Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques
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propos ascétiques XX
Par ptit moine le mardi 8 juillet 2008, 06:00
La foi sans les œuvres et les œuvres sans la foi seront l'objet de la même réprobation, car il faut que le croyant fasse au Seigneur l'offrande d'une foi qui se prouve par des actes. En effet, la foi même de notre père Abraham ne lui aurait pas été comptée comme justice, s'il n'avait pas offert en sacrifice son enfant, comme fruit de sa foi.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.
lundi 7 juillet 2008
propos ascétiques XIX
Par ptit moine le lundi 7 juillet 2008, 06:00
Le propre d'une âme purifiée, c'est une parole sans jalousie, un zèle exempt de malice, un amour continuel du Seigneur de la gloire. Alors aussi, l'esprit règle ses propres balances avec exactitude, passant devant son propre jugement comme devant un tribunal incorruptible.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.
dimanche 6 juillet 2008
propos ascétiques XVIII
Par ptit moine le dimanche 6 juillet 2008, 06:00
L'âme, tant qu'elle ne sera pas affranchie des soucis de ce monde, ne pourra ni aimer Dieu en toute vérité ni détester le démon autant qu'il convient. Car le souci de la vie la recouvre une fois pour toutes comme d'un voile pesant. Par suite, chez de telles gens, l'esprit ne peut se constituer son propre tribunal, afin d'examiner par lui-même, sans se tromper, les votes destinés au jugement. Il est donc, de toute façon, utile de se retirer du monde.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.
Par ptit moine le samedi 5 juillet 2008, 06:00
De même que les blessures qui affectent le corps, si elles ne sont ni traitées ni soignées, ne sentent pas le remède appliqué par les médecins, mais, une fois nettoyées, elles sentent l'action du remède et ne tardent pas à guérir, de même l'âme, tant qu'elle reste sans soins et recouverte par la lèpre de l'amour du plaisir, est insensible à la crainte de Dieu, même si on ne cesse de dresser devant elle la perspective redoutable et inéluctable du jugement de Dieu.
vendredi 4 juillet 2008
propos ascétiques XVI
Par ptit moine le vendredi 4 juillet 2008, 06:00
Nul ne peut aimer Dieu dans la perception du cœur si auparavant il n'a pas rempli tout son cœur de la crainte de Dieu. Car, sous l'effet de la crainte, l'âme se purifie et en quelque sorte s'assouplit, pour en venir ainsi à mettre en pratique la charité. Mais nul ne pourrait arriver complètement à la crainte de Dieu, comme nous l'avons évoqué, s'il n'était pas dégagé de tous les soucis de la vie présente. En effet, lorsque l'esprit se trouve dans un grand recueillement et une grande insouciance, la crainte de Dieu le tourmente pour le purifier, dans une profonde perception, de toute l'épaisseur terrestre, et l'amener ainsi à un grand amour de la bonté de Dieu.
jeudi 3 juillet 2008
propos ascétiques XV
Par ptit moine le jeudi 3 juillet 2008, 06:00
Lorsque l'on commence à ressentir toute la richesse de la charité divine, on commence aussi, du même coup, à aimer son prochain dans la perception spirituelle. Car telle est la charité dont parle toute l'Ecriture. En effet, les liens de l'amitié selon la chair se défont à la moindre occasion : ils ne sont pas noués par la perception spirituelle. C'est pourquoi, même s'il se produit quelque irritation dans une âme où Dieu agit, le lien de l'amour ne se défait pas pour autant, car dans la chaleur de son amour pour Dieu, elle s'enflamme à nouveau et ne tarde pas à revenir au bien et à rechercher, avec une grande joie, l'amour du prochain, quelle que soit la gravité de l'outrage ou du tort qu'elle a subi de sa part. Dans la douceur de Dieu se consume toute l'amertume du différend.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.
mercredi 2 juillet 2008
propos ascétiques XIV
Par ptit moine le mercredi 2 juillet 2008, 06:00
Celui qui aime Dieu dans la perception du cœur celui-là est connu de Dieu. En effet, c'est dans la mesure ou l'on accueille l'amour de Dieu dans la perception de l'âme, que l'on est dans l'amour de Dieu. C'est pourquoi, désormais, un tel homme éprouve une passion ardente pour l'illumination de la science, jusqu'à la ressentir dans la perception de ses os, se perdant pour se laisser transformer tout entier par l'amour de Dieu. Un tel homme se trouve dans la vie présente sans y être. Car, même s'il lui-même de vue, demeure encore dans son corps, il en sort, emporté vers Dieu par la force de l'amour, dans l'élan ininterrompu de son âme. En effet, sans cesse désormais, le cœur tout brûlant du feu de l'amour, il reste collé à Dieu par la contrainte du désir, arraché une fois pour toutes à l'amour de lui-même par la charité divine. Si nous avons été hors de nous, dit l'Apôtre, c'était pour Dieu ; si nous sommes raisonnables, c'est pour vous (2 Cor 5, 13).
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.
mardi 1 juillet 2008
propos ascétiques XIII
Par ptit moine le mardi 1 juillet 2008, 06:00
Je connais quelqu'un qui éprouve un tel amour de Dieu, tout en s'affligeant de ne pas l'aimer comme il le voudrait, que sans cesse son âme est possédée par un ardent désir de voir Dieu glorifié en lui, et lui-même traité comme rien. Un tel homme ignore ce qu'il est, même au milieu des louanges, car, dans son grand désir d'abaissement, il ne songe pas à sa propre dignité ; il s'acquitte du service de Dieu selon que la loi le prescrit aux prêtres, mais dans sa grande disposition à aimer Dieu, il perd, dans la profondeur de son amour pour Dieu, le souvenir de sa propre dignité, en cachant, dans un esprit d'humilité, la gloire qui pourrait en rejaillir, afin de ne paraître, en tout temps, à ses propres yeux, que comme un serviteur inutile, rendu comme étranger à sa propre dignité par son désir d'abaissement. Nous aussi, nous devons agir de même et fuir tout honneur et toute gloire, à cause de la richesse surabondante de l'amour du Seigneur qui nous a tant aimés.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.
lundi 30 juin 2008
propos ascétiques XII
Par ptit moine le lundi 30 juin 2008, 06:00
Celui qui s'aime soi-même ne peut aimer Dieu ; celui qui ne s'aime pas soi-même, à cause de la richesse surabondante de la charité divine, celui-là aime Dieu. C'est pourquoi il ne recherche jamais sa propre gloire, mais celle de Dieu, tandis que celui qui s'aime soi-même recherche sa propre gloire. Celui qui aime Dieu, aime la gloire de son Créateur. En effet, il appartient à une âme sensible et amie de Dieu, de chercher sans cesse la gloire de Dieu par l'observance de tous ses commandements, et de se complaire dans son propre abaissement, parce qu'à Dieu revient la gloire, du fait de Sa grandeur, et à l'homme l'abaissement qui ouvre à la familiarité avec Dieu. Si nous agissons ainsi, nous aussi nous serons remplis de joie devant la gloire du Seigneur, à l'exemple de saint Jean-Baptiste, et nous commencerons à redire sans cesse : Il faut que celui-là croisse et que nous, nous diminuions (Jn 3, 30).
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.