutes, de colère et d'orgueil. Il faut donc que nous connaissions l'expérience des deux désolations pour aller à Dieu, selon le mode adapté à chacune d'elles.
vendredi 12 septembre 2008
propos ascétiques LXXXVI
Par ptit moine le vendredi 12 septembre 2008, 06:00
Le Seigneur lui-même dit que Satan est tombé du ciel comme un éclair, afin que cet être hideux ne puisse même plus porter son regard vers les demeures des saints anges. Comment donc celui qui n'est pas jugé digne de la société des bons serviteurs, peut-il cohabiter avec Dieu dans l'esprit de l'homme ? Mais, diront-ils, cela arrive quand Dieu se retire. Cela ne fera pas avancer leur raisonnement.
jeudi 11 septembre 2008
propos ascétiques LXXXV
Par ptit moine le jeudi 11 septembre 2008, 06:00
Si, du fait que l'on a en même temps des pensées bonnes et mauvaises, on en conclut que l'Esprit Saint et le diable habitent en même temps dans l'esprit, il faut que l'on sache que cela arrive parce que nous n'avons pas encore goûté et vu que le Seigneur est bon, car, dans un premier temps, comme je l'ai dit plus haut (cf. chap. LXXVIII), la grâce cache sa présence chez les baptisés, en attendant le bon vouloir de l'âme.