Grèce. Parfum de scandale autour du Mont Athos
Grèce. Parfum de scandale autour du Mont Athos
La gestion immobilière des monastères du Mont Athos alimente une controverse sur le laxisme du gouvernement face au business des moines.
En Grèce, la polémique fait rage autour des moines orthodoxes de la célèbre forteresse du Mont Athos. Les habitants de ce lieu sacré, interdit aux femmes, sont aujourd’hui assaillis de critiques et mis en cause pour leurs « petites » affaires immobilières. Révélée par les médias, une affaire d’échange immobilier douteux entre l’Etat et le grand monastère de Vatopédiou impliquerait un responsable de l’Eglise orthodoxe proche du ministre de la presse Théodore Roussopoulos. Par ailleurs, la cour suprême grecque a demandé de vérifier la légalité de la transaction, avalisée en 2007 et conclue par l’épouse d’un autre ministre.
En échange, les moines orthodoxes ont cédé 8.000 hectares d’étendues forestières autour d’un lac dans le nord du pays. Le gouvernement avance comme justification qu’il s’agissait de protéger ce site naturel, situé hors des limites du Mont Athos. Mais dans un pays ou la hiérarchie orthodoxe jouit d’une grande influence, et gère sa fortune dans la plus totale opacité, la gauche a dénoncé un « sacré scandale » et un « saint business » au détriment des intérêts publics.
gée après des décennies de déclin dans de grands projets d’aménagement et de rénovation, largement financés sur fonds européens, et peu soucieuse de voir un scandale faire tache, la Sainte communauté a du coup décidé de former une commission d’enquête, a expliqué le père Nikodimos, représentant de la direction collégiale de la « république » masculine et monastique de l’Athos.
Marchandage des biens publics
Aux termes du marché, les moines ont obtenu le bâtiment central et flambant neuf du village olympique des Jeux de 2004, censé au départ abriter un Ministère et des terrains touristiques de 800 hectares à Ouranopoulis, près du Mont Athos. Pourtant ces acquisitions o nt été aussitôt revendu es par les popes au profit d u secteur privé . En échange, les moines orthodoxes ont cédé 8.000 hectares d’étendues forestières autour d’un lac dans le nord du pays. Le gouvernement avance comme justification qu’il s’agissait de protéger ce site naturel, situé hors des limites du Mont Athos. Mais dans un pays ou la hiérarchie orthodoxe jouit d’une grande influence, et gère sa fortune dans la plus totale opacité, la gauche a dénoncé un « sacré scandale » et un « saint business » au détriment des intérêts publics.
Une enquête menée par des moines
« Au XXI e siècle, il est absurde que les monastères puissent invoquer des titres de propriété datant des empires byzantin ou ottoman », s’est pour sa part indigné Kyriaki Malama, une des habitantes d’Ouranopoulis, mobilisée au sein d’une association contre le monastère de Vatopediou. En outre, elle dénonce les procédures lancées depuis plusieurs années par certains des vingt monastères de l’Athos pour obtenir la propriété de plusieurs milliers d’hectares dans les zones balnéaires du nord du pays. Engagée après des décennies de déclin dans de grands projets d’aménagement et de rénovation, largement financés sur fonds européens, et peu soucieuse de voir un scandale faire tache, la Sainte communauté a du coup décidé de former une commission d’enquête, a expliqué le père Nikodimos, représentant de la direction collégiale de la « république » masculine et monastique de l’Athos.
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