Staretz Jean de Valaam (IV)

Publié le par Père Jean-Pierre

03 Jun 2008 

La Chapelle du Pokrov à Valaam

©Valaam Monastery


La chose la plus profitable est de considérer les autres comme bons et toi-même comme le pire de tous. Observe-toi et tu verras que tu es pire que quiconque.

La prière d’un enfant est prompte à atteindre Dieu. (Le Seigneur nous a demandé d’être semblables aux petits enfants.)

Nous devrions nous souvenir que notre vie passe très rapidement et qu’elle est une préparation pour la vie éternelle à venir.

Les oiseaux sont si petits et leurs pattes sont pareilles à des allumettes et ils se débrouillent pour trouver leur nourriture pendant la saison froide. Gloire à Ta Sagesse, Seigneur, gloire à Ta création !

Tu aimes à lire les vies des saints, continue à le faire, elles sont une grande source d’inspiration pour les pécheurs que nous sommes.

Souviens-toi de l’heure de la mort et ne condamne jamais plus personne pour quoi que ce soit, ce que tu condamnes chez les autres te fera tomber dans les mêmes péchés, il ne peut en être autrement.

(À une femme qui devant s’occuper de plusieurs choses dans l’église, et qui se plaignait de ne pouvoir suivre les offices), saint Macaire a dit : le travail est pour ceux qui prient et la prière pour ceux qui travaillent.

En fait, le moine diffère du laïc seulement par le fait qu’il n’est pas marié e tainsi les laïcs devraient  — et doivent en fait — vivre la même vie que les moines dans l’accomplissement des commandements.

Que le Seigneur t’accorde la sagesse. Il est inutile pour toi de te tourmenter et de penser que tu as oublié certainement de confesser un péché, les péchés qui conduisent à la mort, sont ceux dont tu es conscient et dont tu ne te repens pas.

Ne sois pas troublé si des pensées charnelles t’attaquent. Quelquefois, il est naturel qu’il en soit ainsi. La seule Grâce de Dieu peut nous en délivrer, mais je sais pourtant qu’elles reviendront en nous jusqu’au dernier jour. Même la vieillesse n’est pas exempte de leurs attaques.

Aucune maladie ne nous vient sans la Volonté de Dieu.

Ne sois pas abattu si tu es distant pendant la prière. Continue à te forcer à prier.

Bien sûr, il est assez effrayant de mourir, la crainte de la mort est caractéristique de tous, dit saint Jean Climaque, mais le désespoir et la tristesse viennent de l’ennemi.

Tu as commencé à avoir une mauvaise santé. Que faire ? Soumets-toi à la Volonté de Dieu : les maladies nous rappellent notre passage dans l’éternité. Je te souhaite santé du corps et salut de l’âme. Que le Seigneur te garde.

(À quelqu’un dont l’époux n’était pas orthodoxe) Sois fidèle à ton époux, ne sois pas fausse avec lui et obéis-lui en tout, excepté en ce qu’exige l’Orthodoxie. Il n’est pas nécessaire de parler de sujets religieux, mais si lui-même vient à aborder le sujet, réponds-lui ce que tu sais, mais prie Dieu intérieurement. Enseigne, non pas par la parole mais par l’exemple d’une vie chrétienne vertueuse. Ne le force pas à aller à l’église. S’il veut y aller c’est une autre chose. Sois satisfaite et reconnaissante de ce qu’il ne t’empêche pas d’y aller. Prie pour lui simplement, comme un enfant : Seigneur, sauve et aie pitié de mon époux, préserve-le et enseigne-lui la vérité. Laisse le reste à la Volonté de Dieu et sois en paix.

Les Saintes Écritures nous disent qu’il y aura la vie éternelle et l’éternelle souffrance : nous devons y croire fermement et ne pas nous engager dans des discussions théologiques ardues avec nos petits esprits limités et nos cœurs qui ne sont pas purifiés des passions.

Saint Isaac le Syrien dit : fuis les raisonnements sur les dogmes comme tu fuirais un lion furieux.

S’il n’y avait pas d’afflictions, il n’y aurait pas de salut.

Il est un remède aux afflictions, dit saint Marc l’Ascète : la patience et la prière.

Notre grande erreur est de ne pas assez penser à notre passage dans l’autre monde.Notre vie dans cette vallée de larmes n’est après tout rien qu’un chemin vers l’éternité et une préparation. Ô éternité, éternité sans fin ! Bien qu’ici-bas il y ait la douleur et que la vie soit quelquefois très dure et les peines lourdes et que les maladies frappent, il y a la pensée réconfortante quej e mourrai et que tout cela cessera. Mais qu’est-ce qui nous attend après ? Seigneur, par les décrets que Tu connais, sauve-nous pécheurs, amen!

La Compassion de Dieu envers nous les pécheurs est incroyable : Il a pris chair et Il est devenu vrai homme (sans le péché). Je ne te cache pas que je pleure en écrivant.

Comprends cependant que sans les humiliations, on ne peut pas devenir humble.

Mon enfant spirituel, ne sois pas déprimé, ne désespère pas du salut de ton âme,ces pensées viennent du démon, ne les accepte pas.

 

  • Traduction française Claude Lopez-Ginisty

    d'après: 

    Father John: Christ Is in Our Midst: Letters of a Russian Monk

    SVS Seminary Press, USA, 1996


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Publié dans Saints orthodoxes

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