L'Est de l'Inde reste sous haute tension entre hindous et chrétiens

Publié le par Père Jean-Pierre

28/08/2008 12:48

BHUBANESWAR (Inde), 28 août 2008 (AFP) - L'Est de l'Inde reste sous haute tension entre hindous et chrétiens

Des centaines de résidents de l'Etat de l'Orissa, dans l'est de l'Inde, fuient depuis mercredi soir leurs logements dans une région sous très haute tension entre hindous et chrétiens après la mort d'au moins neuf personnes en cinq jours.

"La situation est évidemment tendue, mais sous contrôle", a assuré jeudi à l'AFP Satyabrata Sahu, administrateur du département de Kandhamal à 300 km de Bhubaneswar, capitale de l'Orissa.

"Plus de 300 personnes ont fui notre village pour se réfugier dans la forêt", a déclaré au journal Indian Express, un villageois, Kanu Chandra Nayek, après que son bourg eut été attaqué par des émeutiers hindous.

Le gouvernement fédéral indien s'était déclaré mercredi "extrêmement inquiet" et déterminé à réprimer les violences meurtrières entre hindous et chrétiens, que le pape Benoît XVI a "fermement" condamnées.

Depuis le week-end dernier, la police dit avoir arrêté plus de cent personnes après que des émeutiers eurent incendié 500 maisons, 25 lieux de culte chrétiens et des dizaines de véhicules.

Des centaines de policiers anti-émeutes et de paramilitaires ont été dépêchés mercredi dans cet Etat reculé avec l'ordre de "tirer à vue" face à des "violences" jugées "sans précédent" par la conférence épiscopale d'Inde.

Le bilan officiel s'établit à neuf morts, mais des sources parlent de 14 à 16 tués.

Tout commence samedi par l'assassinat d'un dignitaire du Conseil mondial hindou (Vishwa Hindu Parishad), Swami Laxmanananda Saraswati, et de ses quatre compagnons. La police y voit la main de rebelles maoïstes, très actifs dans l'Orissa, mais des hindous accusent des "chrétiens".

Deux personnes sont tuées lundi, dont une femme --une hindoue-- brûlée vive dans l'incendie criminel d'un orphelinat catholique lors de manifestations du Conseil mondial hindou et du parti nationaliste hindou BJP (Bharatiya Janata Party, opposition).

Mais personne en Inde n'a révélé officiellement combien de "chrétiens" auraient trouvé la mort.

Le chef hindou assassiné faisait campagne contre des "conversions forcées" au christianisme d'hindous de basses castes, des "intouchables.

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