| NEW DELHI, 1 sept 2008 (AFP) - L'Inde exige d'un Etat local la fin des violences entre hindous et chrétiens Le Premier ministre indien Manmohan Singh a exigé lundi du gouvernement régional de l'Etat de l'Orissa de mettre fin aux violences entre chrétiens et hindous et de punir les responsables, après dix jours de heurts qui ont fait 16 morts. Les autorités de cet Etat de l'Est avaient assuré vendredi que les émeutes étaient terminées, au moment où New Delhi est sous le feu de vives critiques du pape et de l'Italie. Mais dans cette région reculée, les violences se sont poursuivies au cours du week-end dans le département de Kandhamal à 300 km de la capitale régionale Bhubaneswar, selon l'agence Press Trust of India. "Le gouvernement fédéral a très sérieusement pris note de ce qui se déroule dans l'Orissa et (M. Singh) s'est entretenu avec le Premier ministre (de l'Orissa, Navin Patnaik) pour qu'il garantisse une harmonie intercommunautaire et poursuive les coupables des violents incidents", selon le communiqué. Après la mort d'au moins 16 personnes, l'incendie de 500 maisons et de dizaines de lieux de culte chrétiens, puis la fuite de dizaines de milliers d'habitants de l'Orissa, le Premier ministre Patnaik avait parlé vendredi d'un "retour rapide à la normale" à Kandhamal. Manmohan Singh l'avait déjà sommé de "prendre des mesures immédiates pour mettre un terme aux violences". Deux cents personnes ont été arrêtées. Tout avait commencé le 23 août par l'assassinat d'un dignitaire du Conseil mondial hindou (Vishwa Hindu Parishad, VHP), Swami Laxmanananda Saraswati, et de ses quatre compagnons. La police y a vu la main de rebelles maoïstes, actifs dans l'Orissa, mais des hindous ont accusé des "chrétiens". Deux personnes avaient ensuite été tuées, dont une hindoue brûlée vive dans l'incendie d'un orphelinat catholique lors de manifestations de vengeance du VHP et du parti nationaliste hindou BJP (Bharatiya Janata Party, opposition). Dès mercredi, le pape Benoît XVI avait condamné "avec fermeté les attaques contre la vie humaine" en Inde. Et le ministère italien des Affaires étrangères a exprimé lundi sa "profonde préoccupation" à l'ambassadeur d'Inde à Rome face aux "graves épisodes de violence interreligieuse". |