Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.
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sentences
jeudi 28 août 2008
propos ascétiques LXXII
Par ptit moine le jeudi 28 août 2008, 19:26
Le théologien dont l'âme s'affine et s'enflamme au contact de la parole de Dieu, s'approche, après des vicissitudes des larges espaces de l'impassibilité. Car il est dit les paroles du Seigneur sont des paroles pures, de l'argent épuré au creuset, affiné dans la terre (Ps 11, 7). Le gnostique, lui, fortifié par l'expérience en acte, s'élève au-dessus des passions.
propos ascétiques LXXI
Par ptit moine le jeudi 28 août 2008, 06:00
La parole de la science nous apprend que nombreuses sont les passions qui, dans les débuts, viennent troubler l'âme contemplative, mais surtout la colère et la haine. Cela vient non pas tant des démons qui fomentent ces passions, que du progrès même de l'âme. En effet, tant que l'âme accorde sa conduite à la sagesse du monde, elle a beau voir le droit foulé aux pieds par certains, elle demeure sans émotion ni trouble, car elle est trop préoccupée par ses propres désirs pour considérer le droit de Dieu.
mercredi 27 août 2008
propos ascétiques LXX
Par ptit moine le mercredi 27 août 2008, 06:00
De même que les portes des bains, si on les ouvre trop souvent, laissent bien vite partir au dehors la chaleur du dedans, de même l'âme, lorsqu'elle veut multiplier les paroles, même si elle ne dit rien que de bon, disperse son propre souvenir de Dieu, à travers la porte de la voix.
mardi 26 août 2008
propos ascétiques LXIX
Par ptit moine le mardi 26 août 2008, 06:00
Dans les débuts, d'ordinaire, la grâce illumine l'âme, en lui donnant une perception intense de sa lumière ; mais dans la suite du combat spirituel, le plus souvent, c'est en secret qu'elle réalise ses opérations mystérieuses dans l'âme contemplative. Ainsi, elle nous remplit de joie au moment où elle nous lance sur la trace des contemplations divines, en nous appelant de l'ignorance à la science, mais, au milieu des combats, elle maintient notre science à l'abri de la vaine gloire. Il convient donc de modérer notre affliction quand nous nous croyons abandonnés, pour nous amener à plus d'humilité et à plus de soumission devant la gloire du Seigneur, mais aussi de savoir nous réjouir au moment favorable, lorsque nous sommes soulevés par une bonne espérance.
lundi 25 août 2008
propos ascétiques LXVIII
Par ptit moine le lundi 25 août 2008, 06:00
Le plus souvent, notre esprit supporte avec peine la prière, parce qu'étroite et resserrée est la vertu de prière, mais pour la théologie, il s'y adonne avec joie parce que larges et amples sont les contemplations divines. Donc, pour éviter de laisser le champ libre à notre esprit pour multiplier les paroles ou pour s'envoler à l'excès dans sa joie, livrons-nous le plus souvent possible à la prière, à la psalmodie, à la lecture de l'Ecriture Sainte, sans négliger les méditations d'hommes instruits qui affirment leur foi dans leurs paroles.
dimanche 24 août 2008
propos ascétiques LXVII
Par ptit moine le dimanche 24 août 2008, 06:00
Tous les dons de notre Dieu sont très bons et nous procurent toute bonté, mais rien n'enflamme notre cœur et ne l'entraîne à l'amour de Sa bonté autant que la théologie. Germe printanier de la grâce divine, elle accorde aussi à l'âme des dons qui sont absolument premiers. D'abord, en effet, elle nous dispose à mépriser avec joie tout l'attachement à cette vie, à la pensée que à la place de nos désirs périssables, nous trouvons dans la Parole de Dieu une richesse qui dépasse toute expression. Ensuite, elle illumine notre esprit, de son feu transformant et l'associe aux esprits liturgiques.
samedi 23 août 2008
propos ascétiques LXVI
Par ptit moine le samedi 23 août 2008, 06:00
C'est en fonction des biens que nous avons que le Seigneur nous demandera compte de notre compassion et non en fonction de ceux que nous n'avons pas. Si donc ce que je peux donner sur un long espace de temps, je le distribue bonnement, par crainte de Dieu, en peu de temps, en quoi pourrais-je encore encourir des reproches, moi qui n'ai plus rien ? Mais quelqu'un dira : « D'où viendront désormais les secours pour les pauvres, habitués à recevoir de nous, jour après jour, des dons modestes ?»