Infos du 27 Fevrier

Publié le par Père Jean-Pierre


Depuis l’ordonnance de février 2006 sur l’exercice des cultes autres que musulman, l’Église d’Algérie est confrontée à des difficultés

D
epuis quelques mois, la petite Église catholique d’Algérie est à nouveau dans la tourmente. Invi­tation à quitter le pays, transmise en mai 2007 par les autorités locales des 48 wilayas en application d’une directive venue d’Alger et justifiée par des menaces d’Al-Qaida au Ma­ghreb. Fermeture du Centre social du Corso où travaillait Jan Heuft, Père Blanc, au nom de Rencontres et développement. Expulsion – ac­tuellement reportée au 30 juin – de quatre volontaires brésiliens de la communauté Salam. Refus de la moitié des visas demandés pour le renouvellement des communautés religieuses – au risque d’aboutir à la disparition du petit groupe que constitue l’Église catholique d’Algérie – ou pour les visites des responsables des congrégations.
La pression s’est encore accrue le 30 janvier dernier avec la sentence du tribunal de Maghnia (annon­cée par
La Croix le 4 février): le P. Pierre Wallez, prêtre du diocèse d’Oran, était condamné à un an de prison avec sursis et 200 000 dinars d’amende, et le médecin algérien musulman qui l’accompagnait, à deux ans de prison ferme et 200 000 dinars d’amende.
Lorsque l’ordonnance présiden­tielle du 28 février 2006 réglemen­tant la pratique des cultes autres que musulman
(lire ci-dessous) avait été publiée, l’Église catholique avait redouté que cette décision puisse
se prêter à des interprétations tendancieuses visant à lui faire du tort. La condamnation du prêtre – pour avoir prié le lendemain de Noël avec un petit groupe de mi­grants camerounais chrétiens en dehors d’un lieu connu et autorisé comme lieu de culte – et du mé­decin algérien – pour avoir utilisé des médicaments et du matériel du centre public de santé dans lequel il travaill – est venue confirmer ces craintes.
Le prêtre et le médecin ont fait ap­pel de ces condamnations. Dans un communiqué du 31 janvier, Mgr Al­phonse Georger, évêque d’Oran, a exprimé son incompréhension. Depuis, l’Église d’Algérie espère que la vérité des faits sera rétablie et les accusés innocentés. Mais elle ne cache plus son inquiétude.
Réunis à Alger, les quatre évêques d’Algérie –MgrHenri Teissier (archevêque d’Alger), Mgr Gabriel Piroird (Constantine), Mgr Claude Rault (Laghouat) et Mgr Alphonse Georger – ont rencontré lundi le ministre des affaires religieuses Bouabdellah Ghlamallah. Celui-ci, tout en précisant que le règlement des difficultés ne relevait pas de sa responsabilité, leur a réaffirmé que l’Église catholique avait bien sa place en Algérie.

«Nous savons que ces problèmes sont en lien avec le développement, dans le pays, des nouvelles commu­nautés chrétiennes dites évangéliques,

explique Mgr Teissier.
Mais nous ne pensons pas juste que, trop souvent, ce soit notre Église catholique, qui n’a pas d’influence sur ces nouveaux groupes, qui fasse l’objet de mesu­res les visant. Certes, ces nouveaux chrétiens sont nos frères, en tant que disciples de Jésus, mais nous compre­nons autrement qu’eux le témoignage à rendre à l’Évangile. »

La presse algérienne ne contribue guère à clarifier la situation. Depuis plusieurs années, des journaux dé­noncent le prosélytisme évangéli­que, notamment en Kabylie, en il­lustrant les textes par des photos de la basilique Notre-Dame d’Afrique ou de Mgr Teissier, sans rapport avec
le sujet… Ces dernières semaines, les articles et les émissions de radio consacrés à la question se sont mul­tipliés, attisant encore la polémique et entretenant les amalgames. Jeudi, le quotidien francophone El Watan

lui a consacré deux pages, sous le titre «Évangélisation en Algérie, un phénomène rampant»
. Le pasteur Mustapha Krim, président du Conseil de l’Église protestante d’Algérie, y explique que, selon lui,

«le prosélytisme en Algérie est sur­tout islamiste ». « Je ne comprends pas comment 32 petites communautés chrétiennes peuvent faire trembler 32 000 mosquées »,
note-t-il.
Reste que l’activisme des évan­géliques, monté en épingle par certains médias algériens, suscite un malaise parmi la population. Bouamrane Cheikh, président du Haut-Conseil islamique, dénonce ce prosélytisme qui, dit-il, repose

« sur le dénigrement de l’autre »
. « L’is­lam, explique-t-il, ne peut accepter que des gens viennent et insultent le Prophète en usant du dénigrement et de la diffamation, profitant de la détresse de certains pour les con­vertir, promettant en contrepartie visas et avantages matériels.»
Comme Abderrahmane Chibane, de l’Association des oulémas, il a clairement dans sa ligne de mire
les missionnaires évangéliques américains de sensibilité néo­conservatrice, qui cibleraient la Kabylie, «supposée être le maillon faible», mais aussi Aïn Sefra, Sidi Bel Abbès, Mostaganem, Oran, et le Sahara en se basant sur Timimoun et Tamanrasset. Le ministre des af­faires religieuses estime d’ailleurs que ces évangéliques «hors la loi»

cherchent à créer une
«minorité»,

prétexte à l’ingérence de puissances étrangères.
Conséquence: les chrétiens de mouvance évangélique sont ac­tuellement soumis à une pression accrue. À Oran, trois pasteurs ont été accusés de blasphème et jugés le 27 janvier par le tribunal d’Aïn Turk.
Le procureur a réclamé trois ans de prison ferme et 500000 dinars d’amende (5 000 euros, soit plus de trois ans de salaire) pour « atteinte à la religion et à la personne du Prophète».
En Kabylie, plusieurs communautés évangéliques ont été interdites. Deux directeurs d’école et un enseignant ont été radiés. Des responsables de communauté se sont vu remettre une notification pour cesser toute activité d’Église. Effet collatéral peut-être? Le pasteur méthodiste Hugh Johnson, président de l’Église protestante jus­qu’en 2006, vient de se voir retirer la carte de résident dont il bénéficiait depuis quarante-cinq ans.
Dans ce contexte tendu, l’Église catholique, qui se veut profondé­ment respectueuse et solidaire des Algériens musulmans – y compris pendant la décennie sanglante des années 1990 – ne peut que s’interroger.
«Les suspicions et les fausses accusations viseraient-elles à éloigner de nous ces nombreux Algériens que chaque jour nous cô­toyons dans le plus grand respect, et à nous marginaliser comme de dangereux pestiférés? se demande Mgr Rault. Ce serait faire le jeu des extrémistes de tout bord, quelle que soit leur appartenance. »

MARTINE DE SAUTO

L’activisme des évangéliques, monté en épingle par certains médias, suscite un malaise parmi la population algérienne.




Fidèles dans la basilique Notre-Dame d’Afrique. L’Église catholique d’Algérie est de nouveau dans la tourmente.
FAYEZ NURELDINE

Une proposition de Mgr Hilarion (Alfeyev) concernant les relations ecclésiales entre orthodoxes et catholiques

Dans une déclaration récente, Mgr Hilarion (Alfeyev) propose une réflexion sur le statut des diocèses catholiques dans les pays de tradition orthodoxe et celui des diocèses orthodoxes dans les pays de tradition catholique.

Lire la suite "Une proposition de Mgr Hilarion (Alfeyev) concernant les relations ecclésiales entre orthodoxes et catholiques" »

Les séances pour le film "L’île"

Le film L’île, sorti dans les cinémas français le 9 janvier, est encore projeté dans 14 salles en France d’aujourd’hui à mercredi prochain.

L’Eglise et la diplomatie russes

Une note publiée sur le site de la représentation de l’Eglise russe à Strasbourg rapporte des propos du ministre des affaires étrangères de la Russie, Serge Lavrov, tenus le 21 janvier dernier, sur des buts communs de la diplomatie et de l’Eglise russes. Ainsi, toutes deux tentent «(…) d'introduire des principes moraux dans la politique mondiale.» Il a évoqué les liens avec les pays de tradition orthodoxe et a précisé à ce sujet : «L'héritage spirituel commun a toujours été un facteur actif pour le rapprochement des peuples orthodoxes et les tentatives venues de l'extérieur pour rompre cette unité se sont avérées inopérantes.» Il a également observé : «La diplomatie russe apprécie hautement les activités pacificatrices et caritatives de l'Eglise orthodoxe russe dans les pays étrangers.»

Communiqué du Saint Synode de l’Eglise orthodoxe serbe au sujet des désordres à Belgrade après les protestations contre la proclamation de l’indépendance du Kosovo et de la Métochie
mercredi 27 février 2008


"Après la protestation populaire d’hier et la célébration de l’office d’action de grâces pour le salut du Kosovo et de la Métochie, le Saint Synode de l’Eglise orthodoxe serbe, appelle tout le peuple orthodoxe serbe, dans ces temps si durs, de multiplier les prières pour le salut de notre peuple au Kosovo et dans la Métochie, pour la paix entre nous et dans le monde entier. Ne nous permettons pas, au nom d’une quelconque raison de ce monde, de faire rien qui soit indigne et inhumain pour un peuple de Dieu. Gardons-nous dans ce temps des bouleversements, des pulsions insensées, déraisonnables et destructrices, qui se sont manifestées hier soir à Belgrade, à notre grand regret et honte. Qu’il s’agisse d’une tentative de vengeance, provoquée par l’énorme injustice faite à Serbie et au peuple serbe par la proclamation d’un pseudo Etat sur le territoire de la Serbie, ou bien qu’il s’agisse, ce qui nous semble le plus vraisemblable, d’une action criminelle et mafieuse organisée par des groupes et des individus qui profitent de notre malheur national comme alibi pour leur anarchie et leurs actions inhumaines.

Il est triste et condamnable qu’un tel rassemblement populaire, si majestueux et plein de prières, soit déshonoré de la part des individus irresponsables et des groupes criminels. Agissant ainsi, ils ont montré que le Kosovo et la Métochie ne leur importent point, et que leur seule intention est le chaos, les cambriolages et les émeutes. On ne défend ainsi ni le droit et la justice du peuple serbe, ni le Kosovo, ni la Métochie. Au contraire, on détruit et on mine leurs fondements. En effet, par ces gestes, ils ont déshonoré l’image du peuple serbe dans son combat juste pour la protection de ses sanctuaires, de son identité, de sa dignité ainsi que de son intégrité étatique et nationale. L’Eglise orthodoxe serbe exprime sa tristesse et ses regrets pour ce comportement honteux et irresponsable des individus et des groupes envers l’ordre public et envers la propriété de la capitale Belgrade ainsi qu’envers les ambassades de certains pays. Nous appelons tout notre peuple à garder l’honneur et la dignité, les valeurs éternelles, universelles, qui lui sont propres."

Source : Eglise orthodoxe serbe

Traduit du serbe pour Orthodoxie.com





Kosovo : Thaci met en garde la Serbie


mercredi 27 février 2008


Hashim Thaci, le Premier ministre kosovar a mis en garde la Serbie mardi contre toute tentative pour prendre le contrôle d’une partie du Kosovo.

"Nous comprenons et respectons les réactions pacifiques, garanties par le droit, mais nous ne laisserons pas compromettre l’intégrité territoriale du Kosovo", a averti l’ancien chef de guérilla.

Le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a affirmé que la Serbie continuerait d’administrer certaines régions du Kosovo où des "citoyens loyaux" reconnaissent l’autorité de Belgrade.

Le journal du dimanche





Indépendance du Kosovo : la Serbie va porter plainte devant la CIJ


mercredi 27 février 2008


La Serbie va déposer une plainte devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye contre les Etats-Unis en raison de leur reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, a déclaré mardi un conseiller juridique du Premier ministre serbe Vojislav Kostunica.

"Puisque l’administration américaine sortante a reconnu le faux Etat du Kosovo la Serbie déposera une plainte" devant la CIJ, a déclaré Branislav Ristivojevic à l’agence Beta.

"Si les Etats-Unis n’annulent pas leur décision illégale nous nous retrouverons devant tous les tribunaux internationaux", a dit M. Ristivojevic.

Selon M. Ristivojevic, "la meilleure solution serait que l’administration sortante annule sa décision de reconnaître le faux Etat du Kosovo ou alors que cela soit fait par la nouvelle administration" américaine issue de la présidentielle 2008.

L’indépendance du Kosovo, proclamée unilatéralement le 17 février, a été rapidement reconnue par les Etats-Unis et plusieurs pays de l’Union européenne (UE).

La Serbie et son alliée traditionnelle la Russie ont vivement rejeté cette indépendance.

Dimanche, le Premier ministre serbe avait demandé aux Etats-Unis de "permettre" le retour à la situation d’avant la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo et reconnaître ainsi la souveraineté de la Serbie sur ce territoire.

"Les Etats-Unis doivent permettre au Conseil de sécurité de l’ONU de confirmer la validité de la résolution 1244, de permettre le retour à la situation antécédente" à la proclamation d’indépendance du Kosovo par la majorité albanaise, a déclaré M. Kostunica à la télévision d’Etat serbe (RTS).

AFP






Kosovo : plus de 10.000 Serbes bosniaques manifestent à Banja Luka

mercredi 27 février 2008


Plus de 10.000 Serbes de Bosnie ont manifesté, certains violemment, mardi à Banja Luka, capitale de la Republika Srpska (RS), pour dénoncer l’indépendance du Kosovo et réclamer celle de leur entité. A l’issue de cette manifestation qui a duré une heure, quelques centaines de lycéens, qui ont bénéficié d’un jour férié pour cette occasion, ont tenté de s’attaquer au siège de la mission diplomatique américaine. Les Etats-Unis ont fermé vendredi cette mission, (...)
Publicité

Publié dans infos diverses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article