au Liban, « 2009 sera l’heure de vérité pour les chrétiens »
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Patrick Haenni : au Liban, « 2009 sera l’heure de vérité pour les chrétiens »
Le politologue explique comment les chrétiens ont retrouvé leur place depuis que le conflit libanais est d’abord une affaire intérieure et pourquoi leur rôle sera important l’an prochain après les législatives
Le nouveau gouvernement libanais est marqué par un retour des ministres chrétiens à des postes clés. Comment les chrétiens ont-ils retrouvé cette nouvelle légitimité au sein des institutions politiques libanaises ?
Comment cela ?
La nouvelle loi électorale – prévue dans l’accord – permet par ailleurs sur le long terme de libérer les chrétiens du jeu d’alliance auquel ils étaient soumis précédemment. Cette législation était le résultat de la stratégie syrienne qui avait réduit l’influence des chrétiens par toute une série de mesures : découpage des zones chrétiennes et annexion à des zones en majorité musulmanes, ce qui avait contraint les chrétiens à négocier avec des acteurs musulmans pour être élu ou à faire alliance avec la Syrie. L’accord de Doha a balayé ce système. Les chrétiens sont aujourd’hui plus autonomes par rapport aux musulmans. On estime à 40-45 le nombre des députés pouvant être élu uniquement par un électorat chrétien. Ce qui, en revanche, risque d’amplifier la confessionnalisation du jeu politique libanais.
Dans ce contexte, le président Michel Sleimane a-t-il un rôle déterminant ?
Comment va se jouer le rapport de force au sein des factions chrétiennes ?
Les Forces libanaises de Samir Geagea, de leurs côtés, ne peuvent pas se prévaloir d’avoir rendu leur droit aux chrétiens à Doha. Elles devraient donc continuer de jouer un rôle secondaire au sein des Forces du 14 Mars, et les Phalanges chrétiennes encore plus. Je vois difficilement de grosses ruptures dans le nouveau cadre politique en place depuis la fin de la guerre de 2006. En fait, 2009 sera l’heure de vérité entre les deux coalitions majorité et opposition. Michel Aoun est en compétition pour le leadership chrétien. Son parti, le CPL, sera l’acteur chrétien majeur dans le gouvernement mis en place à la suite des élections de 2009.
Recueilli par Agnès ROTIVEL
(1) International Crisis Group.
(2) Il s’agit du droit de veto obtenu par l’opposition qui s’est vu accorder par l’accord de Doha11 portefeuilles ministériels sur 30, 16 allant à la coalition au pouvoir et trois étant attribués par le président
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