NICOSIE (AFP) - Chypre: les négociations débutent entre dirigeants grec et turc
| NICOSIE (AFP) - Chypre: les négociations débutent entre dirigeants grec et turc Les dirigeants chypriotes grec et turc ont entamé jeudi à Nicosie le dialogue sur le fond qui doit permettre au terme des négociations de consacrer la réunification de l'île, divisée depuis 34 ans. Une semaine après le lancement formel de cette nouvelle tentative qualifiée d'"historique" par l'ONU, le président chypriote Demetris Christofias et le leader de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée) Mehmet Ali Talat ont débuté leurs discussions vers 10H00 locales (07H00 GMT). Durant deux à trois heures, sur le site de l'aéroport désaffecté de Nicosie, dans la zone tampon contrôlée par l'ONU, ils devaient aborder les questions de partage du pouvoir. Tout au long du processus, les deux dirigeants, qui se connaissent de longue date, sont convenus de se voir au moins une fois par semaine. Il s'agit de la tentative la plus sérieuse pour résoudre le problème chypriote, qui influe sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, depuis l'échec d'un plan de l'ONU en 2004. Celui-ci avait été accepté par référendum par la partie chypriote-turque mais rejeté par la composante grecque. Dans la foulée, l'île était entrée divisée dans l'UE. "Le difficile processus (...) visant à trouver une solution négociée au problème chypriote a débuté dans la sincérité", a fait valoir mercredi le chef de la mission de l'ONU, Taye-Brook Zerihoun. "Le recherche de la meilleure solution pour le peuple de Chypre est la clé pour dépasser les rancoeurs et les divisions du passé", a-t-il ajouté. Récemment, l'ambiance des discussions a été plombée par les déclarations des deux camps concernant notamment l'intégrité du territoire et l'avenir des colons turcs installés dans le nord. Dans un sondage publié dimanche par le quotidien chypriote-grec Simerini, 60% des personnes interrogées affirment ne pas croire à une issue positive. "Je pense que dans six mois, si le processus ne mène nulle part, il faudra se poser des questions graves. D'ici l'été prochain, ils devraient parapher un document et l'affaire être pliée", a estimé un diplomate occidental auprès de l'AFP. La Turquie veut conserver son droit d'intervention obtenu dans les traités qui ont accordé l'indépendance à l'île en 1960. "La question chypriote est liée à la sécurité, la stabilité et la paix en Méditerranée orientale. Les droits (...) de la Turquie sur l'île sont une nécessité pour la sécurité et la stabilité", a dit mercredi soir sur la chaîne locale NTV le ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan. "Nous espérons que les affirmations de Christofias selon lesquelles il veut une solution sont sincères (...). Une telle fenêtre d'opportunité (pour une solution) n'est pas si fréquente", a-t-il ajouté. Mehmet Ali Talat, qui veut croire en une fin des négociations avant début 2009, a souligné récemment la nécessité pour tout règlement de prévoir deux "Etats constitutifs" placés sur un pied d'égalité, ce que refuse totalement la communauté chypriote-grecque, qui représente 80% de la population. "Nous ne pourrons jamais accepter" deux Etats à Chypre, a répondu M. Christofias qui a par ailleurs, dans un effort de compromis, proposé que 50.000 colons turcs puissent rester sur l'île. L'envoyé spécial de l'ONU, Alexander Downer, ancien ministre australien des Affaires étrangères, s'est rendu en Grèce et en Turquie pour s'assurer de la bonne volonté de ces deux pays. Tout accord devra être soumis à l'approbation des Chypriotes par référendum. Chypre est divisée depuis 1974, quand la Turquie a envahi le tiers nord après un coup d'Etat à Nicosie de nationalistes chypriotes-grecs soutenus par Athènes. |