Qui étaient les Corinthiens à qui Paul écrivait ?

Publié le par Père Jean-Pierre

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QUI ÉTAIENT-ILS ?
Les Corinthiens




>> Qui étaient les Corinthiens à qui Paul écrivait ?
Paul est arrivé à Corinthe après avoir séjourné à Athènes. Corinthe est alors une ville opulente et dynamique où se rassemblaient toutes les activités d’un grand port. Paul y a passé environ 18 mois, de 50-51 à juillet 52. La communauté rassemble des personnes de toutes conditions : gens du port, commerçants, hommes libres et esclaves, ce qui provoque des crises notamment entre les forts, fiers de leur culture et de leur sagesse, et les faibles, nouveaux venus dans l’Église, scandalisés de voir des chrétiens se servir de viandes offertes aux idoles. Il ne reste que deux lettres de Paul, mais les exégètes considèrent qu’il en a peut-être écrit sept.

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Quel est le contenu des épîtres de Paul aux Corinthiens ?
La première lettre de Paul aux Corinthiens, écrite à Éphèse vers 54, traite de questions concrètes, posées dans un contexte particulier. Pour répondre aux problèmes qui lui sont rapportés – divisions entre clans, fossé entre les classes, liberté de mœurs, assurance des uns et timidité des autres – Paul recentre sans concession les Corinthiens sur la figure de Jésus-Christ, et fait apparaître le Christ dans la plénitude de son pouvoir et de son action dans l’univers, puissance et sagesse de Dieu transformant l’humanité. Il en profite pour rappeler que le Christ ne peut être ni divisé, ni confessé par une communauté désunie.
Dans la seconde lettre – écrite de Macédoine vraisemblablement à la fin 57 –, chargée de reproches et de tendresse blessée, il défend son ministère, révèle ce qu’est le service du Christ et la manière dont il est indissociablement lié à la Passion, et explique le sens de la communion au sein de l’Église.

 

 
 
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par son histoire tragique, la ville est devenue un haut lieu touristique de la Grèce.
La population se pose en gardien d’une culture orthodoxe traditionnelle

CORINTHE (Grèce)

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De notre envoyée spéciale

IDE

éa-Korinthos. Son port. Son front de mer. Ses terrasses de café. Corinthe a été établie à cet endroit en 1858, à la suite du tremblement de terre qui détruisit l’ancienne agglomération, située à cinq kilomètres au sud-ouest de la ville ac­tuelle, sur l’emplacement de l’antique cité. Dans la cité moderne, seule l’église Apostolou Pavlou évoque saint Paul. Comme partout ailleurs en Grèce, à regarder celles et ceux qui viennent s’incliner devant les icônes, celles-ci semblent être une dimension char­nelle de l’identité grecque, peut-être un moyen de résistance par rapport à la société.
L’installation de Corin­the à cet endroit n’a été que le dernier jalon d’une histoire tragique jalonnée de massacres, d’incendies, de tremblements de terre, de saccages.
De la ville où Paul, venant d’Athènes, a séjourné ne subsistent que des rui­nes que des touristes venus du monde entier viennent visiter. Sur le site de l’Agora, en contrebas du temple, se trouve le bema, tribune où Paul com­parut devant le procurateur Gallion, demi-frère de Sénèque. Athènes est à 84 kilomètres. Toutes les heures, un bus relie Corinthe à la capitale. Il emprunte le pont qui surplombe le canal – « la rigole », comme l’appellent les Grecs –, passe comme au temps de Paul par Mégare et Éleusis, longe la côte où se succèdent raffineries de pétrole, villages côtiers et ports industriels, jusqu’à son terminus, la gare routière à la périphérie d’Athènes. En chemin, certains des passagers se signent lorsque le bus passe devant

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VENDREDI 25 JUILLET 2008

trée d un village.
Âgé de 36 ans, médiateur adjoint du consommateur, Georges Diellas est athénien.
« Dans ses épîtres, y compris celles aux Corinthiens, Paul parle à des chrétiens , constate-t-il. À Athènes, c’est différent. Paul dialogue avec les habitants, des philosophes, des parle­mentaires, des avocats ; il est l’Apôtre des nations parlant aux nations » . Grand admirateur de Paul, Georges se rend souvent seul sur la colline de l’Aréo­page, près de l’Acropole, là où Paul fit son discours et où, chaque année, hiérarchie orthodoxe et responsables politiques se retrouvent pour les vêpres de la Saint-Pierre-Saint-Paul, retrans­mises à la télévision.
Le 4 mai 2001, Jean-Paul II s’y ren­dit lui aussi en pèlerinage. Lorsque Georges se trouve sur la colline, il relit plusieurs fois le discours de Paul (Actes des Apôtres 17, 22-31) gravé sur une plaque de bronze. Il imagine alors la scène, avec les Athéniens friands de nouveauté qui invitent Paul à expliquer ses propos étranges et, face à eux, Paul, qui a pris le temps de les observer et qui s’efforce de les rejoindre sur le thème de la création et du Dieu in­connu qu’ils connaissent intuitivement sans pouvoir l’identifier.
Il imagine Denys l’Aréopagite et une femme
« jolie, intéressante » nommée Damaris, ébranlés par ses propos…
«Pour moi, saint Denys, le premier évêque d’Athènes, et sainte Damaris,
qui choisit de l’aider, sont toujours bien vivants. Leur œuvre se poursuit et Paul est le pionnier de cette œuvre »,
affirme Georges, convaincu que l’Aréo­page pourrait, pour tous les chrétiens, devenir
« le lieu symbolique de l’unité de l’Église » . Catherine Chiotellis, membre de la Société biblique et du Forum des femmes chrétiennes, aspire elle aussi à une plus grande prise en compte du passage de Paul à Athènes, «petite victoire de l’Évangile » qui a « tellement marqué les lieux » !
Une longue allée piétonne appelée Apostolou Pavlou s’étire au pied de l’Acropole. Sur la droite, une petite rue en pente mène à l’église Sainte-Marina, blottie sous l’Observatoire. Sainte­Marina est l’une des 152 paroisses d’Athènes. Comparée à d’autres, avec 1 200 habitants, c’est une très petite paroisse. Chaque jour, le P. Gabriel

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La Croix
ILe dimanche, plus de 150 personnes se rassemblent pour la messe et se retrouvent ensuite pour partager un café. Le P. Gabriel est épaulé par une équipe de laïcs, trois hommes et deux femmes. Chaque mercredi, de 18 heures à 19 heures, il fait, devant une cinquantaine de personnes, un cours d’exégèse du Nouveau Testa­ment. Il s’implique également dans la préparation des baptêmes ou des mariages, s’efforçant de construire
« une véritable relation spirituelle »
avec les parents, les parrains et marraines, et les couples.
La paroisse utilise une partie de l’argent que rapportent les cierges (en­viron 1 600 € par mois) pour soutenir ceux qui en ont besoin. Cinq personnes âgées, fragiles et démunies, aidées par des bénévoles, habitent ainsi la maison à l’arrière de l’église et profitent du petit jardin. Le P. Gabriel, lui, gagne 1 120 € par mois, payés par l’État. Hieromoine (moine et prêtre), il habite de l’autre côté de la ville, au monastère de Pé­traki, à côté duquel se trouve le Saint­Synode, l’instance suprême de l’Église de Grèce. Le P. Gabriel a également en charge un lycée. Pour les jeunes, il dé­laisse le grec ancien – habituellement utilisé bien que incompréhensible – et célèbre en grec moderne. Il s’efforce de leur transmettre ce qui est au cœur de sa foi :
« l’amour du Christ indisso­ciablement lié à l’amour de l’autre », et les encourage par exemple à exiger que des jeunes handica­pés soient accueillis dans leur lycée… Âgé de 32 ans, le P.Gabriel est un moine «nouvelle génération ». Ouvert, chaleureux, prenant « la foi, le désir, l’attention » de saint Paul comme référence, il a l’audace confiante et l’enthousiasme des commencements apostoliques. Chaque jour, reprenant les mots de la prière de Jésus (Jean 17, 21), il prie pour l’unité de tous et s’ef­force de « vivre la relation, la recherche de communion », de « conjuguer l’uni­versel à tous les temps de l’espérance et de la conversion » . Beaucoup parmi les orthodoxes pensent tout autrement. Évêques, prêtres, moines et simples fidèles se posent comme les gardiens d’une tradition, celles des premiers Apôtres, des Pères grecs de l’Église et des premiers conciles de l’Église indivise du premier millénaire. L’en­seignement de la religion, obligatoire, et la liturgie byzantine perpétuent cet héritage de foi qu’ont, selon certains, trahi les catholiques « hérétiques » . >>>>
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