Liban, Le sommet de Baabda.

Publié le par Père Jean-Pierre

 
 
Le sommet religieux de Baabda appelle au rejet du fanatisme et de la violence
Les divergences des Libanais les ont menés au bord du suicide, avertit Sleiman
 
Les chefs des différentes communautés spirituelles libanaises, réunis au palais de Baabda, dans le cadre du sommet religieux convoqué par le président Michel Sleiman, ont dénoncé le fanatisme et la violence et insisté sur la clause de Doha interdisant le recours aux armes pour réaliser des acquis politiques. À son tour, le chef de l’État a relevé que les divergences entre les Libanais les ont menés au bord du suicide et a appelé au dialogue avant qu’il ne soit trop tard.
C’est dans la salle du 22 novembre que le sommet s’est tenu en présence des patriarches maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, grec-orthodoxe, Mgr Aghnatios IV Hazim, grec-catholique, Mgr Grégoire III Lahham, arménien-orthodoxe, Mgr Aram Ier, arménien-catholique, Mgr Nercès Bedros XIX, syriaque-orthodoxe, Mgr Aghnatios Zakka Ier Iwas, le vicaire patriarcal syriaque-catholique, Mgr Raphaël Matti Mattouki, le chef de la communauté chaldéenne au Liban, Mgr Michel Kassarji, le vicaire apostolique latin, Mgr Boulos Dahdah, les chefs des communautés assyriennes, Mgr Narsay Élias de Baz, copte, l’Anba Bhichawa, et évangélique, le pasteur Sélim Sahiouni, le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel-Amir Kabalan, et le cheikh Akl druze, Naïm Hassan. Étaient aussi présents les membres du Comité de dialogue islamo-chrétien, Harès Chehab, Mohammad Sammak, Ali Hassan, Jean Salmanian, Michel Abs et Camille Menassa. Seule absente, la communauté alaouite en raison de divergences internes sur son représentant.
Après la photo-souvenir traditionnelle, le président a prononcé un discours dans lequel il a exposé les objectifs du sommet. M. Sleiman a d’emblée mis l’accent sur les dangers qui menacent le Liban, « notamment après de longs mois de provocations communautaires à tous les niveaux, que ce soit dans la rue ou au niveau politique, dans les médias, comme au sein des universités ». « Ce qui nous inquiète sérieusement, ce ne sont pas seulement les résultats de ces provocations (...) mais la régression du rôle du Liban dans son environnement et dans le monde, la déformation de son message, sa raison d’être principale qui risque d’être mise en danger », a-t-il averti.
Après avoir expliqué l’importance du sommet religieux, le président a insisté sur le fait qu’il représente une « nécessité humaine, parce que si l’unité nationale libanaise se réalise pleinement, elle représentera un modèle pour la rencontre des civilisations et des cultures et pour transformer le pluralisme et la diversité en une bénédiction ».

Une soupape de sécurité
S’adressant aux personnes présentes, il a indiqué que leurs discours reflétant une ouverture d’esprit et une tolérance « constituent une soupape de sécurité pour la société libanaise et un élément de rassemblement et non pas de division ». « Plus l’édifice interne est solide, a poursuivi le chef de l’État, plus les politiques mesquines seront incapables d’attirer les Libanais vers leurs cercles, leurs intérêts propres, leurs objectifs douteux et leurs promesses stériles. » Le président a ensuite estimé qu’« il n’est plus possible de fermer l’œil sur le niveau auquel le Liban est parvenu sur les plans de la politique, de l’économie et de la sécurité ». « Le plus important reste la peur de l’avenir », a-t-il fait valoir, en jugeant nécessaire de définir le point de départ pour commencer à régler les problèmes qui se posent et en exprimant l’espoir que le sommet jettera les bases d’un dialogue national « qui affermira le message et le rôle du Liban tout en consolidant l’unité de destin des Libanais, toutes appartenances confondues ».
« Les divergences des Libanais les ont menés au bord du suicide. Mais existe-t-il au monde un conflit qu’un dialogue franc et sincère ne peut pas régler ? » s’est-il interrogé, avant d’appeler au règlement des problèmes pressants pour s’attaquer ensuite aux différents dossiers conflictuels.
Le président a ensuite insisté sur l’accélération de la formation du gouvernement. « Les hommes politiques doivent assumer leur responsabilité nationale en cette période critique que traverse le pays, même si cela nécessite des sacrifices et des concessions », a-t-il dit.

Le communiqué
des chefs religieux
Au terme des délibérations des chefs religieux, ce sont MM. Sammak et Chehab qui ont donné lecture du communiqué de clôture du sommet, un texte en sept points :
« - Affirmer l’attachement à l’unité de l’État, préserver la paix civile et la coexistence, ainsi que le système parlementaire démocratique et renforcer l’autorité de l’État et sa souveraineté sur l’ensemble du territoire.
« - Respecter la diversité qui caractérise le Liban et rester attachés aux bases et aux principes constitutionnels sur lesquels les Libanais se sont entendus à Taëf et qui préservent leur unité nationale.
« - Dénoncer le fanatisme et la violence sous toutes leurs formes et confirmer la clause de l’accord de Doha qui interdit l’utilisation des armes ou de la violence pour réaliser des acquis politiques ainsi que le recours aux armes lors de conflits, quels qu’ils soient. Solliciter le concours de l’armée et des FSI seulement pour préserver la sécurité et la stabilité, ce qui aidera le Liban à retrouver sa vitalité économique et lui permettra de réaliser le développement humain auquel il aspire et qui favorisera un développement humain, susceptible de freiner l’émigration.
« - Inciter les différentes forces politiques à avoir recours aux institutions constitutionnelles en tant qu’outil de règlement de leurs différences par le dialogue et sur base du respect et de la confiance réciproques, ainsi qu’à faire primer l’intérêt national supérieur.
« - Inviter tous les Libanais, notamment les forces politiques partisanes, à coopérer avec le président de la République, pour faciliter sa mission qui consiste à accélérer le processus de redressement national et de poursuite de la libération des terres encore occupées, ainsi qu’à consolider l’unité, la sécurité et la stabilité, à régler les problèmes socio-économiques (…). Il est primordial à cet effet que le gouvernement soit rapidement composé, car tout délai retarde le démarrage du nouveau régime.
« - Exhorter les médias à mettre fin à l’échange d’accusations (…) et les responsables politiques et partisans à élever leur discours politique à un niveau correspondant aux valeurs morales et nationales afin d’éviter que les divergences de vue ne se transforment en crises politiques à l’échelle nationale.
« - Remercier les pays qui ont soutenu le Liban durant la crise politique. »
Un déjeuner a été ensuite donné en l’honneur des chefs religieux, en présence du président de la Chambre, Nabih Berry, du Premier ministre, Fouad Siniora, de leurs épouses respectives et d’un grand nombre d’officiels.
Dans une allocution qu’il a prononcée pour l’occasion, Mgr José Sraïva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, a exprimé le souhait de « voir tous les Libanais, dans la pluralité qui les distingue, reconquérir une vie définitivement pacifiée et nourrie des valeurs humaines et morales ».
Les chefs religieux ont en outre élevé une prière commune, chacun selon son rite.
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Publié dans infos diverses

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