Plus de 200.000 personnes à la messe de Benoît XVI
Le pape Benoît XVI a célébré samedi matin une messe en plein air aux Invalides suivie par 260.000 personnes, lançant un appel aux vocations religieuses et mettant en garde contre les "idoles" des temps modernes, avant de se rendre dans l'après-midi à Lourdes.
Lourdes, qui célèbre cette année le 150ème anniversaire des Apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous, selon l'Eglise, est le but premier de cette visite en France de Benoît XVI, qui attache beaucoup d'importance au culte populaire de la Vierge Marie.
La messe aux Invalides a commencé vers 10H00 après l'arrivée du pape en papamobile de l'Institut de France tout proche où Benoît XVI, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, a effectué une courte visite. Il a célébré la messe, sous le soleil et devant une esplanade des Invalides noire de monde, dont plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient passé la nuit sur place pour être aux premières loges. Selon le diocèse de Paris comme pour la préfecture de police, 260.000 personnes avaient pris place sur l'esplanade et jusqu'au pont Alexandre III et la place Vauban toute proche où étaient installés des écrans géants.
Le pape a officié sur un podium de bois clair qui descendait doucement vers l'assistance et où douze oliviers symbolisaient la paix. Une cinquantaine d'évêques et 900 prêtres avaient pris place sur la structure.
"N'ayez pas peur! N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ!", a-t-il lancé dans un vibrant appel aux vocations religieuses, reprenant une exclamation chère à son prédécesseur Jean-Paul II. "Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au coeur de l'Église! Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde!", a-t-il souligné.
"Chers jeunes ou moins jeunes qui m'écoutez, ne laissez pas l'appel du Christ sans réponse", a ajouté le pape. Les vocations connaissent un déclin constant en France, comme dans la plupart des pays catholiques européens. Il y a actuellement en France 15.440 prêtres diocésains, c'est-à-dire travaillant dans les paroisses, contre 16.859 en 2004 et 37.555 en 1970.
Le pape a aussi mis en garde contre les "idoles", ces "fausses représentations de Dieu".
"L'argent, la soif de l'avoir, du pouvoir et même du savoir n'ont-ils pas détourné l'homme de sa fin véritable?", a-t-il notamment lancé, rappelant que "Saint Paul explique aux Colossiens que la cupidité insatiable est une idolâtrie et il rappelle à son disciple Timothée que l'amour de l'argent est la racine de tous les maux".
A la fin de l'office, le pape a lui-même donné la communion à une quarantaine de personnes qui l'ont reçue à genoux, une pratique ancienne en vogue chez les traditionnalistes et récemment reprise par Benoît XVI. Le Premier ministre François Fillon et les ministres de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, de la Justice, Rachida Dati, du logement, Christine Boutin, et de l'Education, Xavier Darcos, ont assisté à la messe, ainsi que Bernadette Chirac, l'épouse de l'ancien chef de l'Etat.
Après l'office, le pape devait regagner la nonciature pour un déjeuner avec les évêques d'Ile-de-France.
Il devrait quitter la capitale vers 16h00 pour s'envoler vers Lourdes, deuxième lieu catholique le plus visité après Rome. La cité mariale accueillera ainsi sa troisième visite papale après les deux pèlerinages de Jean-Paul II en 1983 et 2004.
Dès son arrivée à Lourdes, le pape suivra, en papamobile, le chemin du Jubilé, un itinéraire spirituel sur les pas de Bernadette Soubirous, fréquenté cette année par plus d'un million de pèlerins. Il visitera ainsi l'église du Sacré-coeur, le cachot, où vivait la famille de Bernadette Soubirous, et la grotte où Marie est "apparue" à la jeune bergère.