«Une Orthodoxie agressive n’est attirante pour personne..."
sábado 30 de agosto de 2008

«Une Orthodoxie agressive n’est attirante pour personne»
.
Le reporter: Votre Eminence, à l’intérieur de l’Eglise, nous le savons tous, existe un courant pour ainsi dire «anti-oecuméniste», une peur des moines et des fidèles que l’ouverture œcuménique puisse conduire à la perte de la foi orthodoxe. Vous avez été souvent catalogué d’oecuméniste, quelquefois avec une nuance péjorative. Comment vous définissez-vous vous-même dans ce domaine?
.
Mgr Daniel: Je me définis moi-même comme un Orthodoxe réaliste, et non oecuméniste. En fait, dans un monde pluraliste du point de vue confessionnel, religieux, nous pouvons promouvoir l’Orthodoxie, non par l’isolement, mais par le dialogue, par la coopération. Nous avons des millions de Roumains orthodoxes à l’extérieur des frontières du Pays, dans des pays à majorité catholique ou protestante. Par conséquent, le contact et le dialogue sont inévitables. Mais, en ce qui concerne notre engagement dans le Mouvement œcuménique, l’Eglise orthodoxe roumaine n’est pas toute seule. Dans ce domaine il y a eu de nombreuses décisions panorthodoxes qui recommandent le dialogue et la coopération. Ainsi, même si l’Eglise russe et l’Eglise grecque, paraissent quelquefois réticentes, elles sont elles également engagées de façon officielle dans les dialogues œcuméniques internationaux, avec le Patriarcat œcuménique.
.
Important n’est pas le fait d’être œcuménique ou ouvert, mais la mesure selon laquelle nous utilisons le dialogue et la coopération pour mettre en évidence les valeurs de l’Orthodoxie. Si nous utilisons l’œcuménisme comme une opportunité de faire connaître l’Orthodoxie, c’est bénéfique. Si nous perdons ainsi notre identité, si nous nous dissolvons quand nous dialoguons, bien sûr que cela peut constituer un danger. C’est pourquoi, un témoignage œcuménique authentique et bénéfique aux Orthodoxes ne peut être exercé que s’il est bien préparé, si l’on connaît les valeurs pérennes de l’Orthodoxie et, en même temps, si l’on connaît également les points communs ou les points de divergences avec les autres confessions. Aujourd’hui, face à la société sécularisée, les chrétiens ne sont pas crédibles quand ils sont en conflit. Ils jouissent en revanche d’une grande crédibilité devant le monde sécularisé quand ils dialoguent et quand ils coopèrent, quand ils coopèrent dans le domaine social, face à la souffrance, face à la pauvreté. Par conséquent, il faut que nous voyions cette ouverture œcuménique des Roumains, non comme une simple mode, mais comme une façon de vivre ensemble de manière civilisée, comme un effort de passer du conflit au dialogue, et de la confrontation à la coopération. S’il arrivait que nous relativisions la foi et la morale chrétiennes, alors l’Oecuménisme ne serait plus bénéfique pour nous. Mais pour affirmer les valeurs profondes de l’Orthodoxie, nous croyons qu’il faut le faire par le dialogue, non par le conflit au par l’agressivité. Une Orthodoxie agressive n’est attrayante pour personne. Le laxisme non plus: il se dissoudrait dans un dialogue superficiel, sans discernement critique.
.
.
Le reporter: Votre Eminence, à l’intérieur de l’Eglise, nous le savons tous, existe un courant pour ainsi dire «anti-oecuméniste», une peur des moines et des fidèles que l’ouverture œcuménique puisse conduire à la perte de la foi orthodoxe. Vous avez été souvent catalogué d’oecuméniste, quelquefois avec une nuance péjorative. Comment vous définissez-vous vous-même dans ce domaine?
.
Mgr Daniel: Je me définis moi-même comme un Orthodoxe réaliste, et non oecuméniste. En fait, dans un monde pluraliste du point de vue confessionnel, religieux, nous pouvons promouvoir l’Orthodoxie, non par l’isolement, mais par le dialogue, par la coopération. Nous avons des millions de Roumains orthodoxes à l’extérieur des frontières du Pays, dans des pays à majorité catholique ou protestante. Par conséquent, le contact et le dialogue sont inévitables. Mais, en ce qui concerne notre engagement dans le Mouvement œcuménique, l’Eglise orthodoxe roumaine n’est pas toute seule. Dans ce domaine il y a eu de nombreuses décisions panorthodoxes qui recommandent le dialogue et la coopération. Ainsi, même si l’Eglise russe et l’Eglise grecque, paraissent quelquefois réticentes, elles sont elles également engagées de façon officielle dans les dialogues œcuméniques internationaux, avec le Patriarcat œcuménique.
.
Important n’est pas le fait d’être œcuménique ou ouvert, mais la mesure selon laquelle nous utilisons le dialogue et la coopération pour mettre en évidence les valeurs de l’Orthodoxie. Si nous utilisons l’œcuménisme comme une opportunité de faire connaître l’Orthodoxie, c’est bénéfique. Si nous perdons ainsi notre identité, si nous nous dissolvons quand nous dialoguons, bien sûr que cela peut constituer un danger. C’est pourquoi, un témoignage œcuménique authentique et bénéfique aux Orthodoxes ne peut être exercé que s’il est bien préparé, si l’on connaît les valeurs pérennes de l’Orthodoxie et, en même temps, si l’on connaît également les points communs ou les points de divergences avec les autres confessions. Aujourd’hui, face à la société sécularisée, les chrétiens ne sont pas crédibles quand ils sont en conflit. Ils jouissent en revanche d’une grande crédibilité devant le monde sécularisé quand ils dialoguent et quand ils coopèrent, quand ils coopèrent dans le domaine social, face à la souffrance, face à la pauvreté. Par conséquent, il faut que nous voyions cette ouverture œcuménique des Roumains, non comme une simple mode, mais comme une façon de vivre ensemble de manière civilisée, comme un effort de passer du conflit au dialogue, et de la confrontation à la coopération. S’il arrivait que nous relativisions la foi et la morale chrétiennes, alors l’Oecuménisme ne serait plus bénéfique pour nous. Mais pour affirmer les valeurs profondes de l’Orthodoxie, nous croyons qu’il faut le faire par le dialogue, non par le conflit au par l’agressivité. Une Orthodoxie agressive n’est attrayante pour personne. Le laxisme non plus: il se dissoudrait dans un dialogue superficiel, sans discernement critique.
.
Publicité